LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2107741

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2107741

mercredi 15 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2107741
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantLEJOSNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I/ Par une requête enregistrée sous le n°2107741 le 10 juillet 2021, M. E F, représenté par Me Lejosne, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du préfet de la Loire-Atlantique du 9 juin 2020 portant refus de changement de statut et de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 15 euros par jours de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à réexamen de sa situation aux fins de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 15 euros par jours de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de

1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision ait été signée par un autorité dûment habilitée ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

Le préfet de la Loire-Atlantique a été mis en demeure, le 24 novembre 2022, de présenter des observations en défense.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au

9 janvier 2023 à 12 heures.

M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 mai 2021.

II/ Par une requête enregistrée sous le n°2205090 le 21 avril 2022, M. E F, représenté par Me Lejosne, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du préfet de la Loire-Atlantique du 26 novembre 2021 portant refus de titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder à réexamen de sa situation et de sa demande, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de

1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi que la décision ait été signée par un autorité dûment habilitée ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi que la décision ait été signée par un autorité dûment habilitée ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'une erreur manifeste d'appréciation;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas établi que la décision a été signée par un autorité dûment habilitée ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Le préfet de la Loire-Atlantique a été mis en demeure, le 24 novembre 2022, de présenter des observations en défense.

Par une ordonnance du 24 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au

9 janvier 2023 à 12 heures.

M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans ses versions applicables;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, né le 19 avril 1985, de nationalité camerounaise, est entré en France le 19 juillet 2016 sous couvert d'un visa de court séjour. Il s'est marié le 8 avril 2017 avec une ressortissante française. Il s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissante française, valable du 29 octobre 2018 au 28 octobre 2019, à l'expiration duquel il en a sollicité le renouvellement. L'intéressé s'est séparé de son épouse et une procédure de divorce a été initiée. M. F a alors demandé un titre de séjour " vie privée et familiale ". Par une décision du 9 juin 2020, dont l'intéressé demande l'annulation au tribunal par sa requête n° 2107741, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à sa demande de changement de statut et lui a délivré un titre de séjour temporaire portant la mention " stagiaire ", ne l'autorisant pas à exercer une activité professionnelle. L'intéressé a ensuite sollicité un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour " salarié ", " vie privée et familiale " ou " recherche d'emploi/ création d'entreprise ". Par un arrêté du 26 novembre 2021, dont l'intéressé demande au tribunal l'annulation par sa requête n° 2205090, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.

2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2107741 et 220090 concernant des demandes de titres de séjour présentées par une même personne, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la requête n°2107741 :

3. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme B D, cheffe du bureau du séjour de la préfecture de la Loire-Atlantique, à laquelle le préfet a, par des arrêtés du 17 septembre 2019 régulièrement publiés, consenti une délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de ces décisions doit être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les éléments tirés de la situation personnelle du requérant sur lesquels le préfet a entendu fonder sa décision. Elle est, par conséquent, suffisamment motivée.

5. En troisième lieu, il ne ressort pas de cette motivation que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de l'intéressé avant de prendre la décision attaquée. Le moyen tiré du défaut d'un tel examen sera écarté.

6. En quatrième lieu lorsqu'il est saisi d'une demande de titre de séjour dépourvue de fondement textuel, le préfet a la possibilité de déterminer ce fondement, sous le contrôle du juge, au regard des circonstances de fait évoquées par l'étranger dans sa demande. M. F soutient qu'il a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " sans autre précision, mais il ne produit pas à l'instance sa demande de titre de séjour. Ainsi saisi, le préfet de la Loire-Atlantique, prenant acte du souhait de l'intéressé de ne plus être considéré comme " conjoint de français " et en déduisant qu'il ne pouvait bénéficier d'un renouvellement de son titre de séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et constatant que l'intéressé poursuivait des études sur le territoire national, a délivré à M. F un titre de séjour portant la mention " étudiant-stagiaire ". Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du même code, sur lesquelles il n'avait pas fondé sa demande de titre de séjour et que le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. En l'espèce, M. F fait valoir la présence en France de son frère, de nationalité française, et de sa sœur, résidant sur le territoire national sous couvert d'un titre de séjour. Toutefois, l'intéressé, présent depuis moins de quatre ans sur le territoire national à la date de la décision attaquée, n'apporte aucun élément probant quant aux liens entretenus avec ceux-ci ni quant à l'assistance qu'il apporterait à sa sœur, dont il se borne à alléguer qu'elle souffre de graves troubles de santé, alors que le préfet indique dans sa décision attaquée qu'elle est confiée à la tutelle de son frère et non à la sienne. L'intéressé, qui est séparé de son épouse, n'a pas d'enfant et ne démontre pas avoir tissé sur le territoire national des liens particulièrement intenses, stables et anciens. Par ailleurs, s'il fait valoir que ses parents et un de ses frères résident régulièrement aux Etats-Unis et qu'un autre de ses frères réside en Autriche, il n'établit pas être totalement dépourvu d'attache au Cameroun, où il a vécu jusqu'à l'âge de 31 ans.,. Enfin s'il fait valoir qu'il poursuit un cursus universitaire en alternance, il est constant que par la décision attaquée, le préfet lui a délivré un titre de séjour " étudiant-stagiaire " compatible avec la poursuite de ses études. S'il soutient que ce titre ne lui permet pas de travailler alors qu'il bénéficiait de perspectives professionnelles précises, il ne produit aucune pièce à l'appui de ces allégations. Dans ces conditions, en accordant à M. F un titre de séjour portant la mention " étudiant-stagiaire" le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale, doivent être écartés.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n° 2107741 présentée par

M. F doit être rejetée en toutes ses conclusions.

Sur la requête n°2205090 :

En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :

10. En premier lieu, l'arrêté du 9 juillet 2021 a été signé par Mme A, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du

31 août 2021 publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de cette signataire doit être écarté.

S'agissant de la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

11. En deuxième lieu, la décision attaquée vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les éléments tirés de la situation personnelle du requérant sur lesquelles le préfet a entendu fonder sa décision. Elle est, par conséquent, suffisamment motivée.

12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment de la motivation de l'arrêté attaqué, que la décision portant refus de titre de séjour a été précédée d'un examen particulier de la situation personnelle du requérant, contrairement à ce qu'il soutient.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. L'intéressé fait valoir les mêmes éléments que ceux évoqués au point 8 ci-dessus. S'il précise qu'il maîtrise parfaitement la langue française, qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public et qu'il a obtenu en France deux master 2 et bénéficie de perspectives d'intégration professionnelles en tant que professeur de mathématiques, ces éléments complémentaires sont insuffisants pour démontrer que le requérant aurait tissé en France des relations particulièrement intenses, anciennes et stables. Aucun obstacle ne s'oppose à ce que l'intéressé poursuive son parcours professionnel dans son pays d'origine. Dès lors, pour ces motifs et ceux rappelés au point 8 du jugement, M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. Par dérogation aux dispositions de l'article L. 433-1, elle est prolongée d'un an si l'étranger se trouve involontairement privé d'emploi. Lors du renouvellement suivant, s'il est toujours privé d'emploi, il est statué sur son droit au séjour pour une durée équivalente à celle des droits qu'il a acquis à l'allocation d'assurance mentionnée à l'article L. 5422-1 du code du travail. ". Aux termes de l'article

L. 421-4 du même code : " Conformément à l'article L. 414-13, lorsque la demande de l'étranger concerne un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement, les cartes de séjour prévues aux articles L. 421-1 et L. 421-3 lui sont délivrées sans que lui soit opposable la situation de l'emploi. Il en va de même de l'étudiant étranger qui, ayant obtenu un diplôme au moins équivalent au grade de master ou figurant sur une liste fixée par décret dans un établissement d'enseignement supérieur habilité au plan national, souhaite exercer un emploi salarié et présente un contrat de travail, à durée indéterminée ou à durée déterminée, en relation avec sa formation et assorti d'une rémunération supérieure à un seuil déterminé par décret et modulé, le cas échéant, selon le niveau de diplôme concerné. ".

16. En l'espèce, M. F a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et fait valoir que la situation de l'emploi ne lui était pas opposable en application des dispositions de l'article L. 421-1 du même code. L'intéressé soutient qu'il justifiait des diplômes, des qualifications et de l'expérience requise pour occuper le poste de professeur pour lequel une autorisation de travail était sollicitée et que cet emploi relevait de son domaine d'études, précisant qu'il a obtenu sur le territoire français un premier Master 2 de l'Université de Toulouse en " statistiques et économétrie ", puis un second Master 2 en " institution économie et société ", spécialisation " prospective, innovation et disruption " au sein du CNAM Pays de la Loire. Il se prévaut des contrats de remplacement de professeurs de mathématiques dont il a bénéficié et de promesses du recteur de l'académie quant à leur renouvellement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 17 septembre 2020, que le requérant n'indique pas avoir contestée, la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi DIRECCTE a rejeté la demande d'autorisation de travail présentée par l'intéressé. La décision attaquée se fonde ainsi sur la circonstance que M F ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative et était en tout état de cause sans emploi. S'il a bénéficié d'un droit au travail dans le cadre exclusif de son titre de séjour en qualité de " conjoint de ressortissant français ", l'exercice d'une activité professionnelle dans ce cadre et le fait d'avoir bénéficié d'un contrat de travail ou d'une promesse d'embauche ne le dispensent pas des conditions prévues par les articles L. 421-1 et L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tout état de cause, ses perspectives d'embauche en tant que professeur de mathématiques remplaçant par le rectorat ou par un établissement d'enseignement privé à Nantes relevaient davantage d'une probabilité que d'un engagement ferme de recrutement, selon les termes mêmes des attestations versées au dossier. Par conséquent, M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et L. 421-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. En sixième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8, 14 et 16 ci-dessus, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () La décision énonçant l'obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour dans les cas prévus aux 3° et 5° du présent I () ". Le

3° du I de cet article est relatif à l'hypothèse où l'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Ainsi qu'il a été dit au point 4, la décision portant refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté. Il ressort de cette motivation que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen sérieux et particulier de la situation de M. F avant de prendre la décision attaquée.

19. En deuxième lieu, il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'illégalité de la décision de refus de séjour n'est pas établie. Par suite, M. F n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire.

20. En dernier lieu, si l'intéressé fait valoir les mêmes éléments que ceux évoqués aux points 8 et 14, les circonstances invoquées ne suffisent pas à démontrer que le requérant aurait tissé en France des relations particulièrement intenses, anciennes et stables. Le requérant ne se prévaut d'aucun obstacle à ce qu'il poursuive son parcours personnel et professionnel dans son pays d'origine. Dès lors, pour ces motifs et ceux rappelés aux points 8 et 14 du jugement,

M. F n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il n'établit pas davantage qu'elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.

S'agissant de la légalité de la décision fixant le pays de destination :

21. En premier lieu, la décision attaquée vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et constate que M. F n'établit pas que sa vie ou sa liberté serait menacée dans son pays d'origine ou qu'il y serait exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit comme en fait.

22. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, M. F n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête n°2205090 présentée par

M. F doit être également rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n°2107741 et n°2205090 présentées par M. E F sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F, à Me Marine Lejosne et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Marowski, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.

Le rapporteur,

Y. C

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

S. LEGEAY

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2107741 ; 2205090

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions