vendredi 2 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108009 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP GALLOT LAVALLEE IFRAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 juillet 2021, 31 août 2021 et 21 février 2022, M. C A, représenté par Me Ifrah, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juin 2021 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe de lui délivrer une carte de résident et, dans cette attente, de le munir d'un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et l'autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que:
- la décision portant refus de titre de séjour n'est pas suffisamment motivé ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que le préfet aurait dû saisir la commission du titre de séjour avant de se prononcer ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles R. 311-4 à R. 311-9 du même code, dans leur version antérieure au 1er mai 2021;
- elle méconnaît les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, le préfet de la Sarthe conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il a décidé de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", la remise de ce titre à l'intéressé valant, implicitement mais nécessairement, abrogation des décisions attaquées qui n'ont connu aucun commencement d'exécution.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur des dispositions de l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 et du décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Livenais, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant ivoirien né en 1990, déclare être entré irrégulièrement en France le 17 octobre 2016. Il a sollicité du préfet de la Sarthe la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquelles se sont substituées à compter du 1er mai 2021 celles de l'article L. 423-23 du même code. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 29 juin 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré. M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'étendue du litige
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la présente requête, le préfet de la Sarthe a décidé de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".
3. D'une part, compte tenu des effets d'un tel titre de séjour sur la situation de l'intéressé, le préfet doit être regardé comme ayant, implicitement mais nécessairement, procédé au retrait des décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai. Ce retrait étant définitif, les conclusions aux fins d'annulation desdites décisions sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
4. D'autre part, et en revanche, la délivrance de cette carte de séjour temporaire emporte seulement abrogation de l'arrêté contesté en ce qu'il porte refus d'un titre de séjour. Dans ces conditions, ce refus de titre de séjour ayant produit des effets de droit, contrairement à ce que fait valoir le préfet de la Sarthe, du 29 juin 2021 jusqu'à la date d'effet de la carte de séjour temporaire délivrée à M. A, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins d'annulation de l'arrêté du 29 juin 2021 en ce qu'il refuse au requérant la délivrance d'un titre de séjour, ces conclusions ayant conservé leur objet.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un refus de séjour, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A est père d'un enfant, le jeune B, né en France le 1er janvier 2018, d'une union avec une ressortissante camerounaise dont le requérant est séparé. Par un jugement en assistance éducative du 5 janvier 2021, le juge des enfants, alerté par la situation de l'enfant B et par le climat de violence et d'instabilité que ce dernier subit au domicile maternel, a instauré une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert au profit de l'enfant. La nécessité pour le jeune B, eu égard à ce contexte familial, de voir son père se maintenir sur le territoire français doit être regardée, au demeurant, comme ayant été confirmée par un jugement en assistance éducative du 18 août 2021, postérieur à la décision attaquée, par lequel le juge des enfants du tribunal judiciaire du Mans a décidé du placement du jeune enfant chez le requérant jusqu'au 31 mai 2022. Au vu de ces circonstances, dont le préfet ne conteste pas sérieusement la réalité, l'arrêté litigieux, qui aurait pour effet de séparer cet enfant de l'un de ses parents sans que la cellule familiale, qui n'est pas définitivement dissoute dès lors que la mère du jeune B n'est pas déchue de l'autorité parentale, puisse se reconstituer hors de France porte, dans les circonstances très particulières de l'espèce, atteinte à l'intérêt supérieur du fils de M. A. Par suite, l'arrêté contesté qui refuse de délivrer un titre de séjour à M. A méconnaît les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 juin 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a rejeté sa demande de titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. M. A étant, à la date de mise à disposition du présent jugement, titulaire d'un titre de séjour délivré par le préfet de la Sarthe sur le fondement de sa vie privée et familiale, le présent jugement n'appelle, dans les circonstances de l'espèce et en dépit de l'annulation qu'il prononce, aucune mesure d'injonction.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Ifrah, avocat de M. A, de la somme de 1 200 euros, sous réserve que Me Ifrah renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A aux fins d'annulation de l'arrêté du préfet de la Sarthe du 29 juin 2021, en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français et qu'il fixe le pays de renvoi de l'intéressé.
Article 2 : L'arrêté du 29 juin 2021 du préfet de la Sarthe est annulé en ce qu'il emporte refus de titre de séjour à M. A.
Article 3 : L'Etat versera à Me Ifrah, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Ifrah renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Sarthe et Me Ifrah.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAIS
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERGLe greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
mc/ell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026