jeudi 1 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108234 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2021, M. A E, représenté par Me Boezec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- sa motivation lapidaire est insuffisante ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen préalable approfondi de sa situation personnelle;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain ; en considérant qu'il ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative alors qu'il est en mesure de justifier d'un contrat de travail à durée indéterminée et à temps complet, le préfet a porté une atteinte manifeste aux dites stipulations ;
- le préfet a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour ; il justifie bénéficier d'un contrat de travail et d'une ancienneté de travail de près de trois ans et demi ; il répond aux critères fixés par la circulaire du 28 novembre 2012 ; sa demande de régularisation ne peut être regardée comme tardive alors qu'il a souhaité présenter un dossier le plus sérieux et le plus complet possible ; ses bulletins de salaire ne sont entachés d'aucune incohérence ; il a seulement transmis par erreur un des bulletins de salaire de son frère Abdoullah ; il justifie vivre effectivement à Nantes ; son comportement est en adéquation avec les valeurs de la République française ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; en faisant de son célibat et du fait qu'il n'a pas d'enfant des éléments centraux, le préfet a ajouté une condition à la loi et commis une erreur de droit ; il justifie d'une durée de présence en France de quatre ans et vit désormais chez son frère français à Cholet ; il est également entouré de ses deux autres frères qui résident régulièrement en France et y sont parfaitement insérés socialement et professionnellement ; son père est également arrivé récemment en France et est titulaire d'un titre de séjour ; le centre de ses intérêts privés et familiaux se situe en France ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- sa motivation lapidaire est insuffisante ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen préalable approfondi de sa situation personnelle ;
- son annulation est impliquée par celle de la décision portant refus de séjour ;
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de la protection qu'elles instituent sur le plan de la vie privée ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la compétence de son signataire n'est pas établie ;
- sa motivation lapidaire est insuffisante ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen préalable approfondi de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard de la protection qu'elles instituent sur le plan de la vie privée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Un mémoire et des pièces complémentaires, enregistrés les 22 et 25 avril 2022, ont été présentés par M. E et n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 avril 2022 :
- le rapport de M. C,
- et les observations de Me Beaudouin, substituant Me Boezec, représentant M. E.
Deux notes en délibéré, enregistrées les 4 et 6 mai 2022, ont été présentées pour M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E, ressortissant marocain né le 15 avril 1999, déclare être entré en France le 16 juillet 2017 sous couvert d'un visa court séjour qui lui avait été délivré par les autorités consulaires espagnoles. Il a rejoint en France son frère Abdoullah, né en 1987, ressortissant français qui réside à Cholet. Il s'est inscrit au titre de l'année scolaire 2017/2018 en classe de première professionnelle restauration au lycée Jeanne Delanoue à Cholet. En juin 2019, il a obtenu le BEP restauration option commercialisation et services et, en juin 2020, le bac professionnel spécialité "commercialisation et services en restauration". Le 24 septembre 2020, se déclarant hébergé à Nantes par un ami, il a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain, de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du 7° de l'article L. 313-11 du même code et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par un arrêté du 17 juin 2021, le préfet a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Maroc comme pays de destination. Par la présente requête, M. E demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen soulevé à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées, tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte :
2. La décision attaquée a été signée par M. F B, en sa qualité d'adjoint de Mme D, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 17 mars 2021, régulièrement publié le lendemain au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, à M. B à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D n'aurait pas été absente ou empêchée le jour de la signature de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, vise les textes qui lui servent de fondement, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 et les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il retrace également, avec une précision suffisante et dépourvue de caractère stéréotypé, le parcours suivi par M. E depuis son arrivée en France et précise les motifs pour lesquels, au titre de chacun des fondements invoqués, la demande de titre de séjour présentée par l'intéressé ne peut être accueillie. Par suite, cette décision de refus de séjour est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait.
4. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient M. E, il ressort des motifs de la décision attaquée que le préfet de la Loire-Atlantique a bien procédé à un examen particulier de sa situation personnelle et familiale avant de refuser la délivrance des titres de séjour sollicités.
5. En troisième lieu, l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 stipule que : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " ". Son article 9 prévoit que " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance de la carte de séjour temporaire () est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ".
6. Il résulte de la combinaison des textes précités que, si la situation des ressortissants marocains souhaitant bénéficier d'un titre de séjour portant la mention salarié est régie par les stipulations de l'accord franco-marocain, la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié reste subordonnée, en vertu de l'article 9 de cet accord, à la condition prévue à l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de la production par ces ressortissants d'un visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois.
7. Il ressort des pièces du dossier que si M. E fait valoir qu'il a été recruté par la société " SARL SDC " (devenue " Cholet Market ") en contrat à durée indéterminée depuis le 31 janvier 2018 en qualité de vendeur et produit la copie du contrat de travail conclu avec son employeur, ce contrat ne comporte pas le visa de l'autorité administrative compétente. Par ailleurs, il est constant que le requérant, qui, comme il a été dit, est arrivé en France via l'Espagne en présentant un visa de court séjour, est démuni d'un visa de long séjour. Le préfet de la Loire-Atlantique a donc pu régulièrement estimer pour ces deux motifs que l'intéressé n'entrait pas dans le champ des stipulations précitées de l'article 3 de l'accord franco-marocain.
8. En quatrième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de l'arrêté attaqué prévoit que : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
9. Ces dispositions n'instituent pas une catégorie de titres de séjour distincte mais sont relatives aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Elles fixent ainsi, notamment, les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, traitant ainsi de ce point au sens de l'article 9 de cet accord, il fait obstacle à l'application des dispositions de l'article L. 435-1 lors de l'examen d'une demande d'admission au séjour présentée par un ressortissant marocain au titre d'une telle activité. Cet examen ne peut être conduit qu'au regard des stipulations de l'accord et des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 5, sans préjudice de la mise en œuvre par le préfet du pouvoir discrétionnaire dont il dispose pour apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité de délivrer à titre de régularisation une autorisation de séjour à un étranger ne remplissant pas les conditions auxquelles cette délivrance est normalement subordonnée, pouvoir dont les stipulations de l'accord franco-marocain ne lui interdisent pas de faire usage à l'égard d'un ressortissant marocain.
10. Le requérant expose que, parallèlement à ses études, il a travaillé, à compter du 31 janvier 2018, sous couvert d'un contrat à durée indéterminée, en tant que vendeur, à temps partiel, dans une épicerie exploitée à Cholet par la Sarl SDC puis, à partir de décembre 2019, par la Sarl Cholet Market. A partir de juillet 2020, M. E ayant terminé sa scolarité, il a été employé à temps complet. Il se prévaut de la présence régulière en France de la totalité de sa fratrie et précise que son père, titulaire d'une carte de résident valable du 26 avril 2012 au 25 avril 2022, en a demandé le renouvellement. Toutefois, l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, s'il exerçait son activité professionnelle depuis trois ans et demi à la date de la décision attaquée, n'avait pu obtenir cet emploi qu'au moyen d'une violation par son employeur de ses obligations résultant de la législation sur le travail des étrangers ressortissants d'un pays tiers à l'Union européenne. Par ailleurs, M. E n'établit pas être dépourvu de toutes attaches familiales dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. Au vu de l'ensemble de ces circonstances, le requérant n'est fondé à soutenir ni que le préfet aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", ni que cette autorité aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire, un titre de séjour en qualité de salarié.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". L'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose quant à lui que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
12. M. E se prévaut de sa présence en France depuis quatre ans à la date de la décision attaquée, de la présence de ses trois frères, dont l'un possède la nationalité française, sur le territoire français de façon régulière, de son parcours scolaire et de son insertion professionnelle. S'il justifie ainsi de sa bonne intégration en France, comme en attestent également l'obtention par l'intéressé d'un certificat de sauveteur secouriste au travail et la pratique du football au sein d'un club de Cholet durant la saison 2019-2020, il ne démontre pas, comme il a été dit, être dépourvu de tous liens familiaux au Maroc où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans et où il dispose nécessairement d'attaches culturelles et sociales. Dans ces conditions, et alors qu'il n'établit pas la particulière intensité et stabilité de ses attaches familiales présentes en France, notamment puisque les attestations produites reprennent la même formule générique, les liens personnels et familiaux en France de l'intéressé ne présentent pas les caractéristiques définies à l'article L. 423-23 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée aux buts et motifs en vue desquels le refus de séjour litigieux a été pris. Le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. E. Il n'a pas non plus, en relevant le fait que l'intéressé est célibataire sans charge de famille, subordonné la délivrance du titre de séjour sollicité à une condition qui n'aurait pas été prévue par le législateur.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque l'obligation de quitter le territoire français est fondée, comme c'est le cas en l'espèce, sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 de ce même code, elle n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour. Compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le refus de séjour opposé à M. E est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre doit être écarté.
14. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de M. E ne peut qu'être écarté.
15. En troisième lieu, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à M. E n'étant pas annulée, l'intéressé n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
16. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, les moyens tirés de ce que l'obligation de quitter le territoire français porterait une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et familiale doivent être écartés. Les moyens tirés de ce que cette obligation serait contraire aux articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés comme inopérants.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de renvoi porterait une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale et serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle et familiale doivent être écartés. Les moyens tirés de ce que cette décision serait contraire aux articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés comme inopérants.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 17 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
19. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. E entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
20. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. E au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 28 avril 2022, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er septembre 2022.
Le président-rapporteur,
L. CL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSELa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
sd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026