jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juillet 2021 et le 7 novembre 2022, Mme B C épouse A, représentée par Me Boezec, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2021 du ministre de l'intérieur rejetant son recours contre la décision du 4 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique avait ajourné à deux ans sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française dans un délai de deux mois ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L.'761-1 du code de justice administrative.
Mme C épouse A soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen dès lors que le ministre s'est borné à se fonder sur sa situation professionnelle et financière pour considérer qu'elle n'avait pas fixé en France son domicile ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : elle a fixé en France le centre de ses attaches personnelles, professionnelles et familiales ; elle est arrivée à l'âge d'un an sur le territoire français, y a vécu toute sa vie, y a suivi un parcours scolaire méritant, y a constitué une famille dont trois enfants qui y sont nés et y résident toujours, et y est insérée professionnellement ; elle a travaillé de longues années et n'a cessé de travailler pendant une certaine période qu'afin de faire face à ses obligations familiales ; elle a repris un cursus de formation alors qu'elle changeait d'orientation professionnelle, puis elle a eu des problèmes de santé et a dû subir une intervention chirurgicale pour une hernie discale ; elle a toutefois ensuite démontré être mobilisée sur son nouveau parcours professionnel car alors qu'elle était assistante maternelle, elle a passé son certificat d'aptitude professionnelle de petite enfance ;
- la décision attaquée méconnait les circulaires du 12 mai 2000 et du 16 octobre 2012.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme C épouse A n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hannoyer, premier conseiller,
- et les observations de Me Abidi, substituant Me Boezec, représentant Mme C épouse A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C épouse A, ressortissante algérienne née en 1976, demande au tribunal d'annuler la décision du 13 avril 2021 du ministre de l'intérieur rejetant son recours contre la décision du 4 décembre 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique avait ajourné à deux ans sa demande de naturalisation.
2. Aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". En vertu des dispositions de l'article 48 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions. Une fois ce délai expiré ou ces conditions réalisées, il appartient à la postulante, si elle le juge opportun, de formuler une nouvelle demande. Il appartient ainsi au ministre de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à la ressortissante étrangère qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte le degré d'insertion professionnelle de la postulante et de son autonomie matérielle.
3. Pour confirmer l'ajournement de la demande d'acquisition de la nationalité française de Mme C épouse A, le ministre s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'insertion professionnelle de l'intéressée ne pouvait être considérée comme pleinement réalisée en l'absence de ressources suffisantes.
4. En premier lieu, d'une part, si Mme C épouse A se prévaut des dispositions de la circulaire du 12 mai 2000, il résulte des dispositions de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration que celle-ci, dont les énonciations ne constituaient, en tout état de cause, pas des lignes directrices dont elle pouvait utilement se prévaloir devant le juge, a été abrogée à compter du 1er juillet 2018, de sorte qu'elle est inopposable. D'autre part, Mme C épouse A ne peut davantage utilement se prévaloir du contenu de la circulaire du 16 octobre 2012, dès lors que ses énonciations ne constituent pas des lignes directrices dont elle peut utilement se prévaloir devant le juge.
5. En deuxième lieu, contrairement à ce qu'elle soutient, Mme C épouse A ne s'est aucunement vu opposer l'absence de domiciliation effective et continue en France, mais le caractère insuffisant de ses ressources de nature à justifier une insertion professionnelle. Elle ne produit cependant à l'appui de sa requête aucun bulletin de salaire ni avis d'imposition sur les revenus permettant d'apprécier son niveau de ressources à la date de la décision attaquée et au cours des années précédentes. Il ressort des pièces du dossier que Mme C épouse A, qui a donné naissance à trois enfants nés en 2003, 2005 et 2006, était inscrite en deuxième année de brevet de technicien supérieur (BTS) assistante de gestion en alternance en 2000-2001, et a notamment travaillé dans un restaurant de cuisine rapide à temps plein du 20 janvier 2001 au 20 avril 2007 avant d'être placée en congé parental, d'après ses déclarations non contredites, jusqu'au 19 avril 2010. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que lui a été délivré en 2018 un agrément d'assistante maternelle, pour la garde de deux enfants, et ce à compter du 20 juillet 2018, et il n'est pas établi ni même allégué que des contrats de travail conclus à ce titre étaient toujours en cours à la date de la décision attaquée. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, et nonobstant le courrier médical du 24 octobre 2019 faisant état de ses difficultés de santé, liées notamment à une hernie discale, et un bulletin d'hospitalisation du 6 au 7 mars 2020, et alors que Mme C épouse A ne saurait utilement se prévaloir de la circonstance qu'elle a passé, en juin 2021, un certificat d'aptitude professionnelle de la petite enfance, et qu'elle a été placée en congé maladie du 28 mai 2021 au 23 juillet 2021, dès lors que ces circonstances sont toutes deux postérieures à la date de la décision attaquée, date à laquelle s'apprécie la légalité de celle-ci. Dans ces conditions, le ministre, qui n'a pas entaché sa décision d'un défaut d'examen, a pu, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder la nationalité française au ressortissant étranger qui la sollicite, ajourner la demande de naturalisation de Mme C épouse A pour le motif mentionné ci-dessus sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
6. En troisième et dernier lieu, les circonstances selon lesquelles Mme C épouse A est arrivée à l'âge d'un an sur le territoire français, y a vécu toute sa vie, y a suivi un parcours scolaire méritant et y a constitué une famille dont trois enfants qui y sont nés et y résident toujours, sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif sur lequel elle se fonde.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C épouse A ne peut qu'être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse A est rejetée.
Article 2': Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
Le rapporteur,
R. HANNOYER La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
Le greffier,
P. VOSSELER
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026