vendredi 26 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108499 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ex 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2021, Mme D C épouse A, représentée par Me Perrot, demande au tribunal :
1°) d'annuler, d'une part, la décision du 4 février 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté le recours gracieux formé contre son arrêté du 7 décembre 2020 par lequel il a refusé de renouveler son autorisation provisoire de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé son pays de destination et, d'autre part, l'arrêté du préfet de la Loire-Atlantique du 7 décembre 2020 précité ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des articles L. 311-12, R. 313-22 et R. 313-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige dès lors que le préfet ne justifie pas de l'existence d'un avis rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ; il n'est pas démontré que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins de l'OFII ; il n'est pas démontré que l'avis a été pris après une délibération collégiale ; il n'est pas démontré que l'avis a été rendu dans le délai de trois mois à compter de la transmission par le demandeur des éléments médicaux ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen actualisé de la situation médicale de Mme A ;
- elle méconnaît l'article L. 313-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable au litige et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'illégalité par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision du 4 février 2021 rejetant son recours gracieux formé contre l'arrêté du préfet de Loire-Atlantique du 7 décembre 2020 :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit tirée de ce que le préfet s'est estimé lié par l'avis rendu par le collège national des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- elle n'a pas été précédée de l'examen complet de sa situation personnelle.
Une mise en demeure a été adressée le 11 mars 2022 au préfet de Loire-Atlantique.
Par ordonnance du 15 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 mai 2022 à 12h.
Un mémoire en défense a été présenté par le préfet de la Loire-Atlantique le 14 juin 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Mme C épouse A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Livenais, président-rapporteur,
- et les observations de Me Perrot, représentant Mme C épouse A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse A, ressortissante algérienne née le 30 mai 1965 à Ahrik (Algérie), est entrée régulièrement en France le 25 novembre 2018, sous couvert d'un visa de court séjour. Elle a bénéficié d'autorisations provisoires de séjour valables jusqu'au 26 novembre 2020 en qualité de parent accompagnant d'enfant étranger malade, à raison de l'état de santé de sa fille, Mme B A. Mme C, épouse A a par la suite sollicité du préfet de la Loire-Atlantique le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour et la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 7 décembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a, sans statuer sur sa demande de titre de séjour, refusé le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour. Cet arrêté porte en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré. Par décision du 4 février 2021, le préfet de Loire-Atlantique a rejeté son recours gracieux contre l'arrêté du 7 décembre 2020. Mme C épouse A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 février 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté son recours gracieux contre l'arrêté du 7 décembre 2020 ainsi que cet arrêté du 7 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
3. Le préfet de la Loire-Atlantique, qui n'a pas produit d'observations en défense avant la clôture de l'instruction malgré la mise en demeure qui lui a été adressée le 11 mars 2022, doit être réputé avoir acquiescé aux faits exposés dans la requête en application des dispositions citées au point précédent. Cette circonstance ne dispense toutefois pas le tribunal, d'une part, de vérifier que les faits allégués par le requérant ne sont pas contredits par les autres pièces versées au dossier, d'autre part, de se prononcer sur les moyens de droit que soulève l'examen de l'affaire.
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, épouse A a également sollicité auprès du préfet de la Loire-Atlantique, par courrier du 3 novembre 2020 notifié aux services de la préfecture le 5 novembre suivant comme en atteste l'accusé de réception produit par la requérante, la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-5 de l 'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et, à titre subsidiaire, la régularisation exceptionnelle de son droit au séjour. Toutefois, le préfet de la Loire-Atlantique, qui avait ainsi connaissance de cette demande à la date de la décision portant refus de titre de séjour, n'a pas visé cette stipulation, mais uniquement celle de l'article 6-7 de la même convention, pour fonder la décision attaquée qui, en outre, n'évoque les éléments propres à la vie privée et familiale de la requérante que dans le cadre de la situation de la requérante au regard des stipulations, d'effet plus large, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. En outre, la décision portant refus du recours gracieux de Mme C, épouse A, ne vise pas davantage les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien en cause. Dans ces conditions, et comme le soutient la requérante, le préfet a entaché les décisions attaquées d'un défaut de motivation en droit.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme C épouse A est fondée à demander l'annulation de la décision lui refusant le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination, ainsi que la décision du 4 février 2021 rejetant son recours gracieux contre l'arrêté du 7 décembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'injonction
6. En raison des motifs qui la fondent, l'annulation de l'arrêté attaqué implique seulement que le préfet de la Loire-Atlantique procède au réexamen de la situation de Mme C épouse A sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans ces conditions, d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer la situation de Mme C épouse A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu en revanche d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige
7. Mme C épouse A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Perrot renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 décembre 2020 du préfet de Loire-Atlantique et la décision du 4 février 2021 rejetant le recours gracieux formés contre cette première décision sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de la situation de Mme C épouse A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de munir l'intéressée d'une autorisation provisoire de séjour dans cette attente.
Article 3 : L'Etat versera à Me Perrot, la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C épouse A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C épouse A, à Me Anne Perrot et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAIS
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERG
La greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
bg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026