vendredi 26 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ex 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2021, M. A B, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 décembre 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays d'origine comme pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6-1° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elles ont été signées par une autorité compétente ;
- elles ne sont pas suffisamment motivées ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour les prive de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 mai 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur des dispositions de l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 et du décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Livenais, président-rapporteur,
- et les observations de Me Labarre, substituant Me Rodrigues Devesas, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant algérien né le 17 juillet 1973, est entré en France le 22 décembre 2001, muni d'un visa de court séjour. Il a formé une demande de reconnaissance du statut de réfugié rejetée par une décision du 13 mars 2003 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). L'intéressé a, par la suite, sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article 6-1° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié. Par un arrêté du préfet d'Indre-et-Loire du 16 décembre 2012, il a fait l'objet d'un refus de titre de séjour assorti d'une mesure d'éloignement, confirmé par un jugement du tribunal administratif d'Orléans n°123816 du 7 mars 2013, puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes n° 13NT00985 du 10 avril 2014. M. B n'ayant pas déféré à cette mesure d'éloignement, il a présenté une deuxième demande de titre de séjour auprès du préfet d'Indre-et-Loire sur le fondement des articles 6-1° et 6-5° de l'accord franco-algérien précité, ainsi que de l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Un arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français a été pris à son encontre le 16 août 2016, dont la légalité a, une fois encore, été confirmée en dernier lieu par une ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Nantes n° 17NT01020 du 19 juillet 2017. M.B s'étant toutefois s'être maintenu sur le territoire français, il a de nouveau sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles 6-1° et 6-5° de l'accord franco-algérien. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 7 décembre 2020 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays d'origine comme pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
2. L'arrêté a été signé par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique, auquel le préfet de la Loire-Atlantique a consenti, par un arrêté du 12 octobre 2020 régulièrement publié, une délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'acte manque en fait.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions, abrogées à compter du 1er janvier 2016, de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs. En tout état de cause, la décision attaquée vise les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ainsi que les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Par suite, cette décision est suffisamment motivée tant en droit qu'en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / 1°) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
5. M. B soutient qu'il est présent sur le territoire français depuis le 22 décembre 2001. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'apporte pas la preuve d'une présence continue sur le territoire français au moins pour les années 2005 à 2013, de sorte qu'il n'établit pas résider de manière habituelle en France au titre des dix années ayant précédé la décision attaquée. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard du 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne peut qu'être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes du point 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Ainsi qu'il vient d'être dit, si M. B, qui est célibataire et sans enfant, soutient qu'il est présent sur le territoire français depuis le 22 septembre 2001, il n'établit pas la continuité de ce séjour sur le territoire français à tout le mois au titre de la période courant de l'année 2005 à l'année 2013. En outre, M. B, dont les parents et l'un des frères demeurent sur le territoire français n'établit pas la réalité et l'intensité des relations familiales qu'il affirme entretenir avec ces derniers et ne justifie pas davantage être dépourvu d'attaches personnelles dans son pays d'origine. Enfin, et en tout état de cause, l'intéressé ne fait état d'aucune intégration sociale particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, la décision ne porte pas au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise et n'est donc pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
8. En premier lieu, à supposer que M. B entende se prévaloir à l'encontre des décisions contestées des mêmes moyens que ceux invoqués à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, il y a lieu d'écarter, pour les mêmes motifs que précédemment, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des décisions attaquées, la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français se confondant en l'espèce avec celle de la décision portant refus de titre de séjour, ainsi que les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation
9. En second lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 3 à 7 que M. B n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, au soutien de ses conclusions dirigées contre les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B aux fins d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Rodrigues Devesas.
Délibéré après l'audience du 17 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 août 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAISL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERG
La greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
vb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026