LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2108696

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2108696

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2108696
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGOUEDO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2021, Mme A B, représentée par Me Gouedo, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 avril 2021 par laquelle le préfet de la Sarthe a refusé de faire droit à sa demande de renouvellement de sa carte d'identité française avec modification de son nom, ainsi que le procès-verbal de carence dressé par le préfet de la Mayenne le 8 juin 2021 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne de lui délivrer une carte nationale d'identité française au nom de Mme B dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée du 13 avril 2021 est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle se fonde sur le motif tiré de l'absence de production d'un certificat de nationalité française ;

- le procès-verbal de carence attaqué est entaché d'un défaut de base légale ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, faute de respect d'une procédure contradictoire.

Une mise en demeure a été adressée le 12 janvier 2022 au préfet de la Sarthe, qui n'a pas produit de mémoire.

L'instruction a été close le 3 octobre 2022 par une ordonnance du 31 août 2022 .

Par une lettre du 18 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées le procès-verbal de carence du 8 juin 2021.

Par une décision du 3 janvier 2022, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 73-42 du 9 janvier 1973 complétant et modifiant le code de la nationalité française et relative à certaines dispositions concernant la nationalité française ;

- la loi n° 93-933 du 22 juillet 1993 réformant le droit de la nationalité ;

- le décret n° 55-1397 du 22 octobre 1955 modifié ;

- le code civil ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thomas, première conseillère,

- et les conclusions de M. Marowski, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, née à Laval le 4 avril 1971 d'un père de nationalité marocaine et d'une mère née au Maroc et devenue française par décret de naturalisation du 8 juillet 1995, qui possédait une carte nationale d'identité française et un passeport français délivrés par la préfecture de la Mayenne respectivement les 23 février 2005 et 4 janvier 2008, a sollicité, à la suite de son divorce, le renouvellement de sa carte d'identité avec suppression de son nom marital. Sa demande a été rejetée par une décision du 13 avril 2021 du préfet de la Sarthe. Par un procès-verbal dressé le 8 juin 2021, le préfet de la Mayenne a constaté l'absence de restitution par l'intéressée de son passeport et de sa carte nationale d'identité française. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision du 13 avril 2021 et de ce procès-verbal du 8 juin 2021.

Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation du procès-verbal de carence dressé le 8 juin 2021 :

2. Un procès-verbal de carence ne fait que constater l'absence de restitution de ses titres par une personne à l'autorité qui lui en a fait la demande, et par suite, ne fait pas grief. Les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de ce procès-verbal ne peuvent donc qu'être rejetées comme irrecevables.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article 30 du code civil : " La charge de la preuve, en matière de nationalité française, incombe à celui dont la nationalité est en cause. / Toutefois, cette charge incombe à celui qui conteste la qualité de Français à un individu titulaire d'un certificat de nationalité française délivré conformément aux articles 31 et suivants. ".

4. En vertu de l'article 2 du décret du 22 octobre 1955 instituant une carte nationale d'identité et de l'article 4 du décret du 30 décembre 2005 relatif aux passeports, la carte nationale d'identité et le passeport sont délivrés, sans condition d'âge, à tout Français qui en fait la demande. Il résulte des dispositions du II de l'article 4 du décret du 22 octobre 1955 et du II de l'article 5 du décret du 30 décembre 2005 que la preuve de la nationalité française du demandeur peut être établie à partir de l'extrait d'acte de naissance portant en marge l'une des mentions prévues aux articles 28 et 28-1 du code civil ou, lorsque l'extrait d'acte de naissance ne suffit pas à établir la nationalité française du demandeur, par la production de l'une des pièces justificatives mentionnées aux articles 34 ou 52 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, ou à défaut par la justification d'une possession d'état de Français de plus de dix ans ou, lorsque ne peut être produite aucune de ces pièces, par la production d'un certificat de nationalité française.

5. Pour l'application de ces dispositions, il appartient aux autorités administratives de s'assurer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que les pièces produites à l'appui d'une demande de passeport ou d'une carte nationale d'identité sont de nature à établir l'identité et la nationalité du demandeur. Seul un doute suffisant sur l'identité ou la nationalité de l'intéressé peut justifier le refus de renouvellement de passeport ou de carte d'identité ou une demande de restitution de ces mêmes documents.

6. Pour refuser de faire droit à la demande de Mme B, le préfet de la Sarthe a estimé que la nationalité française de la requérante n'était pas démontrée dès lors que, d'une part, elle ne disposait pas d'un certificat de nationalité française, et que, d'autre part, elle ne justifiait pas de sa nationalité française en l'absence de réponse à des demandes de compléments adressées à la mairie de dépôt du 19 novembre 2020, du 20 novembre 2020 et du 27 novembre 2020.

7. S'agissant du motif de la décision attaquée, tenant à l'absence de production par l'intéressée d'autres élément de nature à établir son appartenance à la nationalité française, il ressort des pièces du dossier que Mme B est née à Laval le 4 avril 1971 de parents nés au Maroc, sa mère s'étant vu attribuer la nationalité française par un décret de naturalisation du 18 juillet 1995. A la date de la majorité de la requérante, étaient en vigueur les dispositions de l'article 44 du code de la nationalité, issu de la loi susvisée du 9 janvier 1973, aux termes desquelles : " Tout individu né en France de parents étrangers acquiert la nationalité française à sa majorité si, à cette date il a en France sa résidence et s'il a eu pendant les cinq années qui précèdent sa résidence habituelle en France () ". Le préfet de la Sarthe qui, en dépit d'une mise en demeure, n'a pas produit avant la clôture de l'instruction, est réputé avoir acquiescé aux faits exposés par la requérante dans ses écritures et non contredits par les pièces du dossier, celle-ci faisant valoir qu'elle avait sa résidence pendant les cinq années ayant précédé sa majorité ainsi qu'à cette date. Par suite, par application des dispositions de l'article 44 du code de la nationalité dans sa rédaction alors applicable, Mme B doit être regardée comme justifiant de sa nationalité française. Par conséquent, le préfet de la Sarthe, en lui refusant le renouvellement de sa carte nationale d'identité a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

8. S'agissant du motif tiré de l'absence de production d'un certificat de nationalité française, l'administration ne se trouve pas en situation de compétence liée pour s'opposer au renouvellement d'une carte nationale d'identité ou exiger la restitution des documents d'identité d'une personne ne disposant pas d'un tel certificat, dès lors qu'il lui appartient d'apprécier si, au vu des justificatifs éventuellement présentés par l'intéressé, il existe un doute suffisant sur sa nationalité. Compte tenu des éléments rappelés au point précédent, en retenant le motif tiré de l'absence de production d'un certificat de nationalité française pour refuser à Mme B le renouvellement de sa carte nationale d'identité, le préfet de la Sarthe a entaché sa décision d'une erreur de droit.

9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du préfet de la Sarthe du 13 avril 2021.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

10. Eu égard aux motifs d'annulation retenus, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Sarthe procède au renouvellement avec modification de nom de la carte d'identité de Mme B, ainsi qu'elle le demande. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

11. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gouedo, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gouedo d'une somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 13 avril 2021 du préfet de la Sarthe est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Sarthe de délivrer à Mme B une carte nationale d'identité française au nom de Mme B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Me Gouedo, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet de la Sarthe, au préfet de la Mayenne et à Me Gouedo.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Douet, présidente,

Mme Thomas, première conseillère,

M. Brémond, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.

La rapporteure,

S. THOMAS

La présidente,

H. DOUET La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe et au préfet de la Mayenne, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions