vendredi 19 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108805 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | COJOCARU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 aout 2021, Mme A B, représentée par Me Dorina Cojocaru, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2020, par laquelle le ministre de l'intérieur a déclaré sa demande de naturalisation irrecevable ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, de procéder au réexamen de sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros qui devra être versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 21-18 du code civil et d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 aout 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 juin 2021 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique le 22 mai 2024 à 9h45.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante serbe, née le 3 novembre 1984, a sollicité l'acquisition de la nationalité française par la voie de la naturalisation. Par une décision du 30 septembre 2019, le préfet de la Loire-Atlantique a déclaré irrecevable sa demande au titre de l'article 21-17 du code civil. L'intéressée a, pour contester cette décision et comme elle y était tenue en application de l'article 45 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif notamment aux décisions de naturalisation, saisi d'un recours administratif préalable obligatoire le ministre de l'intérieur, lequel a confirmé la décision préfectorale en déclarant également irrecevable la demande de naturalisation de Mme B par une décision du 24 juin 2020. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 21-17 du code civil : " Sous réserve des exceptions prévues aux articles 21-18, 21-19 et 21-20, la naturalisation ne peut être accordée qu'à l'étranger justifiant d'une résidence habituelle en France pendant les cinq années qui précèdent le dépôt de la demande ". Aux termes de l'articles 21-18 du code civil : " Le stage mentionné à l'article 21-17 est réduit à deux ans : / 1° Pour l'étranger qui a accompli avec succès deux années d'études supérieures en vue d'acquérir un diplôme délivré par une université ou un établissement d'enseignement supérieur français ; / 2° Pour celui qui a rendu ou qui peut rendre par ses capacités et ses talents des services importants à la France ; / 3° Pour l'étranger qui présente un parcours exceptionnel d'intégration, apprécié au regard des activités menées ou des actions accomplies dans les domaines civique, scientifique, économique, culturel ou sportif ".
3. Pour déclarer irrecevable la demande de naturalisation de Mme B au regard de l'article 21-17 du code civil, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de ce que la requérante ne justifiait pas, au jour du dépôt de sa demande, de cinq années de résidence continue et régulière en France.
4. Il est constant que Mme B s'est vu délivrer un visa de longue durée par l'autorité consulaire française à Belgrade le 14 janvier 2014. Cette date marque ainsi le début de sa résidence régulière en France. Comme le reconnaît l'intéressée, la durée de cette résidence était inférieure à cinq ans à la date du dépôt de sa demande de naturalisation, le 2 juillet 2018. La requérante se prévaut cependant de l'exception prévue au 3° précité de l'article 21-18 du code civil qui réduit à deux ans la durée de résidence exigée pour l'étranger qui présente un parcours exceptionnel d'intégration, apprécié au regard des activités menées ou des actions accomplies dans les domaines civique, scientifique, économique, culturel ou sportif. Elle fait valoir que son parcours d'intégration présente un parcours exceptionnel, que ses travaux de recherche ont été en partie financés par la fondation Avenir Médical, qu'elle est considérée comme étant la première experte en péri-implantitis, implant dentaire, parodontite et dentaire à Nantes et que son classement au plan national dans les mêmes spécialités est respectivement 2ème, 2ème, 12ème et 40ème ainsi qu'il ressort du site international expertscape. Toutefois, les éléments qu'elle fournit, à savoir des articles rédigés en anglais publiés dans des revues scientifiques, accompagnés d'une attestation du doyen de la faculté de chirurgie dentaire de Nantes évoquant son parcours au cours duquel elle aurait assumé depuis 2014, après avoir accompli une année de post-doctorat, des fonctions d'enseignante chercheuse en tant que maitresse de conférence des universités associée, ne suffisent pas à établir le caractère exceptionnel de son parcours d'intégration au sens des dispositions citées ci-dessus. Par suite et malgré le caractère remarquable de ce parcours, le ministre de l'intérieur n'a entaché sa décision d'aucune erreur de droit de fait ou d'appréciation en déclarant irrecevable sa demande de naturalisation, une telle irrecevabilité ne faisant pas obstacle à ce que l'intéressée si elle s'y croit fondée, dépose une nouvelle demande de naturalisation, dès lors qu'elle justifie désormais de plus de cinq années de présence habituelle et régulière en France.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 juin 2020 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au ministre de réexaminer sa demande et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Doria Cojocaru.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. Xavier Catroux, premier conseiller,
Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.
La rapporteure,
J-K. C
Le président,
L. MARTIN
La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026