jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108855 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS MAYLIE LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2021, la SARL Thomas and co, représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 5 février 2021 et 16 avril 2021 par lesquelles ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de décembre 2020 et janvier 2021, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, ont été rejetées ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui verser une somme d'un montant de 22 314,80 euros au titre de cette aide ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées n'ont pas été signées par une autorité compétente ;
- la décision du 5 février 2021 est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 3-15 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 dès lors qu'elle a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que l'article 3-15 du décret n° 2020-371 ne conditionne pas l'aide à la circonstance que l'activité principale de l'entreprise a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public ;
- elle est fondée à exciper de l'illégalité de la foire aux questions relative à l'attribution de l'aide exceptionnelle au titre du fond de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, dans la mesure où son auteur n'était pas compétent, elle ajoute des conditions nouvelles à l'attribution de l'aide, elle n'est pas opposable aux administrés ;
- la décision du 16 avril 2021 est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 3-19 du décret n° 2020-371 dès lors que son activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021 et que l'administration ne conteste pas qu'elle a subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la même période ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que l'article 3-19 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ne fait pas référence à la notion de chiffre d'affaires pour déterminer l'activité principale ;
- son activité correspond aux " débits de boissons " au sens de l'annexe 1 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, de l'article 502 du code général des impôts, de l'article L. 3331-3 du code de la santé publique ;
- elle est fondée à se prévaloir des commentaires référencés aux paragraphes 20 du BOI-PAT-IFI-30-10-10-30 et 220 du BOI-IR-CHAMP-10.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 16 avril 2021 sont irrecevables dès lors que contrairement à ce que soutient la société requérante, l'administration a fait droit à sa demande par une décision du 2 avril 2021 ;
- les autres moyens soulevés par la SARL Thomas and co ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 7 mars 2022, la SARL Thomas and co déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation de la décision du 16 avril 2021 et maintenir le surplus de ses conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Benoist,
- les conclusions de M. Huin, rapporteur public,
- les observations de Me Guinel-Johnson, substituant Me Laclau et représentant les intérêts de la SARL Thomas and co.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Thomas and co, qui exploite un établissement " VetB " à la Flèche (72) dont l'objet social est le commerce de détail de boissons en magasin spécialisé, a pour activité la vente de boissons alcoolisées sur place et à emporter. Elle a sollicité l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, prévue par le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020. Par une décision du 5 février 2021, la direction générale des finances publiques a refusé de lui accorder cette aide au titre du mois de décembre 2020, et par une décision du 16 avril 2021, elle s'est également prononcée sur l'attribution de cette aide au titre du mois de janvier 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 avril 2021 :
2. Si, dans sa requête, la SARL Thomas and co a demandé l'annulation de la décision du 16 avril 2021 par laquelle sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de janvier 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 aurait fait l'objet d'un refus, elle a indiqué dans son mémoire en réplique que, conformément à ce que l'administration fait valoir, il s'agissait d'une erreur de sa part dès lors qu'elle a obtenu l'attribution de l'aide pour cette période le 2 avril 2021. Par suite, la SARL Thomas and co doit être regardée comme s'étant désistée de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 16 avril 2021. Il y a lieu pour le tribunal de donner acte de ce désistement partiel.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 février 2021 :
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, dans sa version applicable au litige : " I. Le fonds mentionné par l'ordonnance du 25 mars 2020 susvisée bénéficie aux personnes physiques et personnes morales de droit privé résidentes fiscales françaises exerçant une activité économique, ci-après désignées par le mot : entreprises () ". L'article 3-15 du même décret, dans sa version applicable au litige, prévoit : " I.-a) Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de décembre 2020, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 ; / () ". L'article 40 du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire : " I. - Les établissements relevant des catégories mentionnées par le règlement pris en application de l'article R. 123-12 du code de la construction et de l'habitation figurant ci-après ne peuvent accueillir du public : / 1° Etablissements de type N : Restaurants et débits de boisson ; () / Par dérogation, les établissements mentionnés au présent I peuvent continuer à accueillir du public pour leurs activités de livraison et de vente à emporter, le room service des restaurants et bars d'hôtels et la restauration collective sous contrat. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 5 février 2021, la direction générale des finances publiques a refusé de faire droit à la demande de la SARL Thomas and co aux fins d'obtenir le versement de l'aide exceptionnelle relative au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, concernant le mois de décembre 2020, au motif qu'elle n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public intervenue entre le 1er et le 31 décembre 2020.
5. Il est constant que la SARL Thomas and co exploite un établissement dont l'objet social est le commerce de détail de boissons en magasin spécialisé et qu'elle a pour activité la vente de boissons alcoolisées sur place et à emporter. Ainsi, la SARL Thomas and co relève de la catégorie " débits de boisson " au sens de l'article 40 du décret du 29 octobre 2020. Dans ces conditions, une partie de l'activité de la SARL Thomas and co entrait dans le champ d'interdiction d'accueillir du public alors même qu'il ne s'agissait pas de son activité principale. Par suite, elle est fondée à soutenir que la décision du 5 février 2021 par laquelle la direction générale des finances publiques a considéré que son activité n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public entre le 1er décembre 2020 et le 31 décembre 2020 est entachée d'erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 5 février 2021 par laquelle la direction générale des finances publiques a refusé de faire droit à la demande de la SARL Thomas and co tendant à obtenir le bénéfice de l'aide exceptionnelle pour le mois de décembre 2020, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif retenu par le tribunal pour prononcer l'annulation de la décision du 5 février 2020, le présent jugement implique seulement que l'administration réexamine la demande de la SARL Thomas and co. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général des finances publiques de procéder au réexamen de la situation de la société requérante dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de la SARL Thomas and co de la somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par la SARL Thomas and co tendant à l'annulation de la décision du 16 avril 2021.
Article 2 : La décision du 5 février 2021 refusant à la SARL Thomas and co le bénéfice de l'aide exceptionnelle relative au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, pour le mois de décembre 2020, est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général des finances publiques de procéder au réexamen de la situation de la SARL Thomas and co dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) à la SARL Thomas and co en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Thomas and co et au directeur régional des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
La rapporteure,
L-L. BENOISTLa présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
Le greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026