lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2108999 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 août 2021, M. A B, représenté par Me Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 octobre 2020 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours administratif contre la décision de la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Ouest du 13 février 2020 lui refusant la délivrance d'une autorisation en vue de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée ;
2°) d'enjoindre au président du CNAPS de reprendre l'instruction de sa demande et de rendre une nouvelle décision dans le délai de 5 jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la régularité de la composition de la CNAC, et notamment de ce que le quorum était atteint ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur dans l'exactitude matérielle des faits, quant aux faits d'escroquerie qui lui sont imputés ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 mars 2023, le CNAPS conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il sollicite la neutralisation du grief tiré des faits d'escroquerie ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Martel,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M.'B a sollicité la délivrance d'une autorisation afin de suivre une formation aux métiers de la sécurité privée. Par une décision du 13 février 2020, la CLAC Ouest a refusé de lui délivrer l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 19 août 2020, M. B a contesté cette décision auprès de la CNAC du CNAPS. Par une décision du 15 octobre 2020, dont l'intéressé demande l'annulation, cette instance a rejeté son recours et a refusé de lui délivrer l'autorisation préalable sollicitée.
2. Aux termes de l'article L. 612-22 du code de la sécurité intérieure, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20. " Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées () ".
3. Pour refuser d'accorder à M. B l'autorisation de suivre une formation en matière de sécurité privée, la CNAC s'est fondée sur les circonstances, d'une part, que l'intéressé a été mis en cause, les 26 et 27 février 2012, en qualité d'auteur de faits d'escroquerie commis à Nantes et, d'autre part, qu'il a été condamné, le 22 février 2019, à une peine de 250 euros d'amende et à 4 mois de suspension de son permis de conduire pour avoir, le 26 mai 2018, conduit un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique, ces faits révélant un comportement incompatible avec les fonctions d'agent de sécurité.
4. S'agissant du premier grief, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait du fichier de traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), que M. B a fait, le 27 février 2012, l'objet d'une procédure, en qualité d'auteur, pour des faits d'escroquerie. Alors que selon les vérifications faites par le personnel réserviste de la police nationale, l'ordinateur appartenant à l'intéressé a permis de passer une commande dont la nature n'est nullement précisée, M. B a toujours nié être l'auteur de tels faits. Ainsi, au vu des seuls éléments apportés par l'administration, qui ne permettent pas au tribunal d'apprécier la matérialité et l'imputabilité à M. B des faits qui lui sont imputés, et alors qu'il n'apparaît pas que cette procédure, transmise au parquet de Nantes, ait donné lieu à des suites judiciaires, les faits reprochés ne peuvent être regardés comme établis. Dans ces conditions, il y a lieu de regarder ce motif opposé par la CNAC comme entaché d'une erreur de fait.
5. S'agissant du second grief, il est constant que M. B a été l'auteur, le 26 mai 2018, de conduite d'un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique. Toutefois, ce seul fait, en raison de son caractère isolé et de sa nature, ne peut être regardé comme incompatible avec les fonctions d'agent de sécurité. Dès lors, en se fondant sur ce grief pour rejeter la demande d'autorisation de M. B de suivre la formation d'agent de sécurité, la CNAC a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, la décision de la CNAC en date du 15 octobre 2020 doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
7. Eu égard aux moyens d'annulation exposés aux points 4 et 5, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'autorisation d'accès à la formation professionnelle d'agent privé de sécurité soit délivrée à M. B. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au directeur du CNAPS d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge du CNAPS la somme de 1 500 euros à verser, à ce titre, à Me Floch, avocate de M. B, bénéficiaire de l'aide juridictionnelle totale, sous réserve que Me Floch renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 octobre 2020 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du CNAPS de délivrer à M. B l'autorisation d'accès à la formation professionnelle d'agent privé de sécurité dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le CNAPS versera à Me Floch, avocate de M. B, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Floch et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cantié, président,
Mme Martel, première conseillère,
M. Delohen, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
La rapporteure,
C. MARTEL
Le président,
C. CANTIÉLa greffière,
C. DUMONTEIL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. DUMONTEIL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026