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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2109396

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2109396

mercredi 5 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2109396
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 aout 2021, Mme C B, M. E G B et Mme F G A, représentés par Me Rodrigues Devesas, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) à verser, sur le fondement de la responsabilité pour faute, 8'604 euros à Mme B, 3'000 euros à M. B et 3 000 euros à Mme A ;

2°) de condamner l'État à verser, sur le fondement de la responsabilité pour faute, 4'571,59 euros et 4'303,10 euros à Mme B et 6'000 euros chacun à M. B et Mme A ;

3°) d'assortir cette somme des intérêts légaux à compter de la demande préalable et de la capitalisation des intérêts ;

4°) de mettre à la charge solidaire de l'OFII et de l'État la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Les consorts D soutiennent que :

- l'administration a commis diverses fautes :

° en refusant d'enregistrer la demande de regroupement familial, l'OFII a commis une erreur de fait dès lors que les enfants étaient encore mineurs à la date du dépôt de la demande et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;

° en refusant le regroupement familial, le préfet de la Loire-Atlantique a :

•commis une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles R. 421-7, R. 421-1, R. 421-4, R. 421-8 et R.'421-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la période de référence qui aurait dû être retenue était celle s'écoulant de juillet 2015 à juin 2016 et que, en tout état de cause, le préfet aurait dû tenir compte de l'amélioration de sa situation ;

•commis une erreur de fait dès lors que les revenus de Mme B sur la période de référence retenue n'étaient pas d'un montant mensuel brut de 963,24 euros mais de 1'224,11 euros ;

•commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 411-5 et R. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

•méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;

° en refusant les visas de long séjour sollicités, le ministre de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation quant au lien de filiation les unissant, établi en tout état de cause par la possession d'état, et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;

- les préjudices résultant de ces fautes sont matériels et moraux, ainsi que des troubles dans les conditions d'existence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir d'une part que la délivrance de visas de long séjour à l'issue d'une procédure de référé ne suffit pas par elle-même à établir l'illégalité des décisions de refus de visas et d'autre part que les frais d'envoi d'argent antérieurs à la date du 26 mars 2018 ne peuvent être pris en compte.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le préfet de la Loire-Atlantique, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des consorts D 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que l'État n'a commis aucune faute et que, en tout état de cause, il n'y a pas de lien de causalité avec les préjudices qu'allèguent les requérants, au demeurant non établis.

La requête a été communiquée à l'OFII qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure du 4 octobre 2024.

Par décision du 4 mai 2024, la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis les consorts D au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle (25 %).

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 relative à la circulation et au séjour des personnes publiée par le décret n° 95-436 du 14 avril 1995 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 janvier 2025 :

- le rapport de M. Jégard,

- et les observations de Me Reis substituant Me Cano, représentant le préfet de la Loire-Atlantique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, ressortissante ivoirienne née en 1968, a sollicité en 2013 le bénéfice du regroupement familial pour ses enfants, M. E G B et Mme'F G A, ressortissants ivoiriens respectivement nés en 1995 et 1996. Le préfet de la Loire-Atlantique a alors rejeté sa demande en raison de l'insuffisance de ses revenus. Le 5 décembre 2014, elle a de nouveau sollicité le bénéfice du regroupement familial pour ses enfants. Mais, le 6 mars 1015, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé d'enregistrer sa demande au motif que ses enfants étaient devenus majeurs. Par une ordonnance n° 1605264 du 12 juillet 2016, le juge des référés a suspendu l'exécution de cette décision et a enjoint à l'OFII d'enregistrer la demande de regroupement familial et de réexaminer la situation. L'OFII a repris l'instruction de la demande le 18 juillet 2016. Mais le préfet de la Loire-Atlantique a implicitement rejeté le bénéfice du regroupement familial. Par la suite, le regroupement familial a toutefois été accordé par le préfet de la Loire-Atlantique le 27 juillet 2017. M. B et Mme'A ont sollicité le 13 septembre 2017 des visas de long séjour qui ont été implicitement rejetés par le consul général de France à Abidjan (Côte d'Ivoire). Les consorts D ont saisi la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France le 26 janvier 2018 mais le recours a été implicitement rejeté. Par une ordonnance n° 1803599 du 11 mai 2018, la juge des référés a suspendu l'exécution du refus des visas de long séjour et a enjoint au ministre de réexaminer la situation des intéressés. Les visas ont été délivrés le 28 mai 2018. Le 20 avril 2020, les consorts D ont adressé à l'OFII, au préfet de la Loire-Atlantique et au ministre de l'intérieur des demandes de réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis. En l'absence de réponse, leurs demandes ont été rejetées. Par leur requête, les consorts D demandent au tribunal de condamner l'OFII et l'État à la réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis.

Sur les fautes :

En ce qui concerne la décision de refus d'enregistrement de la demande de regroupement familial :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision de refus d'enregistrement de la demande au moment familial : " L'âge () des enfants pouvant bénéficier du regroupement familial est apprécié à la date du dépôt de la demande ".

3. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la demande de regroupement familial a été formée le 5'décembre 2014. M. B est né le 30 aout 1995. Il était donc bien majeur à cette date et la décision de l'OFII du 6 mars 2015 n'est pas entachée d'erreur de fait sur ce point. En revanche, Mme A, qui est née le 27 décembre 1996, était encore mineure lors du dépôt de la demande. Par suite, la décision de l'OFII est entachée d'une erreur de fait en ce qui la concerne.

4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. La situation invoquée par les requérants pour soutenir que la décision de refus d'enregistrement de la demande de regroupement familial serait illégale en raison d'une méconnaissance des stipulations citées au point précédent est pour le moins imprécise. Il ressort des pièces du dossier qu'une personne étant présentée comme leur grand-mère est décédée en 2013. Il ressort d'un courrier du 16 mai 2016, qu'une tierce personne, présentée comme une amie de Mme B a informé cette dernière qu'elle ne pourrait plus s'occuper de ses enfants en raison de sa mutation dans une autre région de Côte d'Ivoire. Ces éléments ne permettent pas au tribunal de savoir précisément quelle était la situation de M. B et Mme A, à qui Mme B a seulement envoyé cinquante euros entre la décision de refus d'enregistrement de la demande de regroupement familial et l'ordonnance de référé suspendant l'exécution de cette décision citée au point 1. Si Mme B produit une facture de réservation d'un billet d'avion pour la Côte d'Ivoire à l'automne 2013, cette seule circonstance n'est pas non plus de nature à éclairer le tribunal sur l'intensité des liens qu'elle aurait pu conserver avec ses enfants alors même qu'elle n'indique pas la date à laquelle elle est arrivée en France ni ne fournit d'éléments sur la durée de leur séparation effective. Par suite, en l'absence de démonstration quant à une éventuelle atteinte aux stipulations citées au point précédent, le moyen tiré de ce que la décision de refus d'enregistrement de la demande de regroupement familial est illégale en raison de sa méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de regroupement familial :

6. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision de refus de regroupement familial : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur () ". Selon l'article R. 411-4 de ce code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / - cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes ; / () ".

7. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le ressortissant étranger fait sa demande auprès des services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". L'article R. 421-1 de ce code dispose': "'La demande de regroupement familial est formulée sur un imprimé dont le modèle est établi par arrêté du ministre chargé de l'immigration. / Elle comporte l'engagement du demandeur : / 1° De permettre à des agents des services de la commune où doit résider la famille, chargés des affaires sociales ou du logement, spécialement habilités à cet effet, ainsi qu'aux agents de l'Office français de l'immigration et de l'intégration l'entrée dans le logement prévu pour accueillir la famille aux fins de vérification des conditions de logement () ". Selon l'article R. 421-4 du même code : "'A l'appui de sa demande de regroupement, le ressortissant étranger présente les copies intégrales des pièces énumérées au 1° et joint les copies des pièces énumérées aux 2° à 4° des pièces suivantes : / () 3° Les justificatifs des ressources du demandeur et, le cas échéant, de son conjoint, tels que le contrat de travail dont il est titulaire ou, à défaut, une attestation d'activité de son employeur, les bulletins de paie afférents à la période des douze mois précédant le dépôt de sa demande, () ". L'article R. 421-8 énonce : " Au vu du dossier complet, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois prévu à l'article L. 421-4 ". Enfin, selon l'article R.'421-20 : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet (). Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans le délai de six mois prévu à l'article L. 421-4. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial ".

8. Il ressort des pièces du dossier que la demande de regroupement familial de Mme'B n'a été enregistrée que le 18 aout 2016 par l'OFII, sur injonction du juge des référés du 12 juillet 2016. Toutefois, cette demande a été déposée le 5 décembre 2014, ainsi qu'il ressort notamment de la lettre adressée par l'Office à Mme B, le 18 juillet 2016. Par suite, la période de référence des douze mois précédant la demande de la requérante, à prendre en compte pour apprécier si l'intéressée remplissait la condition de ressources fixée à l'article L. 411-5 cité au point 6, a couru à compter du mois de décembre 2013 jusqu'au mois de novembre 2014. Il en résulte que la décision initiale de refus de regroupement familial du préfet de la Loire-Atlantique n'était pas entachée d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions citées aux points 6 et 7.

9. En deuxième lieu, si Mme B soutient que cette décision est entachée d'erreur de fait dès lors que ses revenus mensuels bruts n'étaient pas d'un montant de 963,24 euros sur la période de référence mais d'un montant de 1'224,11 euros, elle ne produit au tribunal aucun élément permettant d'établir ce qu'elle allègue.

10. En troisième lieu, la circonstance que le préfet de la Loire-Atlantique ait permis ultérieurement à M. B et Mme A de bénéficier du regroupement familial ne rend pas la décision initiale illégale de ce fait. Les consorts D n'apportent aucun élément de nature à démontrer que le refus de regroupement familial qui leur a été opposé porterait une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de sa vie privée et familiale.

11. Il suit de là que la décision de refus de regroupement familial n'était pas entachée d'illégalité.

En ce qui concerne les décisions de refus de visa :

12. Aux termes de l'article 47 du code civil, dans sa rédaction en vigueur à la date des décisions de refus de visa : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".

13. Il ressort des pièces du dossier que le motif du refus de visa était le caractère apocryphe des actes de l'état civil des enfants. Or, en l'absence de démonstration tendant à renverser la présomption d'authenticité des actes de l'état civil produits, ces décisions étaient illégales.

14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 13 que, d'une part la décision de refus d'enregistrer la demande de regroupement familial au bénéfice de Mme A était illégale en raison d'une erreur de fait, et, d'autre part, les décisions de refus de visa de long séjour étaient illégales. Ces décisions sont donc fautives.

Sur le lien de causalité et les préjudices :

15. En premier lieu, les requérants soutiennent que la faute commise par l'OFII en refusant d'enregistrer la demande de regroupement familial au bénéfice de Mme A leur a causé des préjudices moraux et matériels ainsi que des troubles dans les conditions de l'existence. Toutefois, Mme B a fait le choix de laisser ses enfants pendant une durée indéterminée et n'a sollicité le bénéfice du regroupement familial qu'à la veille de la majorité de Mme A. Elle ne démontre pas l'existence d'un lien de causalité entre la faute commise par l'OFII et les préjudices allégués. Il s'ensuit que la responsabilité de l'OFII ne peut être retenue.

16. En deuxième lieu, Mme B soutient avoir subi un préjudice matériel lié aux frais d'envoi d'argent pour pourvoir à l'entretien et à l'éducation de ses enfants pendant la durée de la séparation. Il résulte de l'instruction que ces frais s'élèvent, pour la période comprise entre les refus de visas illégaux et leur délivrance, à la somme de 7,80 euros.

17. En troisième lieu, eu égard à la brève durée comprise entre les refus de visa et leur délivrance, il sera fait une juste appréciation des préjudices moraux et des troubles dans les conditions d'existence en condamnant l'État à verser à chacun des requérants une somme de 400'euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

18. Les requérants ont droit aux intérêts au taux légal à compter du 20 avril 2020, date à laquelle ils ont présenté leur réclamation indemnitaire au ministre de l'intérieur. La capitalisation des intérêts, demandée lors de l'introduction de la requête, sera accordée à compter du 20 avril 2021, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

19. Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros à verser à Me Rodrigues Devesas sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Conformément aux dispositions de ce dernier article, la perception de cette somme vaudra renonciation de cette avocate au versement de la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle qui a été accordée à la requérante.

D E C I D E :

Article 1er : L'État (ministre de l'intérieur) est condamné à verser les sommes suivantes à :

- Mme B : 407,80 euros,

- M. B: 400 euros,

- Mme A: 400 euros.

Article 2 : Les sommes auxquelles l'État est condamné en application de l'article précédent porteront intérêts au taux légal à compter du 20 avril 2020. Les intérêts échus un an après cette date puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : L'État (ministre de l'intérieur) versera à Me Rodrigues Devesas une somme de 1 200'euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°'91-647 du 10 juillet 1991.

Article 4 :' Le surplus des conclusions de la requête des consorts D est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à :

- Mme C B,

- M. E G B,

- Mme F G A,

- à Me Rodrigues Devesas,

- au préfet de la Loire-Atlantique,

- à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et

- au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 15 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Jégard, premier conseiller,

Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.

Le rapporteur,

X. JÉGARDLa présidente,

S. RIMEU

La greffière,

P. LABOUREL

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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