mercredi 5 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2109621 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. CATROUX - R. 222-13 |
| Avocat requérant | LIETAVOVA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 août 2021, M. D B, représenté par Me Lietavova, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mai 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul à la suite des décisions de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur et des outre-mer au titre des infractions des 20 septembre 2020, 6 septembre 2018 et 7 janvier 2020 et 15 avril 2020 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'ajouter quatre points sur son permis de conduire à la suite à sa participation au stage de sensibilisation à la sécurité routière, et de lui restituer les points retirés à la suite des infractions commises les 6 septembre 2018, 7 janvier, 15 avril et 20 septembre 2020, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision du 21 mai 2021 est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît l'article L. 223-6 du code de la route et l'article R. 223-8 du même code, dès lors que quatre points devaient être ajoutés au solde de points attachés à son permis de conduire à la suite du stage effectué les 2 et 3 juillet 2021 ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance, pour l'ensemble des infractions qui lui sont reprochées, de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 mai 2021 ainsi qu'au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- en raison de la transmission par les services préfectoraux territorialement compétents de l'attestation de suivi d'un stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route effectué les 2 et 3 juillet 2021 par le requérant, ses services ont rectifié les informations inscrites à son dossier de permis de conduire et par cette rectification, le solde de points du permis est redevenu positif et est actuellement crédité de 2 points, de telle sorte que la décision du 21 mai 2021 a été retirée ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéficie de l'aide juridique totale par une décision du 3 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Catroux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Catroux a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 21 mai 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B à la suite des infractions au code de la route commises les 20 septembre 2020, 6 septembre 2018 et 7 janvier 2020 et 15 avril 2020 et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision " 48 SI ".
Sur l'exception de non-lieu opposée par le ministre aux conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " du 21 mai 2021 :
2. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer établit, par la production du relevé intégral des informations relatives au permis de conduire de M. B enregistrées dans le système national automatisé des permis de conduire prévu par les articles L. 225-1 du code de la route, que 4 points ont été ajoutés au capital de points attachés au permis de conduire de l'intéressé à la suite de la transmission par les services préfectoraux territorialement compétents de l'attestation de suivi d'un stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route effectué les 2 et 3 juillet 2021 par le requérant. Par suite, la décision " 48 SI " du 21 mai 2021 prononçant l'invalidation de ce permis de conduire a été retirée. Selon les mentions figurant le relevé d'information intégral, édité le 7 septembre 2021, postérieurement à l'introduction de la requête, le permis de conduire de M. B se trouve ainsi, valide et doté d'un solde de deux points sur douze. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de cette décision et sur les conclusions à fin d'injonction que les quatre points correspondants soient ajoutés au capital de points de M. B.
Sur les autres conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire :
3. Par une décision du 28 janvier 2020, régulièrement publiée le 31 janvier 2020, le ministre de l'intérieur a délégué sa signature à Mme C A, attachée principale, chef du service du service du fichier national des permis de conduire, à effet de signer les décisions de la nature de la décision " 48SI ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 21 mai 2021 doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
4. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points de l'information prévue aux articles L. 223-3 et
R. 223- 3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Son accomplissement conditionne dès lors la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Cette information doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Ni l'article L. 223-3, ni l'article R. 223-3 du code de la route n'exigent que le conducteur soit informé du nombre exact de points susceptibles de lui être retirés, dès lors que la qualification de l'infraction qui lui est reprochée est dûment portée à sa connaissance.
S'agissant de l'infraction du 20 septembre 2020 :
5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
6. Au cas présent, l'infraction commise par M. B a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé. Il s'ensuit, que l'intéressé, qui a refusé de signer le procès-verbal comme en atteste la mention par l'agent verbalisateur, a pris connaissance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.
S'agissant des infractions des 6 septembre 2018 et 7 janvier 2020 et 15 avril 2020 :
7. Il résulte de l'instruction que les infractions des 6 septembre 2018 et 7 janvier 2020 ont été constatées par procès-verbaux électroniques et ont chacune donné lieu à l'émission d'un avis de contravention en vue du règlement d'amendes forfaitaires puis d'un titre exécutoire en vue du recouvrement d'amendes forfaitaires majorées. Il ne résulte pas de l'instruction et n'est pas allégué que l'intéressé aurait payé ces amendes.
8. Le ministre fait valoir que pour chacune de ces infractions, un avis de contravention, puis un avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route application de l'article A 37-9 du code de procédure pénale ont été envoyés par courrier au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation et que l'intéressé doit donc s'être vu délivrer les informations en cause. Le ministre produit, pour l'établir, les procès-verbaux de contravention qui mentionnent l'adresse indiquée par le requérant lors de chaque interception et les bordereaux d'accompagnement comportant l'historique des documents émis, dont il résulte que les avis de contravention ont bien été envoyés par voie postale à l'adresse du requérant et que les plis ne sont pas retournés avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ". Si le requérant soutient qu'il n'est pas établi que les avis de contravention aient été reçus par lui, il ne conteste toutefois pas la valeur probante de ces historiques des documents émis. Dès lors, le ministre doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant délivré, pour les deux infractions mentionnées au point précédent, de l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que mentionnait les avis de contravention en cause.
9. S'agissant de l'infraction du 15 avril 2020, le ministre n'établit pas avoir délivré les informations préalables prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Il ne résulte de l'instruction que l'ensemble de ces informations avait bien été délivré à l'occasion de l'infraction du 7 janvier 2020, de circulation de véhicule en sens interdit, qui était d'une autre nature que celle de l'infraction du 15 avril 2020, de non-respect de l'arrêt à un feu rouge. L'intéressé a, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, été privé de la garantie tenant à la délivrance de l'ensemble de ces informations, ainsi qu'il le soutient.
10. Il résulte de ce qui précède que la décision de retrait de quatre points à la suite de l'infraction du 15 avril 2020 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que l'administration restitue à M. B les quatre points retirés à la suite de l'infraction constatée le 15 avril 2020. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à cette restitution dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI du 21 mai 2021 du ministre de l'intérieur et des outre-mer constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B et sur les conclusions à fin qu'il soit enjoint au ministre d'ajouter quatre points à ce permis à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Article 2 : La décision de retrait de quatre points à la suite de l'infraction du 15 avril 2020 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à la restitution des quatre points retirés du permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction du 15 avril 2020 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.
Le magistrat désigné,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026