vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2109673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DOUMBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 août 2021, M. A B, représenté par Me Doumbe, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 août 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de dix-huit mois ;
2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité qui ne justifie pas de sa compétence ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de forme, en ce qu'il n'a pas été rendu destinataire de l'intégralité de l'arrêté attaqué, comme en atteste la pagination incomplète de celui-ci ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation et n'ont pas été précédées de l'examen de sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation et l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable à raison de sa tardiveté ;
- subsidiairement, les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Livenais, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien né en 1998, déclare être entré irrégulièrement en France le 19 août 2014. Après avoir, à sa majorité, sollicité en vain, à plusieurs reprises, la délivrance d'un titre de séjour et s'être vu opposer par le préfet de Maine-et-Loire plusieurs décisions de refus de titre de séjour assorties de décisions portant obligation de quitter le territoire français dont la légalité a été systématiquement confirmée par jugements de ce tribunal devenus définitifs, M. B a, en dernier lieu, sollicité auprès du préfet de Maine-et-Loire son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui s'est substitué à compter du 1er mai 2021 à l'article L. 313-14 du même code. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 18 août 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture de Maine-et-Loire, qui disposait, en application d'un arrêté du 22 février 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de Maine-et-Loire d'une délégation pour signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", à l'exception de certains actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions de refus de titre de séjour, portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays de destination ni celles portant interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 18 août 2021 doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué ne comporte pas de numéro d'identification complet et soit entaché d'une erreur purement matérielle de pagination est en l'espèce sans incidence sur la légalité de la décision contestée, dans la mesure où il ressort clairement de l'arrêté attaqué, dont le défaut de numérotation n'a pas pour effet de priver le requérant d'une garantie, qu'il a été destinataire de l'ensemble des feuillets composant la décision contestée. Par suite le moyen tiré de ce que l'arrêté du 18 août 2021 serait entaché d'un vice de forme doit être écarté.
4. En troisième et dernier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la loi du 11 juillet 1979, abrogées depuis le 1er janvier 2016. En tout état de cause, l'arrêté attaqué vise les stipulations des conventions et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et mentionne en outre les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B sur lesquelles le préfet s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour, l'obliger à quitter le territoire français sans délai, fixer le pays de destination et lui interdire le retour sur le territoire français pour une durée de dix-huit mois. Par suite ces décisions sont suffisamment motivées tant en droit qu'en fait. Il ne ressort par ailleurs ni des termes de l'arrêté contesté, dont la motivation est, ainsi qu'il vient d'être dit, suffisante, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé, avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour, de l'obliger à quitter le territoire français sans délai, de fixer le pays de renvoi et de lui interdire le retour sur le territoire français pour un délai de dix-huit mois, à l'examen de la situation personnelle de M. B.
Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B, célibataire et sans enfant, se prévaut de sa présence continue en France d'une durée de sept ans à la date de la décision attaquée. Cependant, si l'intéressé soutient qu'il parle français et essaye de passer son permis de conduire, ces éléments ne sauraient suffire à démontrer qu'il aurait tissé des liens anciens, stables et intenses en France, M. B étant en particulier célibataire et sans enfant. En outre, le requérant n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où résident sa mère, ses trois sœurs et son frère. Enfin, si M. B a été pris en charge lors de son arrivée en France par l'aide sociale à l'enfance en qualité de mineur isolé et a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle portant la mention " cuisine ", ces éléments, alors même qu'il est constant que M. B est sans emploi, ne suffisent pas à caractériser l'existence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. B n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité du refus de titre de séjour qui lui a été opposé, au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de Maine-et-Loire, que les conclusions de la requête de M. B aux fins d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que ses conclusions aux fins d'injonction et sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Doumbe.
Délibéré après l'audience du 9 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
M. Huin, premier conseiller,
Mme Thierry, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAIS
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
F. HUIN
La greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
hm/cm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026