jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2109925 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 6 septembre 2021 et 1er septembre 2022, Mme D C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel le maire de Saint-Paul-Mont-Penit a refusé de lui délivrer un permis de construire un logement de fonction au sein d'un bâtiment agricole ainsi que la décision du 31 août 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Elle doit être regardée comme soutenant que les motifs de l'arrêté attaqué sont entachés d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2022, la commune de Saint-Paul-Mont-Penit, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas formée contre une décision en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés ;
- il convient de substituer aux motifs opposés dans l'arrêté attaqué le motif tiré de ce que le projet litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme.
Par une ordonnance du 17 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juillet 2024.
Par une lettre du 28 août 2024, le tribunal a invité la commune de Saint-Paul-Mont-Penit, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des pièces pour compléter l'instruction. Le 30 août 2024, la commune a produit les pièces demandées par le tribunal, qui les a communiquées à la requérante le même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huet,
- les conclusions de Mme B, rapporteuse publique,
- et les observations de Me Tertrais, représentant la commune de Saint-Paul-Mont-Penit.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C a déposé le 8 février 2021 une demande de permis pour la construction d'un logement de fonction au sein d'un bâtiment agricole situé au lieu-dit " La Gallipaudière " à Saint-Paul-Mont-Penit. Le maire de Saint-Paul-Mont-Penit a, par un arrêté du 30 juin 2021, refusé d'accorder ce permis de construire. Par un courrier du 12 juillet 2021, l'intéressée a formé un recours gracieux, qui a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 31 août 2021. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 ainsi que la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision du 30 juin 2021 a refusé à la requérante le permis de construire sollicité pour trois motifs. D'abord, le maire de Saint-Paul-Mont-Penit a retenu un premier motif tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors " qu'aucune ressource en eau [située à moins de 200 mètres des bâtiments à défendre] ne peut être retenue pour assurer la défense extérieure contre l'incendie du projet ", ainsi que l'indique le service départemental d'incendie et de secours de la Vendée dans son avis du 20 mai 2021. Ensuite, le maire de Saint-Paul-Mont-Penit a retenu un deuxième motif tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions des articles L. 111-11 du code de l'urbanisme et 2 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la communauté de communes de Vie et Boulogne dès lors " que le projet nécessite une extension du réseau électrique en souterrain d'une longueur de 330 mètres sous voie publique " et que " la commune décide de ne pas prendre en charge l'extension du réseau électrique ". Enfin, le maire de Saint-Paul-Mont-Penit a retenu un dernier motif tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article 1 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme de la communauté de commune de Vie et Boulogne dès lors " qu'il n'est pas démontré () de la nécessité d'une présence permanente [de Mme C] pour le bon fonctionnement de l'exploitation agricole ".
3. Aux termes de l'article 1 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes de Vie et Boulogne : " L'ensemble des occupations du sol sont interdites à l'exception de celles mentionnées ci-dessous. / () / Destinations et sous-destinations admises sous conditions : / - Dans l'ensemble de la zone A () : / - Les constructions et changements de destination vers l'habitat pour les personnes dont la présence permanente est nécessaire au fonctionnement de l'exploitation. () ".
4. Il est constant que Mme C était salariée depuis 2018 au sein de l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) " Plaisirs de la Savarière ", qui est constituée essentiellement d'un élevage de bovins, et que, depuis le 1er juillet 2021, elle est co-gérante avec M. A de cette entreprise. Mme C réside à une douzaine de kilomètres de cette exploitation. La requérante se borne uniquement à soutenir qu'elle " participe à l'ensemble des rendez-vous administratifs ainsi qu'aux rendez-vous avec les techniciens et commerciaux ", qu'elle est " chargée du suivi de l'élevage : inséminations, déclarations, bouclage des veaux " et qu'elle apporte son " soutien à la production laitière ". Ce faisant, la requérante ne démontre pas que sa présence permanente serait nécessaire au fonctionnement de l'exploitation agricole. De plus, alors que M. A réside déjà sur le site de l'exploitation agricole, la requérante ne démontre pas que l'activité nocturne de l'exploitation exigerait la présence continue sur place des deux exploitants. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces versées au dossier et des écritures de la requérante que sa présence permanente serait nécessaire au fonctionnement de l'exploitation agricole, au sens des dispositions citées au point précédent. Par suite, en refusant de délivrer le permis de construire sollicité pour ce motif, le maire de Saint-Paul-Mont-Penit n'a pas méconnu les dispositions de l'article 1 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes de Vie et Boulogne.
5. Il résulte de l'instruction que le motif tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article 1 du règlement de la zone A du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes de Vie et Boulogne était à lui seul de nature à justifier le refus de permis de construire qui a été opposé à Mme C et que le maire de Saint-Paul-Mont-Penit aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ce seul motif.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense ni de se prononcer sur la demande de substitution de motifs, Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel le maire de Saint-Paul-Mont-Penit a refusé de lui délivrer un permis de construire un logement de fonction au sein d'un bâtiment agricole ainsi que la décision du 31 août 2021 portant rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Saint-Paul-Mont-Penit tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Paul-Mont-Penit présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la commune de Saint-Paul-Mont-Penit.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Giraud, président,
Mme Beyls, conseillère,
M. Huet, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
F. HUET
Le président,
T. GIRAUD
Le greffier,
G. VIEL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026