vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2110078 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | LEUDET |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 septembre 2021 et le 11 août 2022 sous le n°2110078, M. C J, représenté par Me Leudet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. J a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 août 2021.
II) Par une requête et un mémoire enregistrés le 9 septembre 2021 et le 12 août 2022 sous le n°2110084, Mme D E, représentée par Me Leudet, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque ce délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français la prive de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme E a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 août 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction antérieure à l'entrée en vigueur des dispositions de l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 et du décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Livenais, président-rapporteur,
- et les observations de Me Dahani, substituant Me Leudet, représentant Mme E et M. J, en présence de Mme E et M. J
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2110078 et 2110084 ont trait aux membres d'une même famille, présentent à juger des situations semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a ainsi lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
2. M. C J, ressortissant arménien né le 8 janvier 1978 et sa compagne, Mme D E, ressortissante arménienne née le 22 décembre 1984, déclarent s'être installés en Russie en 1995 et être entrés en France le 12 juin 2015. Leur demande de reconnaissance du statut de réfugié a été rejetée par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 décembre 2015, confirmées par arrêts de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 24 novembre 2016. Les intéressés s'étant maintenus sur le territoire français et ayant demandé en vain, à plusieurs reprises, la régularisation de leur droit au séjour, ils ont sollicité en dernier lieu du préfet de la Loire-Atlantique, le 26 mai 2020, la délivrance de titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement du 7° de l'article L.313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L.313-14 du même code, dans leur rédaction alors applicable. Ces demandes ont été rejetées par deux arrêtés du préfet de la Loire-Atlantique du 22 décembre 2020 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office lorsque ce délai sera expiré et leur interdisant le retour sur le territoire pour une durée d'un an. M. J et Mme E demandent au tribunal d'annuler ces deux arrêtés.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
3. Les arrêtés attaqués ont été signés par Mme H G, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par un arrêté du 12 octobre 2020, paru au recueil des actes administratifs de la préfecture n°126 du même jour, le préfet de la Loire-Atlantique lui a accordé délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi ainsi que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit dès lors être écarté comme manquant en fait.
Sur la légalité des décisions portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, contrairement à ce que soutiennent M. J et Mme E, il ne ressort pas des termes des décisions attaquées que le préfet de la Loire-Atlantique n'aurait pas procédé à un examen complet et sérieux de leur situation personnelle et familiale avant de prendre à leur encontre les décisions portant refus de titre de séjour.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers dans sa rédaction applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / ()7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France, appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'intéressé, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine, sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. En outre, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
6. M. J et Mme E, dont le séjour en France, quoi qu'essentiellement irrégulier, était d'une durée de six ans à la date de la décision attaquée, soutiennent avoir leurs intérêts familiaux en France du fait de la présence de leurs deux enfants, B et F, et de membres de la famille de M. J. Toutefois, les pièces produites par les requérants dans les présentes instances ne permettent pas d'apprécier la réalité et l'intensité des relations entretenues avec ces derniers. En outre, il n'est pas établi par les pièces du dossier que les deux enfants mineurs des requérants, nées en 2015 et 2017, ne pourraient accompagner leurs parents dans leur pays d'origine ou en Russie, Etat dans lequel Mme E et M. J ont résidé, selon leurs dires, durant près de vingt ans, et y reconstituer la cellule familiale, le niveau de scolarité des jeunes B et F ne faisant pas obstacle à un tel retour. Au demeurant, si les requérants soutiennent également que la jeune B souffre d'un trouble anxieux d'intensité sévère associé à un retard sévère de langage oral, constaté par le docteur I, praticien hospitalier au CHU de Nantes, ils n'établissent pas que la jeune B ne pourrait bénéficier d'un suivi approprié à son état dans son pays d'origine. Par ailleurs, si Mme E et M. J excipent de l'état de santé de cette dernière, il est constant qu'elle n'a pas demandé de titre de séjour sur ce fondement. Enfin, les intéressés, qui ne justifient pas d'une particulière insertion sur le territoire français, ne justifient pas être isolés dans leur pays d'origine où ils ont nécessairement conservé des attaches culturelles et linguistiques, ni d'ailleurs en Russie où, ainsi qu'il a été rappelé, ils ont séjourné pendant vingt ans. Dans ces conditions, M. J et Mme E ne sont pas fondés à soutenir que les décisions par lesquelles le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de leur délivrer un titre de séjour méconnaîtraient les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, les décisions ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle et familiale des requérants.
7. En troisième lieu, l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée au 1° de l'article L. 313-10 sur le fondement du troisième alinéa de cet article peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 311-7. / () L'autorité administrative est tenue de soumettre pour avis à la commission mentionnée à l'article L. 312-1 la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par l'étranger qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans. ".
8. M. J et Mme E se prévalent des mêmes éléments, notamment familiaux et médicaux, que ceux évoqués précédemment. Ces éléments ne suffisent toutefois pas à eux seuls à caractériser l'existence de considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une méconnaissance de ces dispositions en refusant aux intéressés les titres de séjour sollicités.
9. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement et tenant en particulier à l'âge, au niveau de scolarité et à la prise en charge médicale des enfants de A E et de M. J, l'intérêt supérieur des jeunes B et F résidant essentiellement dans le maintien de la cellule familiale qu'elles constituent avec leurs parents, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions contestées méconnaissent les stipulations précitées de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui résulte des points précédents, le moyen tiré, par voie de conséquence, de l'illégalité de ces décisions, que M. J et Mme E invoquent à l'encontre des décisions les obligeant à quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
12. En deuxième lieu, il ressort des termes des décisions attaquées que le préfet de la Loire-Atlantique a procédé à un examen réel et sérieux de la situation des requérants avant de prendre les décisions les obligeant à quitter le territoire français.
13. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le préfet n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les stipulations de l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, en prenant à l'encontre des intéressés les décisions portant éloignement querellées. Pour les mêmes motifs, les décisions ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle des intéressés.
Sur la légalité des décisions fixant le pays de destination :
14. L'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, eu égard à ce qui résulte des points précédents, le moyen tiré, par voie de conséquence, de l'illégalité de ces décisions, que M. J et Mme E invoquent à l'encontre des décisions fixant le pays de destination, ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité des décisions portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an :
15. En premier lieu, l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce qui vient d'être dit, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de ces décisions, que M. J et Mme E invoquent à l'encontre des décisions portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an, ne peut qu'être écarté.
16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " () III - L'autorité administrative, par une décision motivée, assortir l'obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée maximale de trois ans à compter de sa notification, lorsque aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger ou lorsque l'étranger n'a pas satisfait à cette obligation dans le délai imparti. () ".
17. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. J et Mme E ne justifient pas d'une intégration particulière sur le territoire français, sur lequel ils n'établissent séjourner que depuis six ans. En outre, les intéressés se sont maintenus sur le territoire après avoir fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement. Enfin, il n'est pas sérieusement contesté que les requérants ont été condamnés respectivement pour conduite d'un véhicule sans permis de conduire et vol en réunion. Dans ces conditions, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en interdisant aux requérants le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
18. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été démontré précédemment que M. J et Mme E ne sont pas fondés à soutenir que le préfet, en leur interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Pour les mêmes motifs, les décisions ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle et familiale des requérants.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. J et Mme E aux fins d'annulation des arrêtés attaqués doivent être rejetées, ainsi par voie de conséquence que leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et leurs demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. J et Mme E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C J, à Mme D E, à Me Leudet et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
Y. LIVENAISL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
V. ROSEMBERGLe greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2, 2110084
vb/ell
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026