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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2110190

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2110190

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2110190
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPOULARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2021, M. E B D, représenté par Me Poulard, demande au tribunal :

1°) d'annuler, d'une part, la décision du 18 août 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié sa sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile avant le 21 août 2021 et, d'autre part, la décision du 23 août 2021 par laquelle cette même autorité a mis fin à son droit à l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 30 avril 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions attaquées sont entachées d'un vice d'incompétence ;

- elles ont été prises en méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il était titulaire d'une attestation de demande d'asile valable jusqu'au 31 décembre 2021.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'invitation faite à M. B D de quitter l'hébergement qu'il occupe et contre l'attestation de fin de droit, qui ne sont pas des décisions faisant grief, sont irrecevables.

M. B D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 septembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D, ressortissant égyptien, est entré en France le 28 juin 2019 et a déposé une demande d'asile à la préfecture de la Loire-Atlantique, enregistrée le 23 septembre 2019. Il a accepté à cette date, pour lui-même, les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Le 29 octobre 2020, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) par un jugement du 23 avril 2021. Le 27 mai 2021, l'intéressé a déposé un recours en rectification d'erreur matérielle auprès de la CNDA. M. B D demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision du 18 août 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'OFII lui a notifié sa sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile avant le 21 août 2021 et, d'autre part, la décision du 23 août 2021 par laquelle elle a mis fin à son droit à l'allocation pour demandeur d'asile à compter du 30 avril 2021.

2. En premier lieu, les décisions attaquées ont été signées par Mme A C, directrice territoriale de l'OFII. Par une décision du 3 juin 2021, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur, le directeur général de l'OFII a donné délégation à Mme C à l'effet de signer, notamment, les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile, lesquelles relèvent des missions dévolues à la direction de Nantes telles que définies par la décision du 31 décembre 2013 portant organisation générale de l'OFII qui prévoit, en son article 8, que " les directions territoriales sont responsables, sur leur territoire de compétence, de la mise en œuvre des missions de l'OFII ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". Par ailleurs, l'article L. 551-11 du même code dispose : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. ". Enfin, aux termes de l'article L. 551-13 du code précité : " Le versement de l'allocation pour demandeur d'asile prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2. () ".

4. Il est constant que la demande d'asile présentée par M. B D a été rejetée par le directeur général de l'OFPRA le 29 octobre 2020 et que la CNDA a confirmé cette décision par une décision du 23 avril 2021, date à laquelle le droit de l'intéressé de se maintenir sur le territoire français a pris fin, ainsi que, par voie de conséquence, son droit à bénéficier d'un hébergement et du versement de l'allocation pour demandeur d'asile, en application des dispositions citées au point précédent. La circonstance que M. B D se soit vu délivrer un récépissé de demandeur d'asile valable jusqu'au 31 décembre 2021 à la suite d'une demande de rectification d'erreur matérielle de la décision précitée de la CNDA est sans incidence sur l'appréciation de son droit au maintien. Par suite, le moyen tiré de ce que l'OFII aurait méconnu les dispositions de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'OFII, M. B D n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions qu'il conteste. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B D, à Me Poulard et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 27 août 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 septembre 2024.

Le rapporteur,

M. BARÈSLe président,

C. CANTIÉ

La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. DUMONTEIL

No 2110190

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