lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2110592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DESFRANCOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2021, M. A B C, représenté par Me Desfrançois, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai d'un mois et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- elle n'est pas suffisamment motivée ; le préfet se borne à mentionner l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) sans faire apparaître un élément circonstancié quant à sa situation particulière ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen approfondi de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu le 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il remplit toutes les conditions lui permettant d'obtenir un titre de séjour en qualité d'étranger malade ; l'arrêt de ses traitements aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; il souffre de troubles psychiatriques et psychologiques qui nécessitent un suivi et un traitement médicamenteux auxquels il ne pourrait avoir accès en cas de retour au Nigeria ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que le préfet a indiqué que l'intéressé avait quitté son pays à l'âge de trente-quatre ans alors qu'il a quitté son pays à l'âge de vingt-cinq ans ;
- le préfet a méconnut l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il a tissé des liens personnels en France par le biais du tissu associatif, notamment l'association Nosig ; il n'a jamais engendré d'enfant sur son territoire natal ; en revanche, il doit devenir parent en France ; la décision attaquée l'éloignerait de son enfant à naître ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- son annulation sera prononce par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour
- pour les raisons indiquées ci-dessus, le préfet a méconnu le 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a méconnu l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- le préfet a méconnu les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. B C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martin, président-rapporteur,
- et les observations de Me Desfrançois, représentant Mr B C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B C, ressortissant nigérian né le 1er janvier 1984, déclare être entré irrégulièrement en France le 6 août 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 27 mars 2019 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 15 novembre 2019. Le 13 mars 2020, M. B C a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé, sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou pour des raisons humanitaires, sur le fondement de l'article L. 313-14 du même code. Le 30 décembre 2020, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a, dans le cadre de l'instruction de la demande de titre de séjour de l'intéressé, rendu un avis selon lequel si l'état de santé de M. B C nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Faisant sien cet avis, le préfet de la Loire-Atlantique a, par un arrêté du 9 avril 2021, rejeté la demande de titre de séjour, fait obligation à M. B C de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixé le Nigeria comme pays de destination. Par la présente requête, M. B C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de séjour, vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application, notamment les articles L. 313-11, 11° et L. 313-14, ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait également état de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 30 décembre 2020 mentionné au point 1. En outre, l'arrêté indique que M. B C pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et qu'il ne peut se prévaloir d'aucun motif exceptionnel ou considération humanitaire justifiant son admission exceptionnelle au séjour. Il relève que l'intéressé participe à des activités associatives au sein du centre NOSIG-LGBTI+ de Nantes. Enfin, il ajoute que M. B C est présent depuis deux ans et demi sur le territoire français, qu'il ne peut se prévaloir de liens personnels et familiaux en France tels qu'au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité il serait porté une atteinte manifestement excessive à son droit au respect de la vie privée et famille et qu'aucun obstacle socio-professionnel ne l'empêche de se réinstaller au sein de son pays d'origine, où il a vécu la majeure partie de sa vie et où réside son enfant. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué doit être regardé comme étant suffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, M. B C soutient que, contrairement à ce que le préfet a mentionné dans les motifs de sa décision, il n'a aucun enfant au Nigeria et a quitté ce pays en 2009, à l'âge de 25 ans et non de 34 ans. Il ajoute qu'en revanche, il devrait devenir père d'un enfant en France. Il ressort cependant du formulaire renseigné par le requérant le 22 juillet 2020, dans le cadre de l'instruction de sa demande de titre de séjour, qu'il avait alors lui-même mentionné l'existence d'un enfant né en mai 1999 et demeurant au Nigéria. Ainsi et eu égard à la motivation rappelée au point 2, le préfet, alors même qu'il s'est trompé sur la date à laquelle M. B C a quitté le Nigéria, doit être regardé comme ayant bien procédé à un examen suffisamment précis de la situation personnelle du requérant avant de rejeter sa demande de titre de séjour.
4. En troisième lieu, aux termes du 11° de l'article L. 313-11 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
5. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII venant au soutien de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour, dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
6. Comme il a été dit, le collège de médecins de l'OFII a estimé, dans son avis du 30 décembre 2020 que le préfet s'est approprié, que, si l'état de santé de M. B C nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de celle-ci ne devrait pas entraîner pour l'intéressé des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine.
7. M. B C, pour contester cette appréciation, fait valoir qu'il souffre depuis treize ans de troubles psychiatriques et psychologiques nécessitant un suivi et un traitement médicamenteux et que l'arrêt de cette prise en charge, dont il bénéficie en France et à laquelle il n'aurait pas accès au Nigéria, aurait pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ressort des documents versés au dossier par le requérant qu'il fait l'objet d'un suivi psychiatrique régulier à raison d'une à deux consultations par mois au centre hospitalier universitaire de Nantes depuis le 7 avril 2020. Par ailleurs, les ordonnances qu'il produit attestent que lui est prescrit depuis le 30 mars 2020 un traitement médicamenteux composé de tercian, deroxat et zyprexa. Ces médicaments sont des antidépresseurs et des neuroleptiques. Toutefois, si le requérant soutient de façon générale que la gravité des troubles mentaux est généralement sous-évaluée alors qu'ils sont à l'origine d'un grand nombre de suicides, il ne démontre pas ainsi, en l'absence d'un certificat circonstancié d'un médecin psychiatre sur son état de santé à la date de la décision attaquée, qu'il serait lui-même sujet à un risque suicidaire. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin d'examiner la disponibilité effective de son traitement dans son pays d'origine, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à M. B C un titre de séjour en raison de son état de santé. Il n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1 Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
9. M. B C soutient qu'il a fui son pays d'origine en 2009 en raison des violences physiques et psychiques dont il aurait été victime de la part de membres de sa famille qui lui auraient reproché son homosexualité. Il indique que son compagnon est décédé de ces violences et qu'à la suite de ce décès, la famille de ce dernier l'aurait menacé et incendié la maison de ses parents. Il ajoute que son père serait mort dans l'incendie. Il soutient que l'essentiel de ses liens personnels sont désormais en France notamment auprès des membres de l'association Nosig-LGBTQI+ dont il est adhérent depuis le 18 avril 2019 et dont il rencontre régulièrement certains bénévoles. Toutefois, les attestations rédigées par ces bénévoles, selon lesquelles M. B C reste traumatisé par ce qu'il a vécu au Nigeria puis en Libye avant de venir en France ainsi que par ses conditions de vie dans ce dernier pays ne suffisent pas à établir, alors que l'intéressé séjournait depuis moins de trois ans sur le territoire français à la date de la décision attaquée, de l'intensité, la stabilité et l'ancienneté de ses attaches sur le sol français. En outre, il ressort de la décision de la Cour nationale du droit d'asile du 15 novembre 2019 rejetant la demande d'asile de M. B C que cette juridiction n'a pas tenu pour établis les faits allégués et pour fondées les craintes énoncées par l'intéressé. L'allégation de celui-ci sur sa future paternité en France n'est assortie d'aucune précision ni justification. Enfin, le requérant ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle sur le territoire français. Par suite, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B C, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts pour lesquels elle a été prise. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces stipulations doivent être écartés.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour n'étant pas annulée, M. B C n'est pas fondé à se prévaloir de cette annulation pour demander par voie de conséquence celle de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () ". Pour les motifs exposés au point 7, les éléments produits ne sont pas de nature à établir que l'interruption de la prise en charge médicale nécessitée par l'état de santé de M. B C entrainerait pour celui-ci des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, en faisant obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le préfet n'a pas porté au droit de M. B C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être rejeté. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle du requérant.
13. En quatrième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". M. B C n'apporte aucun élément au soutien de son allégation selon laquelle il va devenir père d'un enfant en France. En tout état de cause, les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant ne peuvent être utilement invoquées dans le cas d'un enfant à naître. Dès lors le moyen tiré de ce que la décision litigieuse aurait méconnu les stipulations précitées doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, la décision vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne que M. B C, de nationalité nigériane, n'établit que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'il y est exposé à des peines ou traitements contraires à l'article 3 précité dans la mesure où sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile a été rejetée et qu'il n'a produit aucun élément qui justifierait d'un risque en cas de retour dans son pays d'origine. Cette décision est ainsi suffisamment motivée en droit comme en fait. Il ressort de cette motivation que le préfet n'a pas fondé exclusivement sa décision sur le rejet de sa demande d'asile et a bien procédé à un examen précis de la situation personnelle du requérant avant de fixer le pays de destination.
15. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 513-2 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
16. M. B C soutient qu'il a été victime de violences de la part de sa famille au Nigéria en raison de son orientation sexuelle, que ces violences ont entrainé le décès de son compagnon et qu'un retour dans son pays l'exposerait à des risques graves pour sa vie et sa liberté en raison de la pénalisation de l'homosexualité et de la stigmatisation de l'homosexualité qui y prévalent. Il ajoute qu'il serait victime d'une double stigmatisation en raison de ses troubles psychiatriques et qu'aucun traitement adapté à son état de santé ne serait disponible au Nigéria. Il verse au dossier de nombreux documents de portée générale sur la manière dont sont traitées au Nigeria les personnes souffrant de troubles psychiatriques mais n'apporte toutefois aucun élément suffisamment probant permettant d'établir qu'il encourrait personnellement, en cas de retour dans son pays, des risques pour sa vie ou sa liberté ou qu'il y serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants, ni, ainsi qu'il a été dit au point 7, que le défaut de prise en charge médicale entrainerait des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé. Au demeurant, les mêmes craintes qu'il a évoquées dans sa demande d'asile ont été écartées comme non établies par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas méconnu les stipulations et dispositions citées au point 15 en fixant le pays de destination et n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 9 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
18. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. B C entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
19. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B C au profit de son conseil, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Théo Desfrançois.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTINL'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSE
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
em
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026