mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2110882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. CATROUX - R. 222-13 |
| Avocat requérant | MAUDET-CAMUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 29 septembre 2021, 24 novembre 2021 et 12 octobre 2022, M. A B, représenté par la S.A.R.L. interbarreaux MAUDET-CAMUS, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points qu'il conteste, dans un délai de 8 jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et retirer la décision 48SI en date du 8 juillet 2022 en raison de son caractère manifestement illégal ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 9 avril 2021 est illégale, dès lors que la réalité des infractions commises les 2 janvier 2020 et 3 mars 2020 n'était pas établie par des condamnations définitives, dès lors qu'il a interjeté appel, dans le délai légal, des jugements du tribunal de police de Nantes des 23 novembre 2020 et 15 mars 2021 le condamnant à des amendes ;
- l'annulation de la décision du 9 avril 2021 doit entraîner nécessairement le retrait de la décision du 8 juillet 2022 prononçant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de point nul, dès lors qu'il a effectué un stage de récupération de points les 8 et 9 novembre 2021 alors que son permis de conduire était encore valide.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministre de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°) du code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Catroux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Catroux,
- et les observations de Me Le Rouzic, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 9 avril 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B à la suite notamment des infractions au code de la route commises les 2 janvier 2020 et 3 mars 2020 et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision " 48 SI ".
Sur l'étendue du litige :
2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.
3. Il résulte de l'instruction que la décision " 48 SI " du 9 avril 2021 prononçant l'invalidation du permis de conduire de l'intéressé pour solde de points nul a été retirée en cours d'instance du fait de l'édiction d'une nouvelle décision " 48SI " du 8 juillet 2022 ayant le même objet. La requête, qui comporte au demeurant des conclusions à fin qu'il soit enjoint au ministre de retirer cette dernière décision, doit, dès lors, être regardée comme tendant également à l'annulation de cette décision.
4. Il résulte aussi de l'instruction que le retrait de la décision " 48 SI " du 9 avril 2021 a acquis un caractère définitif. Il n'y a plus lieu, dès lors, de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale et le rejet du recours gracieux de l'intéressé, qui ont perdu leur objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () / La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
6. D'autre part, l'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. En particulier le 6° de cet article prévoit l'enregistrement dans ce système " de toutes décisions judiciaires à caractère définitif en tant qu'elles portent restriction de validité, suspension, annulation et interdiction de délivrance du permis de conduire, ou qu'elles emportent réduction du nombre de points du permis de conduire ainsi que de l'exécution d'une composition pénale ". En vertu de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministère de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 (4°, 5°, 6° et 7°), devenu l'article L. 225-1 (3°, 4°, 5° et 6°), du code de la route, les informations mentionnées au 6° de l'article L. 225-1 du code de la route, sont communiquées par l'officier du ministère public par support ou liaison informatique. Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention d'une condamnation pénale devenue définitive. La preuve du caractère inexact d'une telle mention incombe au titulaire du permis de conduire.
7. M. B produit les déclarations d'appel qui établissent qu'il a interjeté appel, le 27 novembre 2020, du jugement du tribunal de police de Nantes du 23 novembre 2020 le condamnant à une amende contraventionnelle pour l'infraction commise le 3 mars 2020 et qu'il a également interjeté appel, le 19 mars 2021, du jugement du tribunal de police de Nantes du 15 mars 2021 le condamnant à une amende contraventionnelle pour l'infraction commise le 2 janvier 2020. De tels appels ont, dès lors, suspendu l'exécution des jugements condamnant le requérant. Ce dernier établit, dès lors, l'inexactitude des mentions portées sur le relevé intégral issue du système national des permis de conduire quant au caractère définitif de ces infractions, qui ont fondé la décision du 9 avril 2021. Les condamnations du requérant pour les infractions des 2 janvier 2020 et 3 mars 2020 ne sont devenues définitives que par l'intervention des arrêts rendus par la cour d'appel de Rennes le 15 novembre 2021, produits par le ministre. Le requérant est, dès lors, fondé à soutenir que le solde de points de son permis de conduire n'était pas nul à la date du 9 avril 2021.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () / Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes du II de l'article R. 223-8 du même code : " L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire ".
9. M. B justifie avoir effectué un stage de sensibilisation à la sécurité routière, les 8 et 9 novembre 2021, plus d'un an après son dernier stage de même nature, et alors que son permis de conduire était encore valide compte tenu de ce qui précède. Il est fondé, dès lors, à soutenir que quatre points devaient être ajoutés à l'issue de ce stage au capital des points attachés à son permis de conduire.
10. Compte tenu du capital de points attachés au permis de conduire de l'intéressé, avant que ses condamnations pour les infractions des 2 janvier 2020 et 3 mars 2020 deviennent définitives, qui était de 7 points tel que cela résulte du relevé intégral d'information et des 4 points récupérés au 10 novembre 2021 à la suite de son stage, les pertes de 6 et 3 points à la suite des infractions du 2 janvier 2020 et 3 mars 2020 n'entraînaient pas nécessairement un solde de points nul.
11. Il résulte de ce qui précède que la décision " 48SI " du 8 juillet 2022 prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. L'exécution du présent jugement implique nécessairement mais seulement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir le bénéfice des 4 points à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 8 et 9 novembre 2021 par M. B en en tirant toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le droit à conduire de l'intéressé. Il y a lieu, par suite, de lui enjoindre de procéder à ce rétablissement dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI du 9 avril 2021 du ministre de l'intérieur et des outre-mer constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B et la décision rejetant le recours gracieux de ce dernier.
Article 2 : La décision 48SI du 8 juillet 2022 du ministre de l'intérieur et des outre-mer constatant la perte de validité du permis de conduire de M. B est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'ajouter quatre point au capital de points du permis de conduire de M. B, pour tenir compte des points récupérés au 10 novembre 2021 à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 8 et 9 novembre 2021 en en tirant toutes les conséquences à la date de sa nouvelle décision sur le droit à conduire de l'intéressé.
Article 4 : L'Etat versera à M. B la somme de 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le magistrat désigné,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026