mercredi 19 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2110947 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : M. CATROUX - R. 222-13 |
| Avocat requérant | SCP ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2021, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points prises par le ministre de l'intérieur et des outre-mer au titre des infractions des 25 janvier 2017 et 9 mars 2017, 19 mai 2017, 5 novembre 2017, 12 juillet 2014, 20 août 2017 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points qu'il conteste et de reconstituer le capital de points attachés à son permis de conduire, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 14 septembre 2021 méconnaît l'article L. 223-6 du code de la route, dès lors qu'un délai de trois ans sans infractions susceptibles de retirer des points du permis de conduire s'est écoulé depuis l'infraction du 5 novembre 2017 et qu'à l'issue de ce délai son permis est affecté du nombre maximal de points ;
- la décision du 14 septembre 2021 méconnaît l'article R. 223-6 du code de la route, dès lors que quatre points devaient être ajoutés à son permis de conduire, à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 18 et 19 aout 2021 avant la notification de la décision contestée ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de la délivrance, pour l'ensemble des infractions qui lui sont reprochées, de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer s'agissant des conclusions à fin d'annulation de la décision du 14 septembre 2021 et des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 25 janvier 2017 et 9 mars 2017 et des conclusions à fin qu'il soit enjoint d'ajouter 4 points à son permis de conduire à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 18 et 19 aout 2021 ainsi qu'au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il résulte du relevé d'information intégral édité au 26 novembre 2021 que les mentions afférentes aux infractions commises les 25 janvier 2017 et 9 mars 2017 ont été supprimées et que ces dernières n'entraînent donc plus de retrait de points ; le solde de point affecté à son permis est positif, l'administration étant, dès lors, réputée avoir retiré la décision 48 SI portant invalidation du permis de conduire pour solde de points nul ; il ressort des mentions du relevé d'information intégral que le stage effectué les 18 et 19 août 2021 a donné lieu le 19 novembre 2021 à un ajout de 4 points et que l'intéressé dispose de 6 points sur son titre de conduire ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Catroux, premier conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Catroux a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 14 septembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B à la suite des infractions au code de la route commises les 25 janvier 2017 et 9 mars 2017, 19 mai 2017, 5 novembre 2017, 12 juillet 2014, 20 août 2017 et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision " 48 SI " et des décisions de retrait de points correspondant à ces infractions.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le ministre sur les conclusions tenant à l'annulation des décisions de retrait de points prises à la suite de l'infraction commise le 25 janvier 2017 et 9 mars 2017 et de la décision " 48 SI " du 14 septembre 2021 :
2. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer établit, par la production du relevé intégral des informations relatives au permis de conduire de M. B enregistrées dans le système national automatisé des permis de conduire prévu par les articles L. 225-1 du code de la route, que, postérieurement à l'introduction de la requête, les décisions de retrait de points prises à la suite des infractions commises les 25 janvier 2017 et 9 mars 2017 ont été retirées, ainsi que la décision " 48 SI " du 14 septembre 2021 prononçant l'invalidation de ce permis de conduire. Ce permis de conduire se trouve ainsi, selon les mentions figurant le relevé d'information intégral, valide et doté d'un solde de six points sur douze. Il résulte également de l'instruction que quatre points ont été ajoutés au 20 août 2021 au capital de points du permis de l'intéressé.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de ces décisions de retrait de points et de la décision " 48 SI " du 14 septembre 2021 et sur les conclusions à fin d'injonction que les points correspondant à ces retraits de points et au stage de sensibilisation à la sécurité routière soient ajoutés au capital de points de M. B.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 223-6 du code de la route :
4. Il résulte du relevé intégral des informations relatives au permis de conduire de M. B que ce dernier a commis depuis l'infraction du 5 novembre 2017 d'autres infractions susceptibles de retirer des points du permis de conduire, dans le délai de trois ans prévu par l'article L. 223-6 du code de la route. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut, dès lors, qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
5. La délivrance au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223- 3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Son accomplissement conditionne dès lors la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé. Cette information doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende établit la réalité de l'infraction dont la qualification est précisée et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction. Ni l'article L. 223-3, ni l'article R. 223-3 du code de la route n'exigent que le conducteur soit informé du nombre exact de points susceptibles de lui être retirés, dès lors que la qualification de l'infraction qui lui est reprochée est dûment portée à sa connaissance.
S'agissant de l'infraction du 19 mai 2017 :
6. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
7. L'intéressé, qui s'est acquitté de l'amende forfaitaire, comme cela résulte des mentions figurant au système national des permis de conduire, doit ainsi être regardé comme ayant nécessairement reçu l'avis de contravention se rapportant à l'infraction en cause qui a été constatée par radar automatique. Par ailleurs, M. B n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait été destinataire d'un avis de contravention inexact ou incomplet. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme établissant la preuve de délivrance de l'information préalable prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant de l'infraction du 5 novembre 2017 :
8. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
9. Au cas présent, l'infraction commise par M. B a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé. Il s'ensuit, que l'intéressé a pris connaissance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sous lesquelles il a apposé sa signature. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 20 août 2017 :
10. L'infraction du 20 août 2017, qui consiste dans un excès de vitesse inférieur à 20 km/h a été constatée par radar automatique. Elle a donné lieu à l'émission d'une amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé aurait payé cette amende. Le ministre n'établit pas, ainsi, s'être acquitté envers le titulaire du permis de son obligation d'information prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
11. Toutefois, eu égard à ce qui précède, l'intéressé, s'était vu délivrer cette information, peu avant, à la suite de l'infraction du 19 mai 2017, également un excès de vitesse de moins de 20 km/h constaté par radar automatique. Il n'a pas, dès lors, dans les circonstances de l'espèce, été privé de la garantie tenant à la délivrance des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
S'agissant de l'infraction du 12 juillet 2014 :
12. Le ministre de l'intérieur n'établit pas et il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé se serait vu délivrer l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-3 et R.223-3 du code de la route à l'occasion de cette infraction qui a donné lieu à l'exécution d'une composition pénale. Le requérant doit, dès lors, être regardé comme ayant été privé, dans les circonstances de l'espèce, de la garantie tenant à la délivrance de ces informations.
13. Il résulte de ce qui précède que la décision de retrait de 6 points du permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction du 12 juillet 2014 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir le bénéfice des points retirés à la suite de l'infraction du 12 juillet 2014. Il y a lieu, par suite, de lui enjoindre de procéder à ce rétablissement dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points attachés au permis de conduire de M. B à la suite des infractions des 25 janvier 2017 et 9 mars 2017 et de la décision " 48SI " du 14 septembre 2021 du ministre de l'intérieur et des outre-mer constatant la perte de validité du permis de conduire de l'intéressé, ni sur les conclusions à fin qu'il soit enjoint au ministre d'ajouter au capital de points du permis de conduire de l'intéressé les points correspondant à ces retraits ainsi que quatre points à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Article 2 : La décision de retrait de 6 points du capital de points du permis de conduire de M. B à la suite de l'infraction du 12 juillet 2014 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir le capital de points du permis de conduire de M. B, en tenant compte de l'annulation de la décision de retrait de points prononcée à l'article 2 du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. B la somme de 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.
Le magistrat désigné,
X. CATROUX
La greffière,
V. MALINGRELa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026