mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2110995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARTIN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er octobre 2021 et le 21 juillet 2023, la société CCY Investissements, représentée par le cabinet Martin Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 12 avril 2021 par laquelle la commune de Saint-Hilaire-de-Riez a renoncé à poursuivre l'exécution du compromis de vente de " l'îlot Jeanne d'Arc " conclu le 13 mars 2014, ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez la somme de
3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conseillers municipaux n'ont pas reçu les informations nécessaires à la délibération, en méconnaissance des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise au-delà du délai de retrait de quatre mois institué à l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er février 2023 et le 1er août 2023, la commune de Saint-Hilaire-de-Riez, représentée par le cabinet Goutal Alibert et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la société CCY Investissements au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société CCY Investissements ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme El Mouats-Saint-Dizier,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- et les observations de Me Laville-Collomb, avocate de la société CCY Investissements, et de Me Mascri, avocat de la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Saint-Hilaire-de-Riez est propriétaire d'une réserve foncière dénommée " îlot Jeanne d'Arc ". Par une délibération du 12 mars 2014, le conseil municipal de la commune a autorisé le maire à signer un compromis de vente pour la cession des terrains de l'îlot Jeanne d'Arc à la société CCY Investissements, lauréate de l'appel à projet de réalisation d'un centre de thalassothérapie. Le compromis de vente a été signé le 13 mars 2014. Par une délibération du 12 avril 2021, le conseil municipal de la commune a renoncé à la poursuite de l'exécution du compromis de vente et au projet associé. Le 3 juin 2021, la société CCY Investissements a formé un recours contre cette délibération, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, la société CCY Investissement demande l'annulation de la délibération du 12 avril 2021 et de la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. () ". Aux termes de l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". Il résulte de ces dispositions que les documents joints à la convocation adressée par le maire aux membres du conseil municipal en vue de la séance doivent comprendre une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération afin de permettre aux membres de l'organe délibérant de disposer d'une information suffisante pour se prononcer en toute connaissance de cause. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions. Elle n'impose pas de joindre à la convocation adressée aux intéressés une justification détaillée du bien-fondé des propositions qui leur sont soumises.
3. Il ressort des pièces du dossier que la note explicative de synthèse rappelle le contexte de l'affaire, en se référant notamment au compromis de vente signé le 13 mars 2014. Les élus municipaux, qui ont été informés de la localisation du projet et de l'opération envisagée, ont ainsi eu accès aux raisons conduisant à la renonciation, en particulier le défaut de réalisation des conditions suspensives de la vente, lesquelles figurent dans la note explicative. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Selon l'article L. 211-2 du même code : " () doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
5. En l'espèce, d'une part, le compromis de vente, qui fait suite à la délibération du
12 mars 2014, stipule des conditions suspensives à l'acte de vente, tenant à l'obtention des autorisations d'urbanisme et à la signature d'une convention d'objectifs et de moyens. D'autre part, la délibération du 31 octobre 2014 autorise le maire à signer le contrat de vente, sous réserve de la réalisation des mêmes conditions suspensives. Ainsi, ces deux délibérations des 12 mars 2014 et 31 octobre 2014 sont entachées de conditions suspensives et ne créent pas de droit au maintien de leurs effets. Elles ne peuvent donc être regardées comme des décisions créatrices de droit. En outre, et en tout état de cause, la délibération attaquée, qui se borne à constater que les conditions suspensives n'ont pas été réalisées, ne retire ni n'abroge les délibérations du 12 mars 2014 et du 31 mars 2014 Par suite, cette délibération n'était pas soumise au respect d'une procédure contradictoire. La société ne peut donc utilement soutenir que le conseil municipal a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 243-3 du même code : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction. ".
7. Ainsi qu'il a été dit au point 5, la délibération attaquée se borne à constater que les conditions suspensives n'ont pas été réalisées dans les sept années suivant la conclusion du compromis de vente, alors que la cession était initialement prévue pour l'année 2015. Si la délibération renonce à poursuivre l'exécution du contrat et à réaliser le projet envisagé, elle ne retire pas pour autant les délibérations précédentes relatives à la cession. Par suite, la société requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées des articles L. 242-1 et L. 243-3 du code des relations entre le public et l'administration.
8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune a renoncé au projet plus de sept ans après la conclusion du compromis de vente, alors que l'acte authentique de cession aurait dû être signé au plus tard le 31 juillet 2015. Deux permis de construire successifs ont été annulés par le tribunal administratif de Nantes le 14 novembre 2017 et le 29 octobre 2021 et il ne ressort pas des pièces du dossier que la société a obtenu par la suite une nouvelle autorisation d'urbanisme. En outre, la société ne conteste pas que la convention d'objectifs et de moyens n'a jamais été signée. Dans ces conditions, la société CCY Investissements n'est pas fondée à soutenir que la commune aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en décidant de renoncer au projet de vente de l'îlot Jeanne d'Arc.
9. Il résulte de ce qui précède que la société CCY Investissements n'est pas fondée à demander l'annulation de la délibération du 12 avril 2021 ainsi que de la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société CCY Investissements une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société CCY Investissements est rejetée.
Article 2 : La société CCY Investissements versera à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société CCY Investissements et à la commune de Saint-Hilaire-de-Riez.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
La rapporteuse,
M. A
SAINT-DIZIER
La présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026