lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111272 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, M. D A, représenté par Me Rodrigues-Devesas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 75 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ; elle ne permet pas de s'assurer qu'un examen précis et approfondi de sa situation individuelle a bien été réalisé ;
- la régularité de la procédure suivie devant l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'est pas établie en ce que le préfet ne lui a pas communiqué l'avis rendu le 1er mars 2021 par le collège des médecins de cet Office ; il n'est pas démontré que l'avis résulte d'une délibération effectivement collégiale et non de l'addition d'avis rendus individuellement par chacun des médecins, à des dates différentes ; la non-participation du médecin rapporteur à la délibération du collège n'est pas démontrée ; il a été privé de garanties ;
- le préfet a méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il souffre de troubles psychologiques et de séquelles physiques, suite à l'agression dont il a été victime en Guinée du fait de son orientation sexuelle ; son état de santé nécessite un suivi dont il ne pourrait bénéficier en Guinée, où l'homosexualité est interdite ;
- le préfet a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il est présent en France depuis juillet 2017, s'investit au sein de l'association Nosig et bénéficie d'un suivi médical pour ses troubles physiques et psychologiques ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation ; il est terrorisé à l'idée de retourner en Guinée, même s'il y conserve des attaches familiales ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la compétence de sa signataire n'est pas établie ;
- sa motivation est insuffisante ;
- les irrégularités de la procédure suivie devant l'OFII justifient son annulation ;
- le préfet a méconnu le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 23 juin 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant guinéen né le 15 mars 1998, déclare être entré irrégulièrement en France le 27 juillet 2017. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du 17 juin 2020 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 17 octobre 2020. Le 3 juillet 2020, M. A avait adressé au préfet de la Loire-Atlantique une demande de carte de séjour. Il demandait, à titre principal, un titre de séjour pour raisons de santé sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à titre subsidiaire, à bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour en application de l'article L. 313-14 du même code. Afin d'apprécier l'état de santé de l'intéressé, le préfet a saisi un collège, composé de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), d'une demande d'avis. Ce collège a estimé, le 1er mars 2021, que l'état de santé de M. A nécessitait une prise en charge médicale, que, toutefois, le défaut de cette prise en charge ne devait pas entraîner pour l'intéressé des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque à destination de son pays d'origine. Le préfet de la Loire-Atlantique a fait sien cet avis et considéré que M. A ne remplissait ni les conditions posées par le 11° de l'article L. 313-11 du code, ni les conditions pour bénéficier d'une admission exceptionnelle au séjour. Aussi, par un arrêté du 9 juillet 2021, il a rejeté la demande de titre de séjour, fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et désigné la Guinée comme pays de destination. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen soulevé à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées :
2. L'arrêté attaqué du 9 juillet 2021 a été signé par Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Loire-Atlantique. Par arrêté du 17 mars 2021, publié le 18 mars 2021 au recueil des actes administratifs n° 38 de la préfecture, le préfet de la Loire-Atlantique lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de délivrer un titre de séjour, vise les textes dont il fait application, notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 425-9 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il rappelle, par ailleurs, le parcours de M. A depuis son arrivée en France jusqu'au dépôt de sa demande de titre de séjour. Il fait état de l'avis émis le 1er mars 2021 par le collège des médecins de l'OFII et en indique la teneur. Il mentionne également le motif pour lequel il ne peut être fait droit à la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. A. Il ajoute que le requérant, célibataire, sans enfant et présent sur le territoire depuis moins de quatre ans, ne peut se prévaloir de liens personnels et familiaux en France tels qu'au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, il serait porté une atteinte excessive au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale, et que rien ne s'oppose à ce qu'il poursuive sa vie privée et familiale dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de dix-neuf ans et où résident ses parents et sa fratrie. Par suite, en tant qu'il porte refus de séjour, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé tant en droit qu'en fait. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen précis et approfondi de la situation personnelle de M. A avant de rejeter sa demande de titre de séjour.
4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
5. D'autre part, il résulte des dispositions des articles R. 425-11 à R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application de ces dispositions que l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII doit être rendu à l'issue d'une délibération pouvant prendre la forme soit d'une réunion, soit d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. Le caractère collégial de cette délibération constitue une garantie pour le demandeur de titre de séjour. Préalablement à l'avis rendu par ce collège d'experts, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Le médecin instructeur à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. Il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par le collège de médecins.
6. Il ressort de l'avis du 1er mars 2021, versé à l'instance par le préfet, que le médecin, chargé d'établir un rapport sur l'état de santé de M. A, n'a pas siégé au sein du collège, composé de trois autres médecins. Par ailleurs, le requérant en se bornant à soutenir qu'il n'est pas établi que les membres du collège auraient valablement délibéré, ne remet pas sérieusement en cause la réalité et la régularité de la délibération ayant conduit à l'émission de l'avis en cause, la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", portée sur l'avis, faisant foi jusqu'à preuve du contraire et l'avis étant revêtu de la signature des trois médecins composant le collège. Enfin, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de communiquer spontanément l'avis émis par le collège à l'étranger qui sollicite son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Ainsi, l'avis du 1er mars 2021 doit être regardé comme ayant été rendu au terme d'une procédure régulière. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant l'OFII doit être écarté en toutes ses branches.
7. En troisième lieu, la partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'accès effectif ou non à un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
8. Comme il a été dit, pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. A, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment fondé sur l'avis émis le 1er mars 2021 par le collège des médecins de l'OFII qui a estimé que si son état de santé nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge de devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque à destination de son pays d'origine.
9. M. A se déclare homosexuel, dit avoir noué en Guinée une relation amoureuse avec un ami d'enfance et expose que son ami et lui ont été roués de coups le soir de la Saint-Valentin 2015, alors qu'il était âgé de 17 ans, par une foule qui attendait pour accéder à une discothèque. Ils auraient été récupérés par des gendarmes qui les auraient enfermés à la gendarmerie et les auraient retenus pendant trois mois, en les frappant régulièrement, jusqu'à ce qu'ils parviennent à s'enfuir. M. A aurait alors quitté la Guinée sans savoir ce qu'il était advenu pour son ami. Il soutient souffrir de troubles psychologiques, liés à son traumatisme de 2015, et de séquelles physiques. S'agissant des troubles psychologiques, le requérant produit une attestation d'une psychologue de l'association Le Pas, qui lui a fait passer des tests en juin 2020. Il est ressorti des réponses apportées par M. A à un questionnaire qu'il souffrait d'un stress post traumatique aigu nécessitant une prise en charge régulière par un psychothérapeute. Il se rend deux fois par mois aux consultations de l'association. Le requérant justifie par ailleurs avoir noué des liens avec des bénévoles de l'association Nosig. S'agissant des séquelles physiques, le requérant a versé au dossier un certificat d'un médecin généraliste du 19 décembre 2019 qui constate la présence de cicatrices ainsi qu'une déformation acromio claviculaire droite avec un acromion fortement crochu et pentu qui peut être mis en rapport avec des séquelles d'une luxation dont M. A dit avoir été victime. Le médecin relate encore une douleur à la flexion extension du coude droit qui, selon M. A, serait en lien avec les coups directs qu'il a reçus. Il produit aussi un certificat d'un centre dentaire qui mentionne l'extraction de trois dents, en novembre 2019, qui présentaient une mobilité de grade III. Ces différents documents ne suffisent pas à étayer l'affirmation du requérant selon laquelle l'interruption de sa prise en charge médicale serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions et sans qu'il soit besoin d'apprécier la disponibilité des soins dans le pays d'origine, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit et commis une erreur manifeste d'appréciation.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. () ". Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. M. A se prévaut de sa présence en France depuis près de quatre ans à la date de la décision attaquée. Il soutient être inséré dans la société française notamment par sa participation aux activités de l'association Nosig, comme en atteste une bénévole de l'association, et être soutenu par l'association " Le logis Saint-Jean " dont le président indique que l'intéressé a souhaité exercer une activité bénévole plusieurs jours par semaine. Toutefois, ces seuls éléments ne permettent pas de justifier d'un degré d'insertion tel que la décision portant refus de titre de séjour porterait au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit. En outre, si M. A expose, comme il a été dit, qu'il a subi des violences et des menaces du fait de son homosexualité, il n'étaye pas cette affirmation d'éléments suffisamment probants en établissant qu'il est adhérent de l'association Nosig, alors que, par ailleurs, sa demande de protection internationale fondée sur ces mêmes faits a été rejetée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
13. M. A se prévaut des mêmes éléments que ceux énoncés au point 11. Toutefois, ceux-ci ne constituent pas des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour au sens des dispositions de l'article L. 435-1 citées au point précédent. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de cet article L. 435-1 et de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'appliquer doivent être écartés.
14. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
15. M. A ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, qui n'a pas pour objet de prononcer son éloignement du territoire français, ni de fixer le pays de destination, les risques qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ". Le 3° de l'article 611-1 précité est relatif à l'hypothèse où, comme en l'espèce, l'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour. Ainsi qu'il a été dit précédemment, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de titre de séjour, est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
17. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure suivie devant l'OFII.
18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Pour les mêmes raisons que celles mentionnées au point 9, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ces dispositions auraient été méconnues par le préfet de la Loire-Atlantique.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 9 juillet 2021
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
20. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
21. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Stéphanie Rodrigues-Devesas.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSE
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
em
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026