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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2111275

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2111275

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2111275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantFIDAL CAEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) EG Activités, représentée par Me Enou, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 août 2021 par laquelle sa demande d'aide exceptionnelle pour le mois de janvier 2021, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, a été rejetée ;

2°) d'enjoindre l'Etat de lui verser la somme de 7 503 euros d'aide exceptionnelle pour le mois de janvier 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard du 1° du A du I de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 dès lors qu'elle exerce principalement une activité de restauration sur place ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard du 2° du A du I de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 qu'elle remplit les conditions relatives au montant de chiffre d'affaires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la SAS EG Activités ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;

- le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Benoist,

- les conclusions de M. Huin, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS AG Activités, qui exploite un restaurant à Nantes, a sollicité au titre du mois de janvier 2021 l'aide exceptionnelle au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, prévue par le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020. Par une décision du 10 août 2021, la direction générale des finances publiques a refusé de lui accorder cette aide. Par la présente requête, la SAS AG Activités demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " Il est institué () un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation () ". L'article 40 du décret du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire : " I. - Les établissements relevant des catégories mentionnées par le règlement pris en application de l'article R. 123-12 du code de la construction et de l'habitation figurant ci-après ne peuvent accueillir du public : / 1° Etablissements de type N : Restaurants et débits de boisson ; () / Par dérogation, les établissements mentionnés au présent I peuvent continuer à accueillir du public pour leurs activités de livraison et de vente à emporter, le room service des restaurants et bars d'hôtels et la restauration collective sous contrat. / () ". L'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " I. - A. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de janvier 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : / 1° Leur activité principale a fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er janvier 2021 au 31 janvier 2021 ; / 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 et elles appartiennent à l'une des trois catégories suivantes : / a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 10 février 2021 ; () / B. - Les entreprises mentionnées au 1° du A du I perçoivent une subvention égale soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / C. - Les entreprises mentionnées au a du 2° du A du I perçoivent une subvention dans les conditions suivantes : / 1° si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 20 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable ; / 2° si elles ont subi une perte de chiffre d'affaires inférieure à 70 %, le montant de la subvention est égal soit au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 10 000 euros soit à 15 % du chiffre d'affaires de référence mentionné au IV du présent article. Les entreprises bénéficient de l'option qui est la plus favorable. / () IV. - La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de janvier 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : () / - () pour les entreprises créées entre le 1er février 2020 et le 29 février 2020, le chiffre d'affaires réalisé en février 2020 et ramené sur un mois ; / (). ".

3. Il ressort de la décision attaquée que la direction générale des finances publiques a refusé de délivrer l'aide financière à la société requérante aux motifs, d'une part, qu'au mois d'octobre 2020, son activité principale étant une activité de vente à emporter, elle n'a pas pu faire l'objet d'une interdiction d'accueil du public au sens du 1° du A du I de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020 et, d'autre part, qu'elle n'a pas non plus subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021 au sens des dispositions du 2° du A du I du même article.

4. En premier lieu, si la SAS EG Activités soutient que son activité principale est la restauration sur place, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'extrait de son grand livre, que son chiffre d'affaires lié à la restauration sur place au titre du mois de janvier 2021 était marginal. Par suite, en considérant que l'activité principale de la SAS EG Activités, qui était la restauration à emporter au titre du même mois, n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public, l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions du 1° du A du I de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020.

5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que la SAS EG Activités n'a pas réalisé de chiffre d'affaires au cours du mois de février 2020, date de sa création. Par suite, l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant qu'elle n'a pas, durant la période comprise entre le 1er janvier 2021 et le 31 janvier 2021, subi de perte de chiffre d'affaires de 50 % par rapport au chiffre d'affaires de référence, au sens des dispositions combinées du 2° du A du I et du IV de l'article 3-19 du décret du 30 mars 2020.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SAS EG Activités à fin d'annulation, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et la demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SAS EG Activités est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée EG Activités et au directeur départemental des finances publiques du Calvados.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Allio-Rousseau, présidente,

Mme Frelaut, première conseillère,

Mme Benoist, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2024.

La rapporteure,

L.-L. BENOISTLa présidente,

M.-P. ALLIO-ROUSSEAU

La greffière,

C. MICHAULT

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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