jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111286 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LE ROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Le Roy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps du réexamen de sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- le préfet, en s'abstenant de lui demander de compléter sa demande par un formulaire de demande d'autorisation de travail, a méconnu l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ; au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, le préfet n'a examiné que sa situation personnelle sans tenir compte de sa situation professionnelle ; il n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;
- le préfet a méconnu l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il ne pouvait fonder légalement son refus sur l'absence de justification d'un contrat de travail visé par l'autorité compétente ; il lui appartenait de faire instruire sa demande d'autorisation de travail par les services compétents du ministère du travail ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant le bénéfice de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il s'est abstenu d'examiner sa situation professionnelle ; elle justifie d'une parfaite intégration professionnelle ; si elle est en capacité d'obtenir un contrat de travail à durée indéterminée et à temps plein, c'est au regard des expériences professionnelles qu'elle a acquises ; s'agissant de sa situation sociale et familiale, elle justifie, par la production de nombreuses attestations, d'une bonne intégration sociale sur le sol français ; elle est investie dans plusieurs associations ;
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour ;
- le préfet a méconnu l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et commis une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée au regard de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle est bien fondée à se prévaloir de cet article 3 dans la situation très particulière qui est la sienne.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martin, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique du 12 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante haïtienne née le 4 mars 1993, a suivi des études supérieures au Maroc où elle a obtenu une licence de droit. Elle est entrée en France en septembre 2017 munie d'un visa long séjour " étudiant " délivré par l'autorité consulaire française à Casablanca. Elle a alors entamé un master 1 " droit européen et international " à l'université de Nantes. Elle n'a pas validé son année et a redoublé son master 1 en 2018/2019. Cette seconde année s'est également soldée par un échec. Souhaitant changer de statut, elle a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 313-10 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit. Par un arrêté du 1er février 2021, le préfet a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé Haïti comme pays de destination. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 313-10 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire, d'une durée maximale d'un an, autorisant l'exercice d'une activité professionnelle est délivrée à l'étranger : / 1° Pour l'exercice d'une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée, dans les conditions prévues à l'article L. 5221-2 du code du travail. Elle porte la mention "salarié". () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : () / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ".
3. D'autre part, l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations ".
4. Pour rejeter la demande de carte de séjour au titre de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Loire-Atlantique s'est fondé sur la circonstance que la requérante ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par l'autorité administrative. Ainsi, le préfet ne s'est pas fondé sur l'absence de documents ou de justificatifs nécessaires à l'instruction du dossier de Mme A, mais sur la circonstance que cette dernière ne remplissait pas les conditions de fond permettant de lui délivrer le titre de séjour sollicité. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration doit, en conséquence, être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment les articles L 313-10 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur la base desquels a été examinée la demande de titre de séjour de Mme A. Il mentionne les motifs de droit et fait qui, selon le préfet, justifient le rejet de cette demande. S'agissant en particulier de l'article L. 313-14, l'arrêté indique que l'intéressée est présente sur le territoire national depuis moins de quatre ans, qu'elle ne bénéficie pas d'une insertion professionnelle stable mais uniquement d'une promesse d'embauche, que, même si elle indique que sa tante et sa cousine résident en France, elle ne produit aucun élément justifiant de l'intensité de leur relation, que sa mère et ses frères résident en Haïti, qu'ainsi, elle ne fait valoir aucune considération humanitaire justifiant qu'elle soit admise exceptionnellement à séjourner sur le territoire. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui le fondent et est, dès lors, suffisamment motivé. Il ressort de cette motivation que le préfet a bien procédé à un examen approfondi de la situation, y compris professionnelle, de Mme A avant de se prononcer sur sa demande de titre de séjour.
6. En troisième lieu, les dispositions des articles R. 5221-3, R. 5221-11, R. 5221-15 et R. 5221-17 du code du travail prévoient que la demande d'autorisation de travail présentée par un étranger qui est déjà présent sur le territoire français doit être adressée au préfet par l'employeur et que le préfet, saisi d'une telle demande, ne peut refuser l'admission au séjour de l'intéressé au motif que ce dernier ne produit pas de contrat de travail visé par l'autorité compétente, dès lors qu'il lui appartient de faire instruire la demande d'autorisation de travail par ses services.
7. Mme A soutient que, dès lors qu'elle était titulaire, à la date de l'arrêté attaqué, d'une promesse d'embauche émanant de la société Hedaya Art Déco, il appartenait au préfet de la Loire-Atlantique de demander à ses services compétents de lui établir une autorisation de travail. Il résulte cependant des dispositions précitées du code du travail que c'est à l'employeur de l'étranger sollicitant un titre de séjour en qualité de salarié qu'il appartient de saisir le préfet d'une demande d'autorisation de travail. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une demande d'autorisation de travail aurait été transmise au préfet de la Loire-Atlantique par un employeur potentiel de la requérante. Dès lors, le préfet pouvait, sans entacher sa décision d'une erreur de droit, fonder son refus sur le motif tiré de ce que Mme A ne justifiait pas d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes.
8. En quatrième lieu, l'article L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2. () ".
9. L'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile définit, pour les personnes qui ne satisfont pas aux conditions fixées par le code pour la délivrance des cartes de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" sur le fondement de l'article L. 313-11 ou portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire" sur le fondement du 1° de l'article L. 313-10 et qui sollicitent leur régularisation, un régime d'admission exceptionnelle au séjour en France. Ainsi qu'il ressort des travaux parlementaires préalables à l'adoption de la loi n° 2007-1631 du 20 novembre 2007 ayant modifié l'article L. 313-14, le législateur a entendu limiter le champ de l'admission exceptionnelle à la carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire" aux cas dans lesquels cette admission est sollicitée pour exercer une activité professionnelle salariée dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement et figurant sur une liste établie au plan national par voie réglementaire. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 313-14, l'autorité administrative doit d'abord vérifier si des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels justifient la délivrance d'une carte portant la mention "vie privée et familiale", ensuite, en cas de motifs exceptionnels, si la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire" est envisageable. Un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité figurant dans la liste des métiers caractérisés par des difficultés de recrutement ne saurait être regardé, par principe, comme attestant des " motifs exceptionnels " exigés par la loi.
10. Mme A se prévaut de sa présence en France depuis septembre 2017, de ce qu'elle a exercé diverses activités professionnelles en 2018 et 2019, parallèlement à ses études (travail de nuit dans une résidence pour personnes âgées, travail dans les secteurs de la propreté, la cueillette des fruits et légumes, la restauration et la grande distribution), de ce que la société Hedaya-Art-Déco, qui a son siège en Seine-Saint-Denis, s'est engagée à la recruter en tant que secrétaire gérante des relations internes et externes de l'entreprise, moyennant un salaire net mensuel de 1 219 euros par mois, à compter du moment où elle obtiendra un titre de séjour en qualité de salariée, et de ce qu'elle dispose de nombreuses attaches familiales et amicales en France. S'il ressort des pièces du dossier, notamment des nombreuses attestations de proches produites à l'appui de la requête, que Mme A, décrite par ses amis comme dynamique et sociable, est bien insérée socialement, l'intéressée, célibataire sans enfant, qui ne justifie pas de la fréquence et l'intensité des relations qu'elle entretiendrait avec une tante et une cousine présentes en France, a conservé des attaches fortes en Haïti où résident sa mère et ses frères. Ainsi, eu égard à l'ensemble de ces circonstances, la durée de présence de Mme A en France où elle est entrée pour y suivre des études, son insertion sociale, ses différentes expériences professionnelles et sa promesse d'embauche ne relèvent pas de motifs exceptionnels d'admission au séjour. De plus, s'il ressort des pièces du dossier que Mme A est affectée psychologiquement par sa situation, au point qu'elle a consulté un psychiatre quelques jours seulement avant la prise de l'arrêté attaqué, elle ne produit aucun élément de nature à établir qu'il lui serait impossible de retourner dans son pays d'origine et d'y bénéficier d'un traitement approprié. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le préfet de la Loire-Atlantique aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire bénéficier la requérante des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
11. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme dispose que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".
12. Compte tenu de la durée et des conditions de son séjour en France ainsi que pour les raisons exposées au point 10, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision de refus de titre de séjour a été prise, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas annulée, Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de cette annulation, par voie de conséquence, à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
14. En second lieu, l'article L. 511-4 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose notamment que : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
15. Comme il a été dit, Mme A fait valoir qu'elle souffre d'une dépression nécessitant un suivi psychiatrique au moins mensuel et la prescription d'un traitement dont le défaut serait d'une extrême gravité pour sa santé. Toutefois, elle ne justifie pas, par les pièces qu'elle produit, qu'un tel traitement lui ait été effectivement prescrit, ni qu'elle ne pourrait en bénéficier en Haïti. Dans ces conditions, l'état de santé de l'intéressée à la date de l'arrêté attaqué ne pouvait être regardé comme ne pouvant faire l'objet d'un traitement approprié en Haïti. Il suit de là que Mme A n'est pas fondée à se prévaloir de la protection instituée par les dispositions, citées ci-dessus, du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte fixation du pays de renvoi, constate que Mme A est de nationalité haïtienne, vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que l'intéressée n'établit pas que sa vie ou sa liberté sont menacées dans son pays d'origine ou qu'elle y serait exposée à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où elle n'a pas formulé de demande d'admission au séjour au titre de l'asile et qu'elle n'a produit aucun élément qui justifierait un risque en cas de retour dans son pays. Par suite, la décision fixant le pays de destination doit être regardée comme suffisamment motivée.
17. En second lieu, si Mme A soutient que le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation au regard des articles L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle n'établit pas, ni même allègue avoir transmis des éléments sur les risques encourus en cas de retour en Haïti que le préfet se serait abstenu de prendre en compte et, en se bornant à faire état " de la situation très particulière qui est la sienne ", n'apporte, dans le cadre de la présente instance, aucune précision sur les risques que présenterait pour sa vie ou sa liberté son retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet aurait méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés
18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 1er février 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
19. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A entraîne, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
20. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Amandine Le Roy.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Luc Martin, président,
M. David Labouysse, premier conseiller,
Mme Nathalie Caro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le président-rapporteur,
L. MARTIN
L'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
D. LABOUYSSELa greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. Malingre
fm
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026