lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111453 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | PAUGAM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 octobre 2021 et le 12 mars 2024, Mme F H, représentée par Me Paugam, demande au tribunal d'annuler la décision du 12 avril 2021 par laquelle le recteur de l'académie de Nantes a retiré les décisions des 15 janvier, 12 mars, 11 mai, 15 juillet et 13 octobre 2020 et celle du 3 février 2021, lui octroyant un congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire ainsi que le rejet de son recours gracieux.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen, d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors que les arrêts maladie ont été prescrits sans interruption ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation s'agissant de l'imputabilité au service des arrêts maladie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, la rectrice de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme H ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83- 634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Glize, conseillère,
- les conclusions de M. Danet, rapporteur public,
- et les observations de Me Philippon, substituant Me Paugam, avocate de la requérante, elle-même présente.
Considérant ce qui suit :
1. Mme H, professeure d'éducation physique et sportive au sein du collège Sainte-Philomène à Couëron (Loire-Atlantique), a été victime le 9 octobre 2018 d'un accident de voiture qui a provoqué un traumatisme cervical et lombaire ainsi que de l'épaule gauche, justifiant la prescription d'arrêts de travail à compter de cette même date. Le recteur de l'académie de Nantes a reconnu cet accident comme imputable au service et a placé l'intéressée en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire, à compter du 1er décembre 2019. A la demande de la commission de réforme, Mme H a été examinée par le docteur G le 29 janvier 2021. La commission de réforme, réunie le 8 avril 2021, a émis un avis défavorable à la prise en charge des arrêts de travail prescrits entre le 1er décembre 2019 et le 23 avril 2021 et, un arrêté du 12 avril 2021, le recteur de l'académie de Nantes a retiré les décisions des 15 janvier, 12 mars, 11 mai, 15 juillet et 13 octobre 2020 et celle du 3 février 2021, lui octroyant un congé pour invalidité temporaire imputable au service provisoire. Par un courrier du 10 juin 2021, Mme H a formé un recours gracieux contre cette décision, lequel a été rejeté par une décision implicite. Mme H demande au tribunal d'annuler la décision du 12 avril 2021 en ce qu'elle porte retrait des décisions lui octroyant un congé pour invalidité temporaire imputable au service ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux.
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dispose, dans sa rédaction applicable au litige, que : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. () ".
3. Le droit, prévu par les dispositions de l'article précité, d'un fonctionnaire à conserver l'intégralité de son traitement en cas de maladie provenant d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions est soumis à la condition que la maladie mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'accomplir son service soit en lien direct, mais non nécessairement exclusif, avec un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de ses fonctions.
4. Pour retirer les décisions octroyant un congé pour invalidité temporaire imputable au service des 15 janvier, 12 mars, 11 mai, 15 juillet et 13 octobre 2020, et celle du 3 février 2021, le recteur de l'académie de Nantes s'est fondé sur le motif tiré de ce que les arrêts maladie prescrits à compter du 1er décembre 2019, ne présentaient pas de lien direct et certain avec l'accident de service dont Mme H a été victime le 9 octobre 2018 et étaient postérieurs à la consolidation de son état de santé, arrêtée au vu du rapport d'expertise établi le 29 janvier 2021 par le docteur G, rhumatologue, et de l'avis de la commission de réforme du 8 avril 2021.
5. Le rapport d'expertise établi le 29 janvier 2021, par le docteur G, rhumatologue agréé, qui conclut que Mme H " a pu décompenser " une fragilité lombaire préexistante et que les scapulalgies gauches et les rachialgies " ne paraissent plus en lien direct et certain avec le seul événement traumatique ", n'écarte que de manière hypothétique le lien entre les troubles et l'événement du 9 octobre 2018 et n'exclut pas de manière certaine l'imputabilité des troubles ayant justifié les arrêts postérieurs au 1er décembre 2019 à l'accident de service. Il ressort en outre, des termes des courriers établis le 20 septembre 2019 et le
10 mars 2020 par le docteur E, rhumatologue au sein de la clinique Brétéché
(Loire-Atlantique), et le 20 juillet 2020 par le docteur D, médecin au sein de l'institut de l'épaule du Confluent, que la scapulalgie est consécutive à l'accident du 9 octobre 2018. Par ailleurs, le rapport d'expertise du docteur A, établi le 11 octobre 2019 sur demande du rectorat dans le cadre de l'instruction de l'imputabilité au service de l'accident, ainsi que le rapport d'expertise du docteur B, établi le 7 juillet 2020 en vue de la saisine du comité médical, concluent respectivement que les lésions à compter de l'arrêt de travail du 23 avril 2019 sont en lien direct et certain avec l'accident du 9 octobre 2018 et que les arrêts de travail depuis le
1er décembre 2019 sont liés à l'accident de trajet, la décompensation lombaire ayant été déclenchée par cet accident. Enfin, le docteur C, médecin du travail, a indiqué le 1er avril 2021, dans un rapport d'analyse, qu'aucun argument médical ne permettait d'affirmer avec certitude que l'épisode lombalgique de 2017 serait la cause exclusive des douleurs mentionnées sur les certificats d'arrêt de travail à compter du 28 novembre 2019 et précise également que les lombalgies invalidantes constituent une décompensation en lien direct et certain avec l'accident. Dans ces conditions, les épisodes douloureux motivant les arrêts de travail qui lui ont été prescrits à compter du 29 novembre 2019 et jusqu'au 13 octobre 2021, doivent être regardés comme présentant un lien direct et certain avec l'accident de service dont Mme H a été victime le 9 octobre 2018. Dès lors, en estimant que les décisions octroyant un congé pour invalidité temporaire imputable au service au service devaient être retirées pour ce motif, le recteur a entaché son arrêté du 12 avril 2021 d'une erreur d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête que la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée ainsi que par voie de conséquence, l'annulation de la décision rejetant son recours gracieux.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du recteur de l'académie de Nantes du 12 avril 2021 et la décision rejetant le recours gracieux sont annulées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F H et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Barbier, présidente,
M. Tavernier, conseiller,
Mme Glize, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
La rapporteure,
J. GLIZE
La présidente,
M. LE BARBIERLa greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026