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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2111540

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2111540

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2111540
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPHILIPPON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Philippon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 septembre 2021 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour pour raisons de santé ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que la décision contestée ait été signée par une autorité habilitée ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- elle méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut, à titre principal, au prononcé d'un non-lieu et, à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête a perdu son objet dès lors que la demande de titre de séjour a été rejetée par un arrêté du 25 mars 2022 ;

- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision du 30 septembre 2021, comme étant dirigées contre une décision ne faisant pas grief.

Mme A a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Cantié a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ivoirienne née en 1986 déclare être entrée en France le 1er octobre 2017. Sa demande de reconnaissance du statut de réfugié, déposée le 20 mars 2018, a été rejetée par une décision du 29 juin 2018 du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 23 juillet 2019. Le 20 novembre 2020, Mme A a sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons de santé. Tandis qu'elle a sollicité, le 7 janvier 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11, 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressée a fait l'objet, le 8 février 2021, d'une obligation de quitter le territoire français, qui a été retirée le 18 novembre 2021. Elle a également sollicité, le 22 septembre 2021, la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Sa demande de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour a été rejetée par un courriel du 30 septembre 2021. Par un arrêté du 25 mars 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté la demande de titre de séjour de Mme A, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.

Sur l'exception de non-lieu :

2. Contrairement à ce soutient le préfet de la Loire-Atlantique, l'intervention de l'arrêté du 25 mars 2022 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français édicté à l'encontre de Mme A, qui n'est pas définitif, n'a pas privé d'objet les conclusions de la requérante dirigées contre le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, en date du 30 septembre 2021. Il en est de même de la décision du 18 novembre 2021 portant retrait de la mesure d'éloignement prise à son encontre le 8 février 2021.

Sur la recevabilité de la demande :

3. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le refus d'enregistrer une telle demande au soutien de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue une décision susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir que si le requérant apporte la preuve du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.

4. Pour refuser d'enregistrer la demande de Mme A et de lui délivrer un récépissé, le préfet s'est fondé sur la circonstance que la requérante avait fait l'objet d'une décision l'obligeant à quitter le territoire français le 8 février 2021 qu'elle n'avait pas exécutée. En l'absence d'élément nouveau, c'est à bon droit qu'il a estimé qu'il n'y avait pas lieu d'enregistrer la demande de l'intéressée, qui était dilatoire. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre le refus litigieux ne sont pas recevables.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Philippon et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

Mme Martel, première conseillère,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

C. CANTIÉ

L'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

C. MARTEL

La greffière,

F. MERLET La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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