jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | MAUDET-CAMUS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistré les 20 octobre 2021 et 13 mai 2022, Mme D L et M. F A, M. K H et Mme G M épouse H et M. J I et Mme B E épouse I, représentés par Me Vendé, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel le maire de la commune de La Baule-Escoublac a accordé à la SCCV Les Prairies un permis de construire en vue de la construction d'un ensemble immobilier de trois bâtiments comprenant trente-six logements dont onze logements locatifs sociaux sur les parcelles CR 186, CR 187 et CR 188 et la décision implicite par laquelle il a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Baule-Escoublac la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors qu'il n'est pas établi que la délégation de signature accordée à Mme C ait eu un caractère exécutoire en l'absence de justification de délégation de signature accordée au directeur général des services qui a attesté de son affichage ;
- le dossier de permis de construire est incomplet en raison :
*de l'absence de définition de la surface du terrain à la date de la délivrance compte tenu de l'incohérence entre la surface cadastrale annoncée et la surface relevée par les géomètres, alors qu'il n'est pas précisé la surface qu'il est prévu de rétrocéder à " une commune ", non précisée alors que la rue appartient aux communes de La Baule-Escoublac et Guérande, ni si cette commune a donné son autorisation à cette rétrocession, cette insuffisance ne permettant pas d'apprécier les conditions d'accès et de raccordement non plus que le respect des règles relatives à l'emprise au sol, à l'implantation des constructions par rapport aux emprises publiques et à la surface destinée aux espaces communs et en pleine terre,
* des omissions relatives à la présence de jeunes pousses de chênes sur la parcelle CR 187 et à l'arbre n° 11,
* de l'absence d'autorisation par les communes des travaux de raccordement effectués sur le domaine public routier ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dès lors que les parcelles sont situées dans un espace proche du rivage compte tenu de la médiane du trait épais dessiné sur la carte du schéma de cohérence territoriale (SCOT) et dans une coupure d'urbanisation et que l'extension de l'urbanisation prévue n'est pas limitée ;
- il est entaché d'une erreur de droit en ce qu'il autorise l'exercice de pouvoirs de police par une personne privée, le dossier de permis de construire prévoyant la limitation de la vitesse à 20 km/h sur la voie interne du projet ;
- le projet méconnaît l'article UB 3-1 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) relatif aux accès en l'absence d'accord des communes ou de Cap Atlantique à la réalisation des travaux de busage du fossé et en raison du risque pour la sécurité des véhicules entrant et sortant du terrain d'assiette du projet et des usagers de l'avenue des Prairies, confirmé par la qualification dans le PLU du croisement de l'avenue des Prairies et l'avenue de la Lieutenante comme " emplacement réservé afin d'améliorer la circulation automobile " ;
- il méconnaît l'article UB 3-2-2 du PLU, applicable à la voie interne du projet, en l'absence d'aménagement de piste ou bande cyclable, de précision sur les surfaces totales dédiées aux circulations -ne permettant ainsi pas de vérifier si 10 % de celle-ci est plantée- et d'aire de retournement située à l'extrémité de l'impasse ;
- il méconnaît l'article UB 6-1 du règlement du PLU dès lors que la construction est située à moins de cinq mètres de l'emprise publique en l'absence de définition des limites de cette dernière ;
- il méconnaît l'article UB 11-2-1 du règlement du PLU dès lors qu'il se situe dans une coupure d'urbanisation et un espace proche du rivage, que l'implantation de collectifs est sans rapport avec l'urbanisation pavillonnaire et diffuse existante et qu'il entraîne la suppression d'arbres et de haies bocagères de cet espace dont la préservation est excellente ;
- il méconnaît l'article UB 12-1 du règlement du PLU relatif aux aires de stationnement dès lors que quarante-quatre places devaient être prévues au regard de la surface de plancher, la règle selon laquelle une place de stationnement par logement social locatif n'étant pas applicable en l'absence de justification d'un financement par un prêt aidé de l'Etat ;
- il méconnaît les articles 13-3-1 et 13-3-2 du règlement du PLU dès lors que les places de stationnement, qui constituent des constructions en raison de l'étanchéité superficielle qu'elles entraînent, situées au nord sont implantées à moins de quatre mètres d'arbres listés en annexe 2, qu'il n'est pas possible de déterminer le nombre d'arbres plantés par tranche de 50 m² en l'absence de précision sur la surface affectée au stationnement et que la commune a prescrit la mise en place de barrières de protection des arbres pendant le chantier implantées sur des places de stationnement qui ne pourront dès lors pas être réalisées ;
- il méconnaît l'article UB 13-3-1 du règlement du PLU relatif aux espaces libres dès lors que la notice ne précise pas le nombre exact et la nature des arbres plantés, que la suppression de certaines jeunes pousses, qui n'ont pas été comptabilisées, ne fait pas l'objet d'une compensation, que les espaces verts ne représentent pas les 5 % minimum du terrain d'assiette exigés par ces dispositions, ce calcul étant par ailleurs impossible en l'absence de détermination de la surface exacte de ce terrain, que les arbres de haute tige à planter ne sont pas identifiés et que le talus séparant les deux parcelles sera pour partie détruit pour réaliser la voie interne, entraînant la suppression de deux arbres qui ne sera pas compensée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 mars 2022 et 1er novembre 2022, la commune de la Baule-Escoublac, représentée par Me Leraisnable, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne présentent pas un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- la requête est irrecevable au regard de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme dès lors que les requérants produisent des attestations de propriété antérieures au dépôt de la demande de permis de construire ;
- la requête est tardive dès lors que le délai de recours contentieux n'a pas été conservé par un recours gracieux en l'absence de notification régulière de ce recours au pétitionnaire ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2022, la SCCV Les Prairies, représentée par Me Camus, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne présentent pas un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- la requête est tardive dès lors que le délai de recours contentieux n'a pas été conservé par un recours gracieux en l'absence de notification régulière de ce recours au pétitionnaire ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Un mémoire enregistré pour les requérants le 8 novembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme N,
- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,
- et les observations de Me Jaud, représentant les requérants, de Me Le Pallabre, représentant la commune de La Baule-Escoublac, et de Me Camus, représentant la SCCV Les Prairies.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 mars 2021, la SCCV Les Prairies a sollicité auprès de la commune de La Baule-Escoublac la délivrance d'un permis de construire en vue de la construction d'un ensemble immobilier de trois bâtiments comprenant trente-six logements dont onze logements locatifs sociaux sur les parcelles CR 186, CR 187 et CR 188. Par un arrêté du 1er juin 2021, le maire de la commune lui a délivré ce permis dont les requérants demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 2131-1, alors applicable, du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. () ". La mention, apposée sous la responsabilité du maire, certifiant qu'un acte communal a été publié, fait foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, la seule circonstance que la réalité de la publication d'un acte comportant une telle mention soit contestée devant le juge ne suffit pas, faute de preuve, à regarder cet acte comme n'ayant pas été publié.
3. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C, adjointe au maire en charge de l'aménagement de la promenade de mer, de l'urbanisme, de l'habitant, des travaux et du patrimoine. Le maire de La Baule-Escoublac lui a accordé une délégation de signature à fin de signer notamment les actes et autorisations liés à l'occupation des sols en matière d'urbanisme par un arrêté du 20 juillet 2020. Sur cet arrêté sont apposés un premier encadré, comportant le numéro d'accusé de réception de sa transmission au représentant de l'Etat dans le département, et un second, intitulé " Accusé certifié exécutoire ", comportant les dates de sa réception par le préfet et de sa publication le 22 juillet 2020. Faute de preuve de l'absence de publication de cet acte apportée par les requérants, et cette mention faisant foi jusqu'à preuve du contraire, l'arrêté de délégation de signature doit être regardé comme ayant fait l'objet d'une publication régulière. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
4. En premier lieu et d'une part, la notice décrivant le terrain et présentant le projet litigieux annexée au dossier de demande indique que l'emprise foncière de l'opération regroupe les parcelles CR 186, 187 et 188 représentant une superficie cadastrale globale de 5 045 m², que le plan de relevé du géomètre joint au dossier fait état d'une surface de 4 796 m² et que les limites et surface restent à confirmer par un bornage contradictoire et la confirmation de l'alignement du domaine public le long de l'avenue des Prairies. Il y est également précisé que le long de cette avenue, aucun marquage physique de propriété sur le talus couvert de broussailles mêlées d'arbustes divers ne peut être distinguée et qu'une proposition d'alignement, à valider par la collectivité, positionne la future limite à 9 mètres de l'axe de l'avenue des Prairies. Cette proposition d'alignement est matérialisée sur les plans joints au dossier. L'article 5 de l'arrêté attaqué, intitulé " rétrocession à la commune ", dispose que les démarches consistant à réintégrer une partie de la parcelle au domaine public indiquée sur le plan topographique joint à la demande devront être réalisées avant le dépôt de la déclaration d'ouverture de chantier et que le pétitionnaire devra se rapprocher du service foncier de la commune. Alors que cette rétrocession n'a pas été réalisée et que sa réalisation future n'est pas suffisamment certaine, les règles posées par le règlement du plan local d'urbanisme doivent être analysées en fonction de la superficie cadastrale totale et de l'alignement telle qu'ils existent à la date de la délivrance du permis de construire. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le service instructeur n'aurait pas mené l'analyse du dossier au regard de cette superficie et de cet alignement. Par ailleurs, l'accès à l'emprise publique n'est pas réalisé sur ce nouvel alignement mais sur la partie de l'alignement existant qui ne sera pas modifié par une éventuelle rétrocession. D'autre part, la notice précise que le tracé de la desserte de l'opération est envisagé afin de préserver au maximum le cadre boisé du site en tenant compte des divers houppiers des arbres existants sur l'emprise étudiée comme sur les parcelles riveraines. La circonstance que l'arbre n° 11 ne figure pas dans la liste des arbres situés sur ces parcelles annexée à la notice ne suffit pas à démontrer l'insuffisance du dossier alors qu'il ressort du rapport phytosanitaire et sécuritaire annexé à la demande de permis de construire qu'il est fait mention de cet arbre, de sa localisation, de son état de conservation et de son intérêt. Par ailleurs, les requérants ne démontrent pas, par la production d'une seule photographie d'une jeune pousse de chêne non-localisée, que ce rapport phytosanitaire aurait été incomplet. Enfin, aux termes de l'article L. 113-2 du code de la voirie routière : " En dehors des cas prévus aux articles L. 113-3 à L. 113-7 et de l'installation par l'Etat des équipements visant à améliorer la sécurité routière, l'occupation du domaine public routier n'est autorisée que si elle a fait l'objet, soit d'une permission de voirie dans le cas où elle donne lieu à emprise, soit d'un permis de stationnement dans les autres cas. Ces autorisations sont délivrées à titre précaire et révocable ". Aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ". Aux termes de l'article R. 431-13 du même code : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ". Si des travaux de raccordement aux réseaux doivent être réalisés sur le domaine public routier, de tels travaux ne constituent pas des constructions au sens de l'article R. 421-13 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, la production de l'autorisation du gestionnaire du public routier ne s'imposait pas au stade du dépôt de la demande de permis de construire. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet de ce dossier doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs. () ". Si l'annexe cartographique du document d'orientation et d'objectifs (DOO) du SCOT de Cap Atlantique comporte un trait épais et hachuré représentant la limite de l'espace proche du rivage, positionné sur les parcelles litigieuses, ces dernières sont toutefois incluses dans une zone de couleur brune, matérialisant les agglomérations pouvant être développées, et forment un ensemble cohérent avec les parcelles de l'agglomération situées à l'est de l'avenue des Prairies, les parcelles naturelles situées à l'ouest de cette avenue formant également un ensemble cohérent. Il ressort de cette annexe que les auteurs du SCOT ont entendu faire de cette avenue la limite de l'espace proche du rivage. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les parcelles CR 186, 187 et 188 seraient incluses dans une rupture d'urbanisation au sens du SCOT. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 3-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les accès doivent être adaptés au projet. Ils doivent présenter, de par leur forme, leurs dimensions et leurs caractéristiques techniques, les caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de sécurité, de défense contre l'incendie, et de protection civile. () Les dimensions, la position et le nombre des accès doivent être étudiés de façon à éviter toute difficulté et tout danger pour la circulation automobile, des cycles et des piétons. Ils doivent ainsi prendre en compte l'importance du trafic supporté par la voie publique ou privée. () ". D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la réalisation des travaux nécessaires au busage du fossé afin de créer l'accès aux parcelles litigieuses depuis l'avenue des Prairies ne nécessitait pas la production d'une autorisation du gestionnaire du domaine public au stade du dépôt de la demande de permis de construire. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'accès ainsi créé, d'une largeur de 6,40 mètres, ne satisfait pas aux conditions de sécurité, alors même que l'accès est implanté à proximité d'un rond-point et sur une route qui connaissent un trafic important, dès lors que la vitesse sur cet axe est limitée à 80 km/h et que le projet prévoit une aire de dégagement équipée d'un stop, ainsi que l'impose l'article 3 de l'arrêté attaqué, afin de faciliter la sortie des véhicules. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la visibilité des véhicules sortants ou des usagers de la route soit limitée par les places de stationnement situées sur l'avenue des Prairies ni par les conteneurs de collecte des ordures installés sur le site. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux accès doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 3-2-2 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les voies nouvelles ouvertes à la circulation automobile doivent : () prévoir les aménagements nécessaires à une circulation aisée et sécurisée des piétons et des personnes à mobilité réduite, dont la largeur ne peut être inférieure à 1,40 mètres : - d'un seul côté de la chaussée pour les voies à sens unique, ; - des deux côtés de la chaussée pour les voies à double sens. () ". Aux termes de l'article 8 des dispositions générales de ce document : " Sont considérées comme des voies au sens des articles 3 et 6, toutes les voies, publiques ou privées, ouvertes à la circulation automobile ". Eu égard à la définition donnée par ce dernier article et au titre de l'article 3 du règlement relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et d'accès aux voies ouvertes au public, l'article UB 3-2-2 du règlement doit être regardé comme applicable aux seules voies ouvertes à la circulation automobile publique. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que la voie interne au projet n'a pas vocation à accueillir une circulation publique, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article est inopérant.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article UB 6-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent être implantées : avec un retrait d'au moins 5 mètres par rapport à l'alignement, à l'exception des voies de desserte internes des opérations. () ". Il ressort du plan de masse que le bâtiment A, situé le plus près de l'avenue des Prairies, est implanté à 5 mètres du futur alignement envisagé, qui éloigne la limite parcellaire de 9 mètres de l'axe cette avenue. Dans ces conditions, l'implantation de ce bâtiment respecte la règle de recul par rapport à la voie publique et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 6-1 doit être écarté.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article UB 11-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites ou des paysages, par les proportions de lueur volume, l'unité et la qualité des matériaux, l'harmonie des couleurs. () ". II résulte de ce qui a été dit au point 5 que les parcelles litigieuses ne se situent ni en espace proche du rivage ni en coupure d'urbanisation mais au sein de l'agglomération de La Baule-Escoublac. Elles sont immédiatement situées entre un quartier résidentiel et une zone artisanale et industrielle. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le secteur localisé à l'est de l'avenue des Prairies ne correspond pas à une zone d'urbanisation diffuse. Si les parcelles comprennent des haies et des arbres dans un bon état de conservation, le projet n'entraîne la suppression que de six arbres, qui fera l'objet d'une compensation, et préserve une très grande partie des arbres déjà présents sur le site. L'implantation de logements collectifs de faible hauteur dans un environnement boisé qui sera préservé au sein d'une zone n'étant caractérisée par aucune harmonie architecturale et ne présentant pas un intérêt paysager particulier ne porte pas atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 11-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
10. En septième lieu, aux termes de l'article UB 12-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Le calcul du nombre des places exigées se fait par tranche entamée. A titre d'exemple, lorsqu'il est exigé 1 place par tranche de 50 m² de surface plancher, une construction de 80 m2 de surface plancher devra prévoir 2 places de stationnement. () ". Aux termes de l'article 2 des dispositions générales de ce règlement : " En application de l'article L. 123-1-12, () lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations résultant de l'alinéa précédent, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu'il ne peut réaliser lui-même, soit de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération, soit de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions ". Il ressort tant du formulaire Cerfa, de la notice que du tableau portant sur les catégories de logements et la répartition des surfaces de plancher compris dans la demande de permis de construire que le projet porte sur trente-six logements collectifs, répartis entre vingt-cinq logements " libres en accession ", représentant une surface de plancher de 1 497,30 m², et onze logements " locatifs sociaux ", au titre desquels onze places de stationnement sont attribuées en application de l'article précité. Si les requérants soutiennent qu'il n'est pas établi que ces derniers logements sont financés par un prêt de l'Etat, ils n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause les affirmations contenues dans le dossier de demande. Dans ces conditions, les quarante-et-une places de stationnement prévues par le projet répondent aux exigences de l'article 12-1 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.
11. En huitième lieu, aux termes de l'article 13-3-1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des sujets équivalents. Les implantations des constructions ne doivent pas compromettre le développement et la viabilité des sujets existants sur le terrain et doivent respecter un retrait d'au moins 4 mètres par rapport aux essences listées en annexe 2 du présent règlement. Les opérations comportant la création de plus de 1000 m2 surface plancher doivent comprendre des espaces verts communs, qui peuvent prendre la forme de jardins partagés en cas de logements collectifs, d'une superficie au moins égale à 5 % du terrain objet de l'opération. 65% au moins des surfaces qui ne sont pas occupées par l'emprise de la construction principale doivent être laissées en pleine terre et faire l'objet d'un traitement paysager, avec la plantation d'un arbre à haute tige par tranche entamée de 100 m² ".
12. D'une part, les places de stationnement ne constituent pas des constructions au sens de l'article 13-3-1 précité et ne sont, dès lors, pas tenues de respecter un retrait d'au moins quatre mètres par rapport aux essences listées en annexe 2 du règlement du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, si l'article 2 de l'arrêté attaqué impose qu'avant tout commencement de travaux, y compris de terrassement, d'étude de sols ou de fouilles archéologiques préventives et jusqu'à la fin du chantier, des barrières non-amovibles soient mises en place autour des arbres afin d'interdire tout passage d'engins de chantier ou dépôt de matériaux ou de terre aux pieds de ces arbres, l'établissement de ces zones de protection n'empêche pas la réalisation des places de stationnement sur lesquelles les barrières de protection ne seront installées que pendant la durée du chantier. D'autre part, il ressort de ce qui a été dit au point 4 que les requérants n'établissent pas la présence de jeunes pousses de chênes qui n'auraient pas été prises en compte dans le rapport phytosanitaire et sécuritaire et au titre des mesures de compensation. En outre, la notice du dossier de demande précise que six arbres seront supprimés et trente-sept, dont douze chênes et vingt-cinq arbres de haute tige, seront plantés, le plan des espaces verts indiquant leur localisation. L'article 2 de l'arrêté attaqué prévoit quant à lui que les douze chênes plantés seront de type Quercus petrae et implantés dans des espaces dégagés de la parcelle. La suppression des arbres n° 9 et 10 pour créer la voie interne est identifié dans l'étude phytosanitaire et sécuritaire et ces deux arbres sont au nombre des six dont la suppression fait l'objet de la compensation mentionnée ci-dessus. Enfin, il ressort de la notice que la surface des terrains laissés en pleine terre, qui feront l'objet d'un traitement paysager et resteront majoritairement à usage commun à l'exception de petits jardins privatifs, s'élève à 2 453 m². Cette surface représente près de 49 % de la surface totale cadastrale de 5 045 m² et 85 % de la surface non-occupée par les constructions. Le plan de masse confirme que la surface des espaces verts représente plus de 5 % de la surface totale du terrain d'assiette du projet. Enfin, eu égard à la surface totale de plancher, vingt-deux arbres doivent être plantés en application de l'article UB 13-3-1 et la notice du dossier de demande indique que vingt-cinq arbres seront plantés à ce titre. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 13-3-1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
13. En neuvième lieu, aux termes de l'article 13-3-2 de ce règlement : " () Les aires de stationnement de surface doivent être plantées à raison d'un arbre par tranche de 50 m² de terrain affecté au stationnement ". Si le formulaire Cerfa de demande de permis de construire ne comprend pas la surface totale dédiée au stationnement, l'information selon laquelle elle représente 595 m² est comprise dans la notice descriptive du projet, confirmée par le plan de masse. Cette notice précise que douze arbres seront plantés eu égard à cette surface en application de l'article 13-3-1. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 13-3-2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
14. En dixième et dernier lieu, l'arrêté attaqué n'a pas pour objet de règlementer la vitesse de circulation sur la voie interne du projet envisagé par le dossier de demande de permis de construire. Par suite, les requérants ne sauraient sérieusement soutenir qu'il autorise une personne privée à faire usage de pouvoirs de police appartenant au préfet ou au maire.
15. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel le maire de la commune de La Baule-Escoublac a accordé à la SCCV Les Prairies le permis de construire litigieux et la décision implicite par laquelle il a rejeté leur recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de La Baule-Escoublac, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse aux requérants une somme au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de La Baule-Escoublac et de la SCCV Les Prairies présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme L et M. A, M. et Mme I et M. et Mme H est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Baule-Escoublac et de la SCCV Les Prairies présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D L et M. F A, à M. K H et Mme G M épouse H, à M. J I et à Mme B E épouse I, à la commune de La Baule-Escoublac et à la SCCV Les Prairies.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Le Lay, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
H. NLa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
L. BILLAUD
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026