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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2111743

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2111743

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2111743
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantPERROT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 octobre 2021, M. C A, agissant tant en son nom personnel qu'au nom de ses enfants mineurs, F A, E A, B A et D A, représenté par Me Perrot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil accordées aux demandeurs d'asile ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir à son bénéfice les conditions matérielles d'accueil ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été signée par une autorité habilitée ;

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'ont été méconnues les dispositions des articles L. 551-16 et D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'est pas établi qu'un entretien de vulnérabilité ait été mené avant la date de la décision attaquée et par un agent habilité, ni que les conditions de l'offre de prise en charge lui auraient été précisées dans une langue qu'il comprend ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle n'a pas été prise à l'issue d'un examen particulier de sa situation personnelle au regard de sa particulière vulnérabilité et celle de ses enfants ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et celle de ses enfants.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au prononcé d'un non-lieu.

Il fait valoir que la décision litigieuse a été retirée postérieurement à l'introduction de la requête et que les conditions matérielles d'accueil ont été rétablies au requérant avec régularisation des sommes dues au titre des mois d'août et septembre 2021.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A et ses quatre enfants mineurs, F, E, B et D, ressortissants nigérians, sont entrés en France le 21 juillet 2021 et ont déposé une demande d'asile à la préfecture de la Loire-Atlantique, enregistrée le 30 juillet 2021. M. A a accepté à cette date, pour lui-même et ses enfants, les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 28 septembre 2021, dont M. A demande l'annulation au tribunal, la directrice territoriale de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil précédemment accordées au motif que l'intéressé avait dissimulé avoir déjà obtenu la protection internationale en Italie.

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, par une décision du 21 octobre 2021, l'OFII a rétabli rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de M. A. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A sont devenues sans objet.

3. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dès lors, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'OFII la somme de 900 euros à verser, à ce titre, à Me Perrot, avocate de M. A, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête de M. A.

Article 2 : L'OFII versera à Me Perrot, avocate de M. A, la somme de 900 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Perrot et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 1er octobre 2024.

Le rapporteur,

M. BARÈSLe président,

C. CANTIÉ

La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. DUMONTEIL

No 2111743

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