jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | DE COURREGES D'AGNOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2021, M. A C, représenté par Me de Courrèges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours administratif formé contre la décision du préfet de la Haute-Garonne du 12 février 2021 ayant ajourné à deux ans sa demande de naturalisation et a confirmé cet ajournement, ensemble la décision préfectorale ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui octroyer la nationalité française sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision ministérielle attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il n'existait aucune mention au fichier du traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) à la date de la décision attaquée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le ministre aurait dû prendre en compte sa situation au jour de la décision du 22 juillet 2021 attaquée et non au jour de sa demande d'octroi de la nationalité française ; le ministre s'est fondé sur des renseignements obsolètes ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de son inscription au registre des transporteurs de marchandises par la production d'une attestation en date du 27 juillet 2020 et d'un extrait KBIS actualisé au 15 septembre 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Monsieur B a été admis au titre de l'aide juridictionnelle totale par une décision du tribunal judiciaire de Lyon en date du 12 novembre 2021.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baufumé a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 12 février 2021, le préfet de la Haute-Garonne a ajourné à deux ans la demande de naturalisation présentée par M. A C, ressortissant marocain. Saisi d'un recours administratif préalable obligatoire formé le 21 avril 2021, le ministre de l'intérieur a, par une décision du 22 juillet 2021, qui s'est substituée à la décision du préfet de la Haute-Garonne, rejeté ce recours et confirmé cet ajournement. M. C demande l'annulation de la décision ministérielle du 22 juillet 2021 ainsi que celle de la décision préfectorale du 12 février 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du préfet de la Haute-Garonne du 12 février 2021 :
2. Aux termes de l'article 45 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " Dans les deux mois suivant leur notification, les décisions prises en application des articles 43 et 44 peuvent faire l'objet d'un recours auprès du ministre chargé des naturalisations, à l'exclusion de tout autre recours administratif. / Ce recours, pour lequel le demandeur peut se faire assister ou être représenté par toute personne de son choix, doit exposer les raisons pour lesquelles le réexamen de la demande est sollicité. Il constitue un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. / Le silence gardé par le ministre chargé des naturalisations sur ce recours pendant plus de quatre mois vaut décision de rejet du recours ".
3. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur statue sur les recours préalables obligatoires se substituent à celles des autorités préfectorales qui lui sont soumises. Par suite, la décision du ministre en date du 22 juillet 2021 s'est substituée à la décision expresse du préfet de la Haute-Garonne du 12 février 2021. Dès lors, les conclusions de l'intéressé tendant à l'annulation de cette dernière décision ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables et les moyens de la requête sont inopérants en tant qu'ils sont dirigés contre cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision ministérielle du 22 juillet 2021 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 27 du code civil : "'Toute décision déclarant irrecevable, ajournant ou rejetant une demande d'acquisition, de naturalisation ou de réintégration par décret ainsi qu'une autorisation de perdre la nationalité française doit être motivée'". Il ressort des termes de la décision ministérielle attaquée du 22 juillet 2021, qui vise les articles 45 et 48 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française, que, pour ajourner à deux ans la demande de naturalisation de M. C, le ministre de l'intérieur, qui n'avait pas à énoncer l'ensemble des éléments qu'il a pris en considération mais uniquement ceux sur lesquels il a entendu fonder sa décision, s'est fondé sur le motif tiré de ce que ce dernier avait fait l'objet d'une procédure n° 2020-052912 pour exercice de l'activité de transporteur public routier de marchandises sans inscription au registre le 20 novembre 2020 et de ce que cette procédure avait fait l'objet d'un rappel à la loi. Ainsi, alors au surplus que le ministre de l'intérieur a mentionné la source des faits qu'il retient, à savoir le rappel à la loi et non la consultation du fichier de traitement des antécédents judiciaires, la décision attaquée mentionne de manière suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 21-15 du code civil : " () l'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". En application de l'article 27 de ce même code, l'administration a le pouvoir de rejeter ou d'ajourner une demande de naturalisation. Par ailleurs, aux termes de l'article 48 du décret susvisé du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " () Si le ministre chargé des naturalisations estime qu'il n'y a pas lieu d'accorder la naturalisation ou la réintégration sollicitée, il prononce le rejet de la demande. Il peut également en prononcer l'ajournement en imposant un délai ou des conditions () ". En application de ces dispositions, il appartient au ministre chargé des naturalisations de porter une appréciation sur l'intérêt d'accorder la naturalisation à l'étranger qui la sollicite. Dans le cadre de cet examen d'opportunité, il peut légalement prendre en compte les renseignements défavorables recueillis sur le comportement du postulant.
6. Il ressort des pièces du dossier et notamment de la fiche navette transmise au préfet de la Haute-Garonne par le procureur de la République auprès de la cour d'appel de Toulouse que M. C a fait l'objet d'une procédure n° 2020-052912 pour exercice de l'activité de transporteur public routier de marchandises sans inscription au registre le 20 novembre 2020, qui a été classée sans suite au motif tiré de ce que le procureur avait solennellement notifié à l'auteur des faits que son comportement constituait une infraction punie par la loi. Si le requérant produit une attestation de son inscription au registre des voitures de transport avec chauffeur à compter du 27 juillet 2020 et un extrait de son KBIS, ces formalités sont différentes de celle tenant à l'inscription au registre des transporteurs publics routiers de marchandises. Par suite, eu égard à la gravité et au caractère récent des faits qui sont reprochés au requérant, qui, bien qu'ayant eu lieu avant la date de la décision attaquée, pouvaient être pris en compte par le ministre, ce dernier, qui dispose d'un large pouvoir pour apprécier l'opportunité d'accorder la nationalité française, a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation ni d'erreur de droit, ajourner à la courte durée de deux ans la demande de naturalisation présentée par l'intéressé sur le motif cité au point 4 du présent jugement.
7. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision serait entachée d'une erreur de fait tirée de ce qu'il n'existait aucune mention au TAJ à la date de la décision ministérielle attaquée dès lors que cette décision n'est pas fondée sur la consultation un tel fichier à cette date mais sur l'existence de la procédure n° 2020-052912 susmentionnée, dont la matérialité est établie. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ainsi que, par conséquent, ses conclusions à fin d'injonction et sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et à Me de Courrèges.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025 à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BÉRIA-GUILLAUMIE
Le greffier,
P. VOSSELER
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice
à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026