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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2111924

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2111924

jeudi 6 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2111924
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2102622 du 25 octobre 2021, la présidente du tribunal administratif de Nancy a transmis au tribunal administratif de Nantes, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 13 septembre 2021, présentée par M. A.

Par cette requête, M. A, représenté par Me Grimaldi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 8 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de l'inscrire au concours interne de lieutenant de 2ème classe de sapeurs-pompiers professionnels session 2021 ainsi que la décision du 12 juillet 2021 portant rejet de son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de réexaminer sa situation dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il doit être regardé comme soutenant que :

- la décision attaquée méconnaît l'article 5 du décret du 20 avril 2012 ;

- elle méconnaît le principe d'égalité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 19 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juillet 2024.

Par une lettre du 10 décembre 2024, le tribunal a invité le ministre de l'intérieur, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des pièces pour compléter l'instruction. Le 12 décembre 2024, le ministre de l'intérieur a produit les pièces demandées par le tribunal, qui les a communiquées au requérant le lendemain.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2012-522 du 20 avril 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des lieutenants de sapeurs-pompiers professionnels ;

- l'arrêté du 4 octobre 2019 relatif à la composition de la commission chargée d'examiner l'équivalence des qualifications présentées par les candidats aux concours internes d'accès aux cadres d'emploi d'officiers de sapeurs-pompiers professionnels ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Huet,

- les conclusions de Mme Chatal, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a déposé le 8 février 2021 un dossier de candidature au concours interne de lieutenant de 2ème classe de sapeurs-pompiers professionnels - session 2021. Par décision du 8 avril 2021, le ministre de l'intérieur a refusé son inscription. Par un courrier du 9 juin 2021, M. A a formé un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 12 juillet 2021. M. A demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 4 du décret n° 2012-522 du 20 avril 2012 portant statut particulier du cadre d'emplois des lieutenants de sapeurs-pompiers professionnels : " Le recrutement en qualité de lieutenant de 2e classe de sapeurs-pompiers professionnels intervient après inscription sur liste d'aptitude établie / 1° En application des dispositions du 2° de l'article 36 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée ; () ". Aux termes de l'article 5 de ce décret, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Sont inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 1° de l'article 4 les candidats remplissant les conditions suivantes et déclarés admis à un concours interne ouvert : / a) Aux fonctionnaires et agents publics des collectivités territoriales, de l'Etat, des établissements publics qui en dépendent, y compris ceux mentionnés à l'article 2 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, aux militaires ainsi qu'aux agents en fonctions dans une organisation internationale intergouvernementale comptant au moins quatre ans de services publics au 1er janvier de l'année au titre de laquelle le concours est organisé et titulaires d'une qualification de chef d'agrès tout engin de sapeur-pompier professionnel ou reconnue comme équivalente par la commission compétente instituée par arrêté du ministère de l'intérieur ; / () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 4 octobre 2019 relatif à la composition de la commission chargée d'examiner l'équivalence des qualifications présentées par les candidats aux concours internes d'accès aux cadres d'emploi d'officiers de sapeurs-pompiers professionnels : " Une commission nationale compétente pour examiner l'équivalence de qualification exigée des candidats pour se présenter aux concours internes d'accès aux cadres d'emploi de sapeurs-pompiers professionnels susvisés est instituée auprès du ministre de l'intérieur ".

3. En premier lieu, il est constant que M. A n'était pas titulaire d'une qualification de " chef d'agrès tout engin de sapeur-pompier professionnel " et qu'il a, dès lors, demandé une reconnaissance de la qualification professionnelle de chef d'agrès tout engin de sapeur-pompier professionnel. S'il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a été déclaré apte à l'exercice des fonctions de sergent de sapeurs-pompiers volontaires le 12 novembre 1999, a acquis, dans le cadre de la formation des sergents de sapeurs-pompiers volontaires, les connaissances techniques permettant " de commander un engin de secours et de lutte contre l'incendie en tant que chef d'agrès ", il est constant que cette qualification n'avait toutefois pas été reconnue comme équivalente à celle de " chef d'agrès tout engin de sapeur-pompier professionnel " par la commission compétente instituée par arrêté du ministère de l'intérieur lors de sa réunion du 16 mars 2021. Il ressort au demeurant des pièces du dossier, en particulier du référentiel national d'activités et de compétences établi par les services du ministère de l'intérieur, que la qualification de " chef d'agrès tout engin " et celle de " chef d'agrès d'un engin comportant une équipe " ne peuvent pas être regardées comme équivalentes. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que le ministre de l'intérieur a commis une erreur d'appréciation en refusant son inscription au concours interne de lieutenant de 2ème classe de sapeurs-pompiers professionnels lors de la session 2021.

4. En dernier lieu, M. A soutient qu'un autre sapeur-pompier professionnel dans la même situation que lui a pu s'inscrire au concours de lieutenant de 2ème classe de sapeurs-pompiers professionnels. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que ce sapeur-pompier professionnel exerce son activité de sapeur-pompier volontaire avec la compétence de chef d'agrès tout engin. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que ce sapeur-pompier professionnel serait dans une situation identique à la sienne. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A.

Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Giraud, président,

Mme Beyls, conseillère,

M. Huet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.

Le rapporteur,

F. HUET

Le président,

T. GIRAUD

Le greffier,

G. VIEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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