mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2111994 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | REGENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 octobre 2021 et le 9 novembre 2021,
M. E C et Mme D B, agissant pour leur compte et au nom de leur fils mineur, M. A C, représentés par Me Régent, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 septembre 2021 par laquelle le préfet de la Sarthe a déclaré irrecevable la demande de regroupement familial formulée au profit de Mme B et leur fils ainsi que la décision du 29 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Sarthe a rejeté leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe d'instruire la demande de regroupement familial dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les consorts F soutiennent que :
- le préfet de la Sarthe s'est erronément cru en situation de compétence liée ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation notamment au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de humains et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 aout 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par les consorts F n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Jégard a été entendu au cours de l'audience publique du 29 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. E C ressortissant marocain né en 1983 déclare être entré en France le 6 décembre 2012. Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire " travailleur salarié " du 26 juin 2021 au 25 juin 2022 et un titre de séjour pluriannuel, valable jusqu'au 25 juin 2026, lui a été remis le 5 juillet 2022 sur le même motif. Il a sollicité le 18 aout 2021 le regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme D B, ressortissante marocaine née en 1994, et de leur fils, M. A C, ressortissant marocain né en France en 2018. Par une décision du 21 septembre 2021, confirmée le 29 octobre 2021 par le rejet d'un recours gracieux, le préfet de la Sarthe a déclaré la demande irrecevable. Par leur requête, les consorts F sollicitent l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 9 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. / () ". Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Selon l'article R. 434-6 du même code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 434-7, le bénéfice du regroupement familial peut être accordé au conjoint et, le cas échéant, aux enfants de moins de dix-huit ans de l'étranger, qui résident en France, sans recours à la procédure d'introduction. / Pour l'application du premier alinéa est entendu comme conjoint l'étranger résidant régulièrement en France sous couvert d'une carte de séjour temporaire d'une durée de validité d'au moins un an ou d'une carte de séjour pluriannuelle qui contracte mariage avec le demandeur résidant régulièrement en France dans les conditions prévues aux articles R. 434-1 et R. 434-2 ".
3. Pour déclarer la demande de regroupement familial irrecevable, le préfet de la Sarthe s'est fondé sur la circonstance que Mme B se trouve en France en situation irrégulière.
4. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
5. Ainsi que le fait lui-même valoir le préfet dans ses écritures, la décision attaquée a pour effet d'obliger Mme B à retourner au Maroc afin d'essayer d'obtenir la régularisation de sa situation administrative. La conséquence de cette décision sera la séparation de l'enfant du couple, âgé de trois ans et demi à la date de la décision attaquée, soit de sa mère soit de son père pendant une durée indéterminée. Cette décision, qui, au surplus, est peu motivée quant à l'usage par l'autorité administrative de son pouvoir d'appréciation, cause donc une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de cet enfant.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que les consorts F sont fondés à demander l'annulation de la décision du préfet de la Sarthe.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard à ces motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet de la Sarthe ou à tout autre préfet territorialement compétent d'instruire la demande de regroupement familial déposée par M. C au profit de son épouse et de son fils dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, qui est la partie perdante dans cette instance, la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 21 septembre 2021 du préfet de la Sarthe prise à l'égard des consorts F est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Sarthe ou à tout autre préfet territorialement compétent d'instruire la demande de regroupement familial des consorts F dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera aux consorts F une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, à Mme D B et au préfet de la Sarthe.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2025.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026