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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2112004

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2112004

lundi 4 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2112004
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème Chambre
Avocat requérantDEME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 octobre 2021 et le 13 décembre 2021, M. H A, représenté par Me Deme, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 24 février 2021 des autorités consulaires françaises à Conakry (Guinée) refusant de délivrer à Mme D I C, à Fatoumata Binta A, à E A et à Ibrahima A un visa de long séjour en qualité de membres de famille de réfugié ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de la commission de recours méconnaît les dispositions de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 47 du code civil ;

- elle a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés ;

- la décision attaquée peut également être fondée sur l'absence de production, d'une part, d'un jugement déléguant à M. A l'exercice de l'autorité parentale sur les enfants E et F A, d'autre part, d'une autorisation de sortie du territoire signée par l'autre parent.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 août 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. H A, ressortissant guinéen, né le 10 juin 1980, s'est vu reconnaître la qualité de réfugié par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 juillet 2019. Mme D I C, qu'il présente comme son épouse, E A, Fatoumata Binta A et Ibrahima A, nés respectivement le 17 novembre 2012, le 27 octobre 2015 et le 13 janvier 2017, qu'il présente comme ses enfants, ont déposé des demandes de visas de long séjour, auprès des autorités consulaires françaises à Conakry, en qualité de membres de famille de réfugié. Par une décision du 24 février 2021, ces autorités ont refusé de délivrer les visas sollicités. Par une décision du 2 juin 2021, dont M. A demande l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : 1° Par son conjoint ou le partenaire avec lequel il est lié par une union civile, âgé d'au moins dix-huit ans, si le mariage ou l'union civile est antérieur à la date d'introduction de sa demande d'asile ; () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite ". Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables () ". Et aux termes de l'article L. 561-5 : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil () ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.

4. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour rejeter les demandes de visas de long séjour présentées par Mme D I C, Fatoumata Binta A, E A et Ibrahima A, la commission de recours s'est fondée sur les motifs tirés de ce que, d'une part, l'acte de naissance de Mme C a été transcrit (avec deux dates différentes), selon un jugement supplétif tardif (qui comporte également deux dates différentes), trente-cinq ans après sa naissance, cinq ou six ans après la date déclarée de son mariage et postérieurement à l'obtention par M. A de son statut de réfugié, d'autre part, les actes de naissances de Fatoumata Binta A, E A et Ibrahima A ne sont pas conformes à la loi locale (article 176 du code civil guinéen) et comportent des anomalies dirimantes. La commission de recours a estimé que, dans ces conditions, l'identité des demandeurs de visas et leur lien familial avec le réunifiant ne sont pas établis.

En ce qui concerne Mme C :

5. Le requérant produit, pour justifier de l'identité de la demandeuse de visa, une copie intégrale d'un acte de naissance n°416, établi en transcription d'un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance n°797, qui mentionne que Mme D I C est née le 23 novembre 1984 à Gaoual. Est également versé aux débats le passeport de la demandeuse de visa qui comporte les mêmes mentions.

6. Si la commission de recours a relevé que l'acte de naissance n°416 a été transcrit tardivement, après l'obtention par M. A de son statut de réfugié, cette circonstance ne permet pas de démontrer son caractère frauduleux. En outre, si la copie intégrale produite mentionne que l'acte de naissance n°416 a été transcrit à la fois le 9 août 2019 et le 13 juillet 2020, cette anomalie ne suffit pas à remettre en cause l'authenticité de cet acte d'état civil dès lors que la dernière date correspond en réalité à la date d'établissement de cette copie intégrale. Par ailleurs, si cette même copie indique que l'acte de naissance n°416 a été transcrit à la suite d'une décision du juge de paix de Gaoual " statuant en matière civile et sur requête en son audience publique ordinaire du vingt-six juillet deux mille dix-neuf (26/10/2019) ", cette discordance, qui peut résulter d'une erreur matérielle, ne permet pas d'ôter toute force probante au document produit. Enfin, le ministre de l'intérieur fait valoir que Mme C s'est mariée civilement avec M. A le 10 juin 2014 et qu'elle a nécessairement dû présenter un acte de naissance à cette occasion en application des dispositions des articles 208 et 211 du code civil guinéen. Toutefois, cette incohérence n'est pas de nature à remettre en cause l'authenticité de l'acte de naissance n°416 alors qu'il ressort des pièces du dossier que le passeport de Mme C comporte un numéro d'identification unique sur lequel sont portés aux 11ème, 12ème et 13ème rangs les chiffres " 416 " qui correspondent aux trois numéros de cet acte de naissance, démontrant ainsi qu'il a été établi par les autorités guinéennes sur la présentation de cet acte d'état civil. Dans ces conditions, la commission de recours a entaché sa décision d'une erreur de droit en refusant de délivrer le visa sollicité au motif que l'identité de la demandeuse de visa n'est pas établie.

En ce qui concerne Fatoumata Binta A, E A et Ibrahima A :

7. Le requérant produit, pour justifier de l'identité de Fatoumata Binta A et du lien de filiation allégué, le volet n°1 d'un acte de naissance n°89, dressé le 18 novembre 2015, qui mentionne qu'elle est née le 27 octobre 2015 et qui fait état de sa filiation paternelle avec M. H A et maternelle avec Mme D I C. Sont également versés aux débats une copie intégrale de cet acte de naissance et le passeport de la demandeuse de visa. M. A produit en outre, pour justifier de l'identité de E A et du lien de filiation allégué, le volet n°1 d'acte de naissance n°01, dressé le 25 novembre 2012, qui indique que l'intéressée est née le 17 novembre 2012 et que ses parents sont M. H A et " Mme D G ". Sont également versés aux débats une copie intégrale de cet acte de naissance et le passeport de la demandeuse de visa. Enfin, pour établir l'identité d'Ibrahima A et l'existence du lien de filiation allégué, le requérant fournit un extrait d'un acte de naissance n°118, dressé le 1er février 2017, qui mentionne que l'intéressé est né le 13 janvier 2017 et qui fait état de son lien de filiation avec " Mamadou Saidou " et " Mariama Djogo Barry".

8. La commission de recours a retenu que les actes de naissances de Fatoumata Binta A, E A et Ibrahima A ne sont pas conformes à l'article 176 du code civil guinéen qui prévoit que " les actes seront signés par l'officier d'état civil, par les comparants et les témoins ". Toutefois, la circonstance que les volets n°1 et l'extrait d'acte de naissance produits, qui sont signés par l'officier d'état civil, ne comportent pas l'ensemble des signatures prévues par cet article 176 ne suffit pas à les priver de caractère probant dès lors que ces documents ont vocation à être remis au déclarant. Par ailleurs, si le ministre de l'intérieur fait valoir que les actes de naissances de Fatoumata Binta A et E A comportent des incohérences au niveau de leur numérotation, dès lors qu'ils sont issus du registre n°2 de leurs années respectives alors qu'ils devraient être insérés dans le registre n°1, il n'apporte aucun élément à l'appui de cette affirmation et ne se réfère à aucune règle de droit local qui aurait ce faisant été méconnue. Dès lors, l'identité des demandeurs de visas et leur lien de filiation avec le réunifiant doivent être regardés comme établis par les documents ainsi produits. Dans ces conditions, la commission de recours a entaché sa décision d'une erreur de droit en refusant de délivrer les visas sollicités pour les motifs exposés au point 4.

9. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative, il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

10. Pour établir que la décision attaquée était légale, le ministre de l'intérieur fait valoir dans son mémoire en défense, communiqué au requérant, qu'il n'a pas produit de décision d'une juridiction étrangère lui déléguant l'exercice de l'autorité parentale sur les enfants E A et F A et d'autorisation de sortie du territoire signée par l'autre parent.

11. Aux termes de l'article L. 434-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint si, au jour de la demande : 1° la filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ". Aux termes de l'article L. 434-4 du même code : " Le regroupement familial peut être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et ceux de son conjoint, qui sont confiés, selon le cas, à l'un ou l'autre, au titre de l'exercice de l'autorité parentale, en vertu d'une décision d'une juridiction étrangère. Une copie de cette décision devra être produite ainsi que l'autorisation de l'autre parent de laisser le mineur venir en France. ".

12. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles des articles L. 434-3 et L. 434-4 du même code, auxquelles l'article L. 561-4 renvoie expressément, que l'enfant du réfugié dont l'autre parent ne sollicite pas en même temps que lui un visa de long séjour sur le fondement des dispositions du 1° ou du 2° de l'article L. 561-2 a droit à la délivrance d'un visa de long séjour au titre de la réunification familiale pourvu que soient remplies les conditions fixées par les articles L. 434-3 et L. 434-4. Il s'ensuit que l'enfant, mineur de dix-huit ans, souhaitant rejoindre son parent réfugié sans son autre parent, bénéficie de plein droit de la délivrance d'un visa de long séjour soit lorsque son autre parent est décédé ou déchu de l'autorité parentale, soit s'il a été confié à son parent réfugié ou au conjoint de ce dernier en exécution d'une décision d'une juridiction étrangère et est muni de l'autorisation de son autre parent.

13. Comme mentionné au point 7, il ressort des pièces du dossier que E A et Ibrahima A sont issus de l'union entre M. H A et " Mme D G " ou " " Mariama Djogo Barry ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière serait décédée ou déchue de ses droits parentaux. En outre, le requérant ne produit aucune décision d'une juridiction étrangère lui délégant l'exercice de l'autorité parentale sur ces deux enfants mineurs, ni aucune autorisation signée par leur mère les laissant venir en France, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de motif présentée par le ministre de l'intérieur en défense, qui ne prive le requérant d'aucune garantie. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision de refus de visa en se fondant sur ce seul motif.

14. En dernier lieu, compte tenu de ce qui précède et en l'absence d'éléments suffisants permettant de démontrer l'intensité des liens unissant, à la date de la décision attaquée, le requérant à E A et Ibrahima A, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle refuse de délivrer un visa de long séjour à Mme D I C et Fatoumata Binta A.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement implique uniquement qu'il soit procédé à la délivrance d'un visa de long séjour à Mme D I C et à Fatoumata Binta A dans un délai de deux mois suivant sa notification.

Sur les frais liés au litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A d'une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visas d'entrée en France du 2 juin 2021 est annulée en tant qu'elle refuse de délivrer un visa de long séjour à Mme D I C et Fatoumata Binta A.

Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de délivrer à Mme D I C et Fatoumata Binta A un visa de long séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. H A et au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Allio-Rousseau, présidente,

M. Sarda, premier conseiller,

Mme Beyls, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.

Le rapporteur,

M. B

La présidente,

M.-P. ALLIO-ROUSSEAU

La greffière,

C. GUILLAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2112004

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