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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2112402

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2112402

mardi 20 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2112402
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKADDOURI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 novembre 2021 et le 12 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Kaddouri, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et a prononcé une interdiction de retour pendant une durée de 18 mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer une autorisation de séjour et de travail en attendant qu'il soit statué à nouveau sur sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au profit de son conseil qui renoncera, dans cette hypothèse, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il n'est pas régulièrement motivé ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la commission du titre de séjour n'a pas été saisie ;

- l'avis de la commission du titre de séjour ne lui a pas été communiqué ;

- la commission du titre de séjour n'était pas régulièrement composée ;

- le refus de séjour méconnaît les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale en conséquence ;

- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale en conséquence ;

- l'interdiction de retour méconnaît l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est illégale en conséquence.

Par des mémoires en défense, enregistré le 6 juillet 2022 et le 22 août 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable comme tardive ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Un mémoire, enregistré le 6 septembre 2019, a été présenté par le préfet de Maine-et-Loire.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A de Baleine, président, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant russe né le 29 septembre 1989, déclare être entré en France le 9 juin 2008 démuni de passeport. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 31 octobre 2008 et une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 13 avril 2011. Il a sollicité le 14 septembre 2012 son admission au séjour au titre de sa vie privée et familiale et il a bénéficié, à titre exceptionnel, en produisant un passeport muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités slovènes, d'une carte de séjour temporaire valable du 30 juin 2014 au 29 juin 2015. A la suite à son interpellation par les services de police le 4 octobre 2015, le préfet de Maine-et-Loire a pris à son encontre, le 5 octobre 2015, une obligation de quitter le territoire français assortie d'une assignation à résidence. Il n'a pas déféré à ces deux mesures. Il a, ultérieurement, sollicité du préfet de Maine-et-Loire son admission exceptionnelle au séjour, que ce préfet lui a refusé par un arrêté du 17 mai 2017, assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La requête dirigée contre cet arrêté a été rejetée comme mal fondée par une décision du tribunal administratif de Nantes du 17 mai 2018 et une décision de la cour administrative d'appel de Nantes du 7 septembre 2018. S'étant maintenu en France, l'intéressé a, une nouvelle fois, sollicité du préfet de Maine-et-Loire la régularisation de son séjour. Par une décision du 23 mars 2021, le tribunal administratif de Nantes a, d'une part, annulé, comme intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, l'arrêté du 10 février 2020 par lequel ce préfet avait rejeté cette demande de M. B, lui avait fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, avait fixé le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai et lui avait interdit le retour sur ce territoire pendant 18 mois et, d'autre part, enjoint au préfet de se prononcer à nouveau sur la situation de l'intéressé dans un délai de trois mois. Par l'arrêté du 10 juin 2021 dont M. B demande l'annulation, le préfet de Maine-et-Loire, après avoir procédé à ce réexamen, a refusé de lui délivrer un titre de séjour et assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, laquelle obligation fixe le pays de destination en cas de reconduite d'office à l'issue de ce délai, ainsi que fait interdiction à M. B de retour sur le territoire français pendant une durée de 18 mois.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Par un arrêté du 22 février 2021, régulièrement publié au recueil spéciale des actes administratifs de la préfecture de Maine-et-Loire, n°19 du 24 février 2021, le préfet de Maine-et-Loire a donné délégation permanente à Mme Magali Daverton, secrétaire générale de la préfecture et signataire de l'arrêté du 18 août 2021 en litige, pour signer " tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Maine-et-Loire ", sous réserve d'exceptions dont ne relève aucune des décisions que comporte l'arrêté attaqué. Il en résulte que le moyen tiré de l'incompétence de cette signataire ne peut qu'être écarté.

3. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait fondant le refus de délivrer un titre de séjour au requérant. Il en résulte que cette décision est motivée. Conformément à l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français est, en conséquence, motivée. L'arrêté attaqué, qui vise notamment l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, constate que l'étranger est de nationalité russe et qu'il lui est fait obligation de quitter le territoire français. Il en résulte que la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office est motivée.

4. Il ressort des pièces du dossier que la commission du titre de séjour de Maine-et-Loire, saisie de la demande de régularisation présentée par M. B, a sur cette demande émis un avis le 11 décembre 2019. Il en résulte que le moyen tiré du défaut de consultation de cette commission manque en fait.

5. Aux termes de l'article L. 312-1, repris depuis le 1er mai 2021 à l'article L. 432-14 de ce code : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour composée : / a) D'un maire ou de son suppléant désignés par le président de l'association des maires du département ou, lorsqu'il y a plusieurs associations de maires dans le département, par le préfet en concertation avec celles-ci et, à Paris, du maire, d'un maire d'arrondissement ou d'un conseiller d'arrondissement ou de leur suppléant désigné par le Conseil de Paris ; / b) De deux personnalités qualifiées désignées par le préfet ou, à Paris, le préfet de police. / Le président de la commission du titre de séjour est désigné, parmi ses membres, par le préfet ou, à Paris, le préfet de police. / Dans les départements de plus de 500 000 habitants, une commission peut être instituée dans un ou plusieurs arrondissements. ".

6. Il ressort des pièces du dossier que la commission du titre de séjour de Maine-et-Loire était composée, le 11 décembre 2019, du maire délégué de la commune de Beauvau, maire ou suppléant d'un maire, ainsi que d'une commissaire de police et de la présidente de l'UDAF 49, personnalités qualifiées désignées par le préfet, ainsi que présidée par cette commissaire de police, en étant au nombre des membres. Il suit delà que le moyen tiré de la composition irrégulière de cette commission doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, repris depuis le 1er mai 2021 à l'article L. 432-15 de ce code : " () L'étranger est convoqué par écrit au moins quinze jours avant la date de la réunion de la commission qui doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent sa saisine ; il peut être assisté d'un conseil ou de toute personne de son choix et être entendu avec l'assistance d'un interprète () ". Aux termes de l'article R. 312-8 de ce même code, repris depuis le 1er mai 2021 à l'article R. 432-14 de ce code : " Devant la commission, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé. ". Il résulte de ces dispositions que l'avis motivé de la commission doit être transmis à l'intéressé et au préfet avant que ce dernier ne statue sur la demande dont il a été saisi. Une telle communication constitue une garantie instituée au profit de l'étranger qui doit connaître le sens et les motifs de l'avis de la commission avant que le préfet ne prenne sa décision.

8. Il ressort des pièces du dossier que la commission du titre de séjour de Maine-et-Loire s'est réunie le 11 décembre 2019. M. B a été convoqué par une lettre recommandée du 19 novembre 2019 expédiée à l'adresse déclarée par l'intéressé à Angers et présentée le 22 novembre 2019, ce dont il a été avisé le même jour. Faute de retrait du pli, il a été retourné à l'expéditeur le 13 décembre 2019. Il en résulte que M. B a été régulièrement convoqué le 22 novembre 2019. Il ne s'est pas présenté devant la commission du titre de séjour le 11 décembre 2019. L'avis motivé émis par cette dernière le 11 décembre 2019 a été communiqué à M. B par une lettre du 29 mars 2021, lettre signée de la directrice de l'immigration et des relations avec les usagers et émanant du bureau du séjour des étrangers au sein de la direction de l'immigration et des relations avec les usagers de la préfecture de Maine-et-Loire, conformément aux dispositions de l'article R. 312-6 du CESEDA reprises depuis le 1er mai 2021 à l'article R. 432-12 de ce code et selon lesquelles le service des étrangers de la préfecture assure le secrétariat de la commission. Cette lettre du 29 mars 2021 comporte la teneur de l'intégralité de l'avis ainsi émis et non, contrairement à ce qui est soutenu, de son seul dispositif c'est-à-dire de son seul sens. Cette lettre a été adressée à M. B au moyen d'un pli recommandé avec accusé de réception expédié à l'adresse déclarée par M. B. Ce pli a été présenté le 2 avril 2021 et le destinataire a été avisé de cette présentation. Faute de retrait du pli, il a été retourné à l'expéditeur le 22 avril 2021. Il en résulte que ce pli a été régulièrement notifié le 2 avril 2021 à M. B, qui allègue pour sa part en avoir accusé réception alors que l'enveloppe d'expédition produite par le préfet établit que le destinataire n'en a pas accusé réception. Par suite, le moyen tiré de l'absence de communication, préalable à l'intervention de l'arrêté attaqué, de cet avis du 11 décembre 2019 manque en fait.

9. Les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables à l'avis de la commission du titre de séjour, qui n'est pas une décision. Il ressort des pièces du dossier que l'avis émis le 11 décembre 2019 est ainsi motivé : " En raison des condamnations de M. C B pour recel de bien provenant de vols, pour outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et pour circulation avec un véhicule terrestre à moteur et conduite d'un véhicule sans permis, la commission émet un avis défavorable à la demande de titre de séjour présentée par M. C B ". Il en résulte que le moyen tiré de l'absence de motivation de cet avis manque en fait.

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, pour prendre les décisions attaquées, le préfet de Maine-et-Loire se serait abstenu d'examiner la situation particulière de M. B.

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

12. Il ressort des pièces du dossier que, si le requérant se prévaut d'une longue durée, depuis le mois de juin 2008, de séjour sur le territoire français, il s'y maintient toutefois irrégulièrement en dépit des obligations de quitter dont il a fait l'objet le 5 octobre 2015 et le 17 mai 2017. Il est célibataire et n'a personne à charge. Son père, qui séjournait en France, y est décédé le 3 décembre 2016 et le requérant ne justifie pas d'attaches personnelles, en particulier familiales, anciennes, intenses et stables en France. Il ne justifie pas être sans attaches personnelles, notamment familiales, en Russie, pays dont il a la nationalité et où il a vécu pendant près de vingt ans, alors qu'il est âgé de plus de 31 ans. Rien ne fait obstacle à ce qu'il exerce une activité professionnelle en Russie et à ce qu'il poursuive son existence dans ce pays. Si le requérant fait état de son intégration en France, il a toutefois méconnu les obligations de quitter le territoire français dont il a fait l'objet en 2015 et 2017, a été condamné le 12 juin 2009 à une peine d'emprisonnement en répression de faits de recel de bien provenant d'un vol le 23 décembre 2008, a été condamné le 6 juillet 2010 à une peine d'emprisonnement en répression de faits de recel de bien provenant d'un vol le 30 mars 2009, et a été condamné le 1er mars 2016 à une peine d'emprisonnement en répression de faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique le 26 octobre 2015. Il a également été mis en cause à raison de faits, à Angers le 4 octobre 2015, de transport sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, d'usage illicite de stupéfiants, de conduite d'un véhicule sans permis de conduire et de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ainsi que, à Trélazé le 21 avril 2016, de faits de conduite d'un véhicule sans permis de conduire et de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance. Ces diverses circonstances ne caractérisent pas une intégration satisfaisante de l'intéressé dans la société française. Compte tenu de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. B, il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire aurait porté une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée aux buts en vue desquels il lui a refusé la régularisation de sa situation au regard du séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

13. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

14. En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

15. Pour les raisons exposées au point 7 de la présente décision, M. B n'est pas fondé à soutenir que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui ouvraient droit à la délivrance d'une carte de séjour. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire aurait, dans l'exercice du large pouvoir d'appréciation qu'il tient des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant que l'admission exceptionnelle de l'intéressé au séjour par la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ne répond pas à des considérations humanitaires et qu'il n'est pas fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans le cadre d'une telle admission, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".

16. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus quant à la légalité du refus de délivrer un titre de séjour à M. B qu'il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de ce refus.

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une obligation de quitter le territoire français sur la situation personnelle de M. B.

18. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus quant à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination en cas d'éloignement d'office à l'issue du délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de cette obligation.

19. Aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " () les décisions d'interdiction de retour () sont motivées. ".

20. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit, par ailleurs, faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision, une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

21. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application et, quant à l'interdiction de retour, en rappelle la teneur. Il fait état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels le préfet a arrêté, dans son principe et dans sa durée, cette interdiction, résidant notamment dans la circonstance qu'il a déjà fait l'objet de mesures d'éloignement les 5 octobre 2015 et 17 mai 2017. Il en résulte que l'interdiction de retour est régulièrement motivée.

22. M. B s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait accordé par la décision du préfet de Maine-et-Loire du 17 mai 2017 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Il en résulte qu'il se trouve dans le cas, prévu par l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel il appartient au préfet d'édicter une interdiction de retour.

23. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Maine-et-Loire aurait commis une erreur dans l'appréciation des conséquences d'une interdiction de retour sur le territoire français sur la situation personnelle de M. B. En outre, ce dernier n'est pas fondé à prétendre que cette interdiction méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

24. Il résulte de ce qui a été dit quant à la légalité de l'obligation de quitter le territoire français que M. C n'est pas fondé à prétendre que l'interdiction de retour est illégale en raison de l'illégalité de cette obligation.

25. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de Maine-et-Loire, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Les conclusions à fin d'injonction qu'il présente ne peuvent, en conséquence, être accueillies.

Sur les frais liés au litige :

26. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement d'une somme à ce titre.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Kaddouri.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.

Le président-rapporteur,

A. A DE BALEINEL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

S. THOMAS

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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