jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2112403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ROCHICCIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Rochiccioli, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours contre la décision du préfet des Hauts-de-Seine du 17 juin 2020 déclarant irrecevable sa demande de naturalisation ;
2°) d'enjoindre à l'administration de faire droit à sa demande de naturalisation, ou à titre subsidiaire de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Rochiccioli en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article 21-24 du code civil et de la circulaire du 16 octobre 2012 ;
- sa demande de naturalisation remplit les conditions de recevabilité fixées par le code civil et l'administration aurait dû en faciliter le traitement par application de la circulaire du 14 septembre 2020, eu égard à son implication pendant la crise sanitaire ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'elle justifie de son assimilation à la communauté française et qu'elle a apporté plusieurs réponses exactes au cours de l'entretien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Frelaut a été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante gambienne née le 18 janvier 1987, a déposé une demande de naturalisation auprès du préfet des Hauts-de-Seine qui a déclaré sa demande irrecevable par une décision du 17 juin 2020. Elle a formé un recours contre cette décision auprès du ministre de l'intérieur. Le 29 janvier 2021, le ministre a substitué à la décision préfectorale d'irrecevabilité une décision portant rejet de sa demande de naturalisation. Si Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le ministre a rejeté son recours, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse intervenue le 29 janvier 2021, qui s'y est substituée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur :
2. En premier lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir de ce que sa demande de naturalisation remplirait les conditions de recevabilité fixées par le code civil, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 1, la décision du 29 janvier 2021 portant rejet de sa demande s'est substituée à la décision préfectorale du 17 juin 2020 déclarant sa demande irrecevable.
3. En second lieu, selon l'article 21-15 du code civil : " L'acquisition de la nationalité française par décision de l'autorité publique résulte d'une naturalisation accordée par décret à la demande de l'étranger ". Aux termes de l'article 21-24 du code civil : " Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie de son assimilation à la communauté française, notamment par une connaissance suffisante, selon sa condition, de la langue, de l'histoire, de la culture et de la société françaises, dont le niveau et les modalités d'évaluation sont fixés par décret en Conseil d'Etat, et des droits et devoirs conférés par la nationalité française ainsi que par l'adhésion aux principes et aux valeurs essentiels de la République. () ". Aux termes de l'article 41 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " () Lors d'un entretien individuel et après réception des enquêtes prévues à l'article 36, l'agent vérifie l'assimilation du demandeur à la communauté française, selon les critères prévus par l'article 21-24 du code civil et établit un compte rendu de l'entretien. ".
4. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour rejeter la demande de naturalisation de Mme A, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur le motif tiré de la connaissance insuffisante par l'intéressée, des éléments fondamentaux relatifs aux grands repères de l'histoire de la France, aux règles de vie en société et aux principaux droits et devoirs liés à l'exercice de la citoyenneté française.
5. Il ressort du compte-rendu de l'entretien d'assimilation qui s'est déroulé le 19 février 2020 qu'au cours de cet entretien, Mme A n'a pas été en mesure de citer l'évènement commémoré lors de la fête nationale, ni les dates des deux guerres mondiales, ni un symbole de la République. De telles lacunes révèlent une connaissance insuffisante, de la part de la postulante, des éléments fondamentaux de la culture française. Par suite, le ministre, n'a pas entaché sa décision d'erreur de droit, ni, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont il dispose pour apprécier l'opportunité d'accorder la nationalité française à l'étranger qui la sollicite, d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande de naturalisation de Mme A, malgré les efforts d'intégration déployés par l'intéressée et quand bien même elle n'aurait pas été scolarisée. Cette décision ne fait en outre pas obstacle à ce que l'intéressée, une fois ses lacunes comblées, présente une nouvelle demande auprès des services préfectoraux compétents.
6. Par ailleurs, Mme A ne peut utilement se prévaloir du contenu des circulaires du 16 octobre 2012 et du 14 septembre 2020, qui sont dépourvues de caractère réglementaire.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Rochiccioli et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Benoist, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.
La rapporteure,
L. FRELAUT
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAULa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026