vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2112631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | OQTF 6 semaines - 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP BARBARY MORICE L'HELIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2021, M. G A, représenté par Me L'Helias, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 octobre 2021 par lequel le préfet de la Mayenne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois et l'a obligé à se présenter au commissariat de police de Laval chaque jeudi à 14 heures afin de justifier des diligences accomplies en vue de son départ ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Mayenne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 300 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence de la signataire de l'arrêté attaqué n'est pas établie ;
- l'arrêté a été pris sans qu'il ait été préalablement mis à même de présenter ses observations ; son droit d'être entendu a été méconnu ; le préfet n'a pas tenu compte des circonstances propres à sa situation ; il vit en concubinage avec une compatriote ; de cette relation est née une fille le 24 septembre 2021 ; une demande de protection internationale a été déposée au profit de cette enfant qui est exposée à un risque de subir une excision en cas de retour en Guinée ; s'il est fait droit à cette demande, il a vocation à obtenir un titre de séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation ;
- la décision contrevient au 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il souffre de diabète ; son état de santé nécessite un suivi médical consistant en la prise de médicaments et en des analyses de sang ; il ne pourra pas bénéficier d'un tel suivi en Guinée ;
- le préfet a méconnu l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il risque d'être séparé de son enfant s'il retourne en Guinée ;
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ; elle se borne à mentionner le rejet de sa demande d'asile par les instances en charge de l'examen des demandes d'asile ; aucun examen particulier de sa situation au regard des risques qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine n'a été effectué ;
- son annulation est impliquée par l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet a méconnu l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; pour les raisons qu'il expose, il encourt des persécutions en cas de retour en Guinée ;
- le préfet a méconnu l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; sa fille risque d'être maltraitée si elle retourne en Guinée ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois :
- le préfet a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; sa durée de présence en France n'est pas négligeable ; il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans ce pays ; il réside avec sa fille et la mère de celle-ci ;
Sur l'obligation de se présenter au commissariat de police chaque jeudi à 14 heures :
- son annulation est impliquée par l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 novembre 2021, le préfet de la Mayenne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'ensemble des moyens soulevés par le requérant sont mal fondés
Par une décision du 28 février 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Martin, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen né le 26 juin 1990, est entré irrégulièrement en France le 15 mai 2017 et a formé, auprès du préfet de la Loire-Atlantique, une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 25 janvier 2018. Ce rejet a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 7 décembre 2018. Le 30 janvier 2019, le préfet de la Mayenne a pris à l'encontre de M. A un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et désignation du pays de renvoi. Cette mesure d'éloignement n'a pas été exécutée. M. A a présenté une demande de réexamen de sa situation que l'OFPRA et la CNDA ont successivement rejetée par des décisions datées respectivement du 18 mai 2021 et du 30 juillet 2021. Par un arrêté du 20 octobre 2021, le préfet de la Mayenne a pris à l'encontre de l'intéressé un arrêté portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé, en l'absence du directeur de la citoyenneté, par Mme H I, cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux à la préfecture de la Mayenne. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté de délégation de signature du 8 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Mayenne a donné délégation, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur de la citoyenneté, à Mme I à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de départ, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. F, directeur de la citoyenneté, n'aurait pas été absent ou empêché à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet arrêté doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ". Lorsque le préfet oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il fixe, à cet effet, le pays à destination duquel il sera reconduit en cas d'inexécution de cette obligation, dont les dispositions sont issues de la transposition en droit national de la directive du 16 décembre 2008, le préfet doit être regardé comme mettant en œuvre le droit de l'Union.
4. À l'occasion du dépôt de sa demande d'asile, l'étranger est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit reconnue la qualité de réfugié et à produire tous les éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande qui doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter toutes les précisions qu'il juge utile. Il lui est, en outre, loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir toute observation complémentaire, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux.
5. En l'espèce, s'il est constant que M. A n'a pas été invité par l'administration à présenter, préalablement à l'édiction de la décision attaquée, ses observations écrites ou orales sur la perspective d'une mesure d'éloignement, il ne pouvait ignorer qu'il était susceptible de faire l'objet d'une telle mesure après le rejet définitif de sa demande d'asile. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ait été privé de la possibilité de présenter des observations écrites ou orales ou qu'il aurait demandé en vain un entretien avec les services préfectoraux. Il suit de là que le moyen tiré du non-respect du droit d'être entendu doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. A soutient que l'arrêté attaqué, qui le présente comme célibataire sans enfant, n'a pas été précédé d'un examen suffisant de sa situation personnelle dès lors qu'il vit en concubinage avec une compatriote, que de cette relation est née une fille le 24 septembre 2021, qu'une demande de protection internationale a été déposée au profit de cette dernière qui est exposée au risque de subir une excision en cas de retour en Guinée et que, s'il est fait droit à cette demande, il aura vocation à obtenir un titre de séjour sur le fondement du 4° de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant ne justifie toutefois pas avoir porté ces éléments à la connaissance du préfet de la Mayenne préalablement à la prise de l'arrêté attaqué. Il n'est, dès lors, pas fondé à soutenir que leur non-prise en compte par le préfet révèlerait un défaut d'examen approfondi, par ce dernier, de sa situation personnelle.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".
8. M. A fait valoir qu'il vit en concubinage avec une compatriote, Mme E B, que de cette union est née une fille, C A, le 24 septembre 2021, au Mans et que la mère de cette enfant a sollicité pour sa fille, par une demande enregistrée le 16 novembre 2021 par l'OFPRA, le bénéfice du statut de réfugié en se prévalant des risques d'excision auxquels elle serait exposée en cas de renvoi en Guinée. M. A, dont la demande d'asile a été définitivement rejetée, n'établit cependant ni l'effectivité, ni l'ancienneté de sa vie commune avec Mme B, elle-même demandeure d'asile déboutée, en se bornant à produire l'acte, dressé le 5 août 2021 par l'officier de l'état civil de la ville du Mans, par lequel il a déclaré reconnaître pour sien l'enfant dont Mme B était alors enceinte. Il n'établit pas davantage qu'il s'occuperait de son enfant alors qu'il réside à Laval et que Mme B et sa fille sont domiciliées au Mans. Eu égard, en tout état de cause, au caractère récent de la relation de M. A avec Mme B à la date de l'arrêté attaqué, ainsi qu'aux conditions de séjour sur le territoire national de M. A qui n'allègue aucune insertion particulière, l'éloignement de M. A à destination de la Guinée, où il a vécu jusqu'à l'âge de 26 ans, ne porte pas une atteinte excessive à son droit de mener une vie familiale normale. M. A n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision litigieuse méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. () ". Compte tenu du jeune âge de l'enfant de M. A et de la portée de la décision attaquée qui ne fait pas obstacle, le cas échéant, à ce que la famille se reconstitue en Guinée ou en France à brève échéance, la décision attaquée ne porte pas une atteinte excessive à l'intérêt supérieur de l'enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3.1 de ladite convention doit être écarté.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ". Aux termes de l'article R. 611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / () ".
11. M. A soutient que les dispositions citées au point précédent s'opposent à son éloignement du territoire français dès lors qu'il souffre de diabète, que son état de santé nécessite la prise de médicaments et des analyses régulières de sang et qu'il ne pourra pas bénéficier de ce traitement et de cette surveillance en Guinée. Il ne produit toutefois, à l'appui de ses allégations sur son état de santé, aucune pièce justificative. Le moyen tiré de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant fixation du pays de destination :
12. En premier lieu, la décision fixant le pays de destination comporte l'énoncé suffisant des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle se réfère notamment aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à l'absence de justification par l'intéressé, dont elle rappelle qu'il a été débouté de sa demande d'asile, de l'existence d'une menace personnelle en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté comme manquant en fait.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales: " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
14. M. A soutient que les risques graves pour son intégrité physique et sa vie auxquels il serait exposé en cas de retour en Guinée, pour les raisons qu'il a exposées dans sa demande d'asile, perdurent à la date de la décision attaquée. Toutefois, il n'apporte aucun élément probant nouveau, à l'appui de ses allégations, permettant d'établir qu'il encourrait effectivement, en cas de retour dans son pays, des risques pour sa vie ou sa liberté ou qu'il y serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants alors que son récit des persécutions qu'il prétend y avoir subies de la part d'un oncle qui l'aurait dépossédé de son héritage a été jugé non convaincant par l'OFPRA et par la CNDA. Dans ces conditions, le préfet de la Mayenne n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant la Guinée comme pays de destination.
15. En troisième lieu, le moyen tiré par M. A de ce que la désignation de la Guinée comme pays de destination est contraire à l'intérêt supérieur de sa fille, eu égard aux risques de mauvais traitements qu'elle encourt dans ce pays, ne peut être accueilli, l'enfant n'ayant pas vocation à accompagner M. A en Guinée avant que les instances compétentes n'aient définitivement statué sur sa demande d'asile.
16. En quatrième lieu, eu égard à ce qui a été dit aux points 2 à 11, le moyen tiré de ce que l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit entrainer, par voie de conséquence, celle de la décision fixant le pays de renvoi doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. Les pièces produites par M. A, qui sont pour l'essentiel afférentes à sa demande d'asile, ne justifient pas de l'intensité et de l'ancienneté des liens qu'il a tissés sur le territoire français depuis son arrivée. En outre, ainsi qu'il a été dit, il s'est soustrait une fois à une mesure d'éloignement. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français, d'une durée de douze mois, prononcée à son encontre par le préfet de la Mayenne serait contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de ce que cette mesure serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne l'autre moyen soulevé à l'encontre de la décision astreignant le requérant à se présenter auprès des services de police pour y indiquer les diligences dans la préparation de son départ :
18. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ".
19. L'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas établie, eu égard à ce a été dit aux points 2 à 11, le moyen tiré par voie de conséquence de l'illégalité de cette décision, que M. A invoque à l'encontre de la décision l'astreignant à se présenter chaque jeudi au commissariat de police de Laval afin d'indiquer ses diligences dans la préparation de son départ, doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du préfet de la Mayenne du 20 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
21. D'une part, le rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. A entraine, par voie de conséquence, celui de ses conclusions à fin d'injonction.
22. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au profit de son conseil par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G A, au préfet de la Mayenne et à Me L'Helias.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
L. D La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au préfet de la Mayenne
en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
V. Malingre
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026