mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2112722 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PIGEAU CONTE MURILLO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 novembre 2021 et 30 juin 2022, M. D B, représenté par Me Murillo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2021 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Sarthe, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'elle a été signée par une autorité compétente ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle n'est pas suffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2022, le préfet de la Sarthe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par une décision du 16 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1.M. D B, ressortissant marocain né en mai 1986, déclare être entré régulièrement sur le territoire français le 4 septembre 2014 sous couvert d'un visa court séjour délivré par les autorités italiennes, valable du 29 août 2014 au 28 février 2015. En 2018, il a commencé une relation avec une ressortissante française. De leur union est né, le 3 septembre 2019, un fils prénommé C. Le couple s'est finalement séparé. Après cette séparation, M. B a entamé une nouvelle relation avec une autre ressortissante française. De leur union est né, le 29 janvier 2021, un deuxième fils prénommé A. Depuis, le couple s'est séparé. Le 5 février 2020, M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tant que parent d'enfant français. Par un arrêté du 12 octobre 2021, le préfet de la Sarthe a refusé de faire droit à sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2.Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
3.Il constant que M. B est le père de deux enfants français nés de ses relations avec deux ressortissantes françaises, C né le 3 septembre 2019, et A né le 29 janvier 2021. Il ressort également des pièces du dossier que par un jugement du 2 mars 2020, le juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire du Mans, saisi par M. B, a homologué la convention parentale lui accordant notamment l'exercice de l'autorité parentale, conjointement avec la mère de l'enfant, un droit de visite et d'hébergement pour son fils C, dans un espace de rencontre une fois par semaine et au minimum deux fois par mois, et le dispensant de toute contribution financière en raison de sa situation d'impécuniosité. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. B, le préfet de la Sarthe a estimé que le requérant ne démontrait pas participer à l'entretien et à l'éducation de ses enfants ni entretenir des relations affectives suivies avec eux. Toutefois, il ressort des différentes factures d'achats d'articles de puériculture ainsi que des déclarations de ses anciennes compagnes, attestant de versements d'argent ponctuels de sa part, que M. B a effectivement contribué financièrement à l'entretien de ses enfants à hauteur de ses moyens malgré sa situation d'impécuniosité. Il ressort également des pièces du dossier, notamment d'une attestation de la mère de l'enfant, du frère du requérant et de sa nouvelle compagne qu'une garde alternée a été mise en place pour le second des enfants de M. B, A, le requérant gardant son fils une semaine sur deux. Par ailleurs, une note intermédiaire adressée au juge des affaires familiales du tribunal judiciaire du Mans par le centre de point-rencontre, atteste notamment que l'intéressé a exercé son droit de visite auprès du premier de ses enfants, C pour la période du 17 juillet au 2 octobre 2021. Il ressort donc de ces pièces que M. B entretient une relation régulière avec ses deux fils et particulièrement avec le petit A. En outre, M. B produit un certain nombre de photographies non datées, mais dont il ressort cependant qu'il a été présent pour ses deux fils depuis leur naissance. Dans ces conditions, en se fondant sur l'absence de contribution du requérant à l'entretien et à l'éducation de ses enfants alors que ce dernier, d'une part, ne dispose pas des ressources suffisantes pour apporter une contribution financière et, d'autre part, est impliqué dans l'éducation de ses enfants en exerçant son droit de visite en totalité et dans de bonnes conditions à la date du refus de séjour contesté, le préfet de la Sarthe a méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4.Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doit être annulée. Il en va de même, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
6. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard aux motifs sur lesquels il se fonde, que le préfet de la Sarthe délivre à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Sarthe de délivrer à M. B un tel titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Murillo de la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1er : Les décisions du 12 octobre 2021 par lesquelles le préfet de la Sarthe a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Sarthe de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", en qualité de parent d'enfant français, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : : L'Etat versera à Me Murillo la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, au préfet de la Sarthe et à Me Murillo.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2022.
La présidente-rapporteure,
M. E
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
B. ECHASSERIEAU
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au le préfet de la Sarthe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
lf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026