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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2113089

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2113089

jeudi 1 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2113089
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTUENDIMBADI KAPUMBA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a été saisi par Mme A d’un recours en excès de pouvoir contre une décision implicite du ministre de l’intérieur rejetant sa demande de naturalisation. Postérieurement à la requête, la nationalité française lui a été accordée le 14 juin 2023, rendant sans objet les conclusions à fin d’annulation et d’injonction. Les conclusions indemnitaires ont été rejetées comme manifestement irrecevables, faute de justification du préjudice allégué. L’État a été condamné à verser 500 euros à Mme A au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2021, Mme B A, représentée par Me Tuendimbadi Kapumba, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours contre la décision du préfet de l'Essonne du 11 mai 2021 ajournant à deux ans sa demande de naturalisation ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui accorder la nationalité française à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 000 euros au titre des préjudices résultant du refus illégal de naturalisation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et de condamnation et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que la nationalité française a été accordée à Mme A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () " .

Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte :

2. Par une décision du 14 juin 2023 postérieure à l'introduction de la requête, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a accordé la nationalité française à Mme A. Ainsi, cette autorité a implicitement mais nécessairement retiré la décision attaquée. Dès lors, les conclusions de Mme A à fin d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

3. Les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme A ne sont assorties d'aucune justification de nature à démontrer le préjudice allégué. Dès lors, elles sont entachées d'une irrecevabilité manifeste qui ne saurait être régularisée et doivent être rejetées par application des dispositions citées ci-dessus.

Sur les frais liés à l'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme A à fin d'annulation et d'injonction.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Nantes, le 1er août 2024.

La présidente,

V. GOURMELON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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