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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2113128

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2113128

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2113128
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSPE GAYA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n° 2010221, des pièces et des mémoires complémentaires, enregistrés respectivement le 13 octobre et le 19 novembre 2020, le 4 mai, le 25 et le 26 aout 2021, et le 23 juin 2023, M. B A représenté par Me Loiseau demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a rejeté sa demande de versement des aides agro-environnementales octroyées dans le cadre de la politique agricole commune au titre des campagnes 2016, 2017, 2018 et 2019 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de verser les aides agroenvironnementales octroyées dans le cadre de la politique agricole commune au titre des campagnes 2016, 2017, 2018 et 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, aucune décision n'étant intervenue pour retirer les mesures agroenvironnementales et climatiques au titre de la campagne 2016 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au titre de la campagne 2017, 2018 et 2019, en ce qu'il y a une erreur quant au calcul des surfaces et du taux de chargement, la chambre d'agriculture qui l'a assisté pour le montage du dossier a mal rempli les surfaces de son exploitation sur Telepac, la direction départementale des territoires aurait dû se rendre compte de l'incohérence des éléments qui avaient été renseignés, aurait dû effectuer un contrôle sur place, et les surfaces cibles n'ont pas été prises en compte ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au titre de la campagne 2018, en l'absence d'une procédure contradictoire préalable et d'un contrôle sur place.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 16 aout 2021 et le 4 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que :

- la requête est dépourvue d'objet dès lors qu'il a donné satisfaction au requérant en rectifiant les anomalies liées aux surfaces cibles au titre des campagnes 2017, 2018, 2019 et 2020.

II. Par une requête n° 2111553 et un mémoire complémentaire enregistrés le 15 octobre 2020 et le 23 juin 2023, M. B A, représenté par Me Loiseau, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 3 et du 4 mai 2021 par lesquelles le préfet de Maine-et-Loire lui a notifié l'état de ses engagements au titre de la campagne 2017, au titre de la campagne 2018 et au titre de la campagne 2019 ainsi que la décision implicite par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a rejeté son recours gracieux ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de verser les aides agroenvironnementales octroyées dans le cadre de la politique agricole commune au titre des campagnes 2016, 2017, 2018 et 2019 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure en l'absence d'une procédure contradictoire préalable ;

- il n'est pas responsable des anomalies relevées car il aurait réalisé sa déclaration par téléphone.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer, et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est dépourvue d'objet dès lors qu'il a donné satisfaction au requérant en rectifiant les anomalies liées aux surfaces cibles et en procédant au versement des mesures agroenvironnementales et climatiques au titre des campagnes 2017, 2018, 2019 et 2020.

III. Par une requête n° 2112289 enregistrée le 3 novembre 2021, M. B A représenté par Me Loiseau demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire lui a notifié la fin d'instruction des mesures agroenvironnementales et climatiques au titre de l'année 2020 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de verser les aides agro-environnementales octroyées dans le cadre de la politique agricole commune au titre de la campagne 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- il n'est pas responsable de l'erreur de remplissage du formulaire qui erronée quant au code culture.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est dépourvue d'objet dès lors qu'il a donné satisfaction au requérant en rectifiant l'anomalie relative aux surfaces cibles et en procédant au versement des mesures agroenvironnementales et climatiques au titre de la campagne 2020.

IV. Par une requête n° 21113128 enregistrée le 24 novembre 2021, M. B A représenté par Me Loiseau demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 septembre 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire lui a notifié la mise à jour de ses engagements pour les mesures agroenvironnementales et climatiques de la campagne 2020 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de verser les aides agro-environnementales octroyées dans le cadre de la politique agricole commune au titre de la campagne 2020 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- il n'est pas responsable de l'erreur de remplissage du formulaire qui erronée quant au code culture.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2023, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est dépourvue d'objet dès lors qu'il a donné satisfaction au requérant en rectifiant l'anomalie relative aux surfaces cibles et en procédant au versement des mesures agroenvironnementales et climatiques au titre de la campagne 2020.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le règlement (CE) n° 1698/2005 du Conseil du 20 septembre 2005 ;

- le règlement (UE) n° 1305/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 relatif au soutien au développement rural par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- les rapports de Mme C,

- les conclusions de M. Gave, rapporteur public,

- et les observations de Me Delphine Breton substituant Me Loiseau, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, qui dirige une exploitation agricole située à Saint-Georges-sur-Loire, dans le département de Maine-et-Loire, a déposé, le 14 juin 2016, une demande d'aide du second pilier de la politique agricole commune, au titre de la mesure agro-environnementale et climatique (MAEC) " opération individuelle système herbagers et pastoraux -PL_MPPR_SHP1 " maintien des prairies à flore diversifiée " ". Par décision du 4 juillet 2019, le directeur départemental des territoires de Maine-et-Loire, agissant par délégation de la présidente du conseil régional des Pays de la Loire, a accepté l'engagement de M. A dans la MAEC mentionnée ci-dessus, pour une durée de cinq ans à compter de la campagne 2016, permettant à l'intéressé de percevoir une aide financière annuelle de 80 euros par hectare de prairie engagé, soit 3 092 euros par an pour une superficie engagée totale de 38,65 hectares de prairie. Suite à des contrôles administratifs réalisés le 5 juillet 2019 au titre de la campagne 2016, le 4 février 2020 au titre de la campagne 2017 et le 7 mars 2020 au titre de la campagne 2019, le directeur départemental des territoires de Maine-et-Loire a relevé plusieurs anomalies par rapport aux prescriptions, contenues dans le cahier des charges de la MAEC, que M. A s'était engagé à respecter. Par une lettre du 29 juillet 2019, ce directeur a précisé à l'intéressé qu'il ne bénéficierait pas de l'aide MAEC au titre de la campagne 2016, au motif qu'il avait été constaté qu'il ne respectait pas le taux de chargement moyen annuel maximum de 1, 40 unité de gros bovin par hectare (UGB/ha) de surface fourragère principale. Cette même lettre invitait l'intéressé à présenter des observations avant qu'une décision ne soit prise. Par une lettre du 24 février 2020, le directeur départemental des territoires a informé

M. A qu'il ne percevrait pas d'aide MAEC au titre de la campagne 2017, aux motifs que, dans sa demande d'aides de la PAC 2017, il avait, d'une part, indiqué, pour 14 parcelles représentant une surface de 24, 86 ha, des codes culture non conformes, des prairies permanentes étant devenues des prairies temporaires, d'autre part, omis de déclarer des surfaces cibles alors qu'il s'était engagé à déclarer chaque année en surfaces cibles au moins 30 % de la surface en herbe de son exploitation. Cette même lettre invitait l'intéressé à présenter des observations avant qu'une décision ne soit prise. Par une lettre du 8 avril 2020, M. A a été informé qu'il avait été constaté qu'au titre de la campagne 2019, il n'avait déclaré, dans sa demande d'aides de la PAC, aucune surface cible. Cette même lettre invitait l'intéressé à présenter des observations avant qu'une décision ne soit prise. M. A a présenté des observations le 29 juin 2020, réceptionnées le

2 juillet 2020 par le directeur départemental des territoires, contestant l'ensemble des décisions annoncées dans les lettres de l'administration, mentionnées ci-dessus, datées des 29 juillet 2019, 24 février et 8 avril 2020. M. A s'étonnait de n'avoir perçu aucune aide MAEC et d'avoir même subi des sanctions, notamment au titre de la campagne 2018, alors même qu'aucune décision administrative n'avait été prise en ce sens. Aussi, il demandait, " au surplus ", le versement immédiat des sommes indument compensées sur le montant de ses aides PAC hors MAEC. En l'absence de réponse de l'administration, M. A demande, par la requête n° 2010221, l'annulation de la décision implicite par laquelle le directeur départemental des territoires a rejeté sa demande, contenue dans son courrier du 29 juin 2020, tendant au versement immédiat des sommes indument compensées sur le montant des aides au titre de la PAC pour les campagnes 2016, 2017, 2018 et 2019. Postérieurement à l'enregistrement de cette requête, les 3 et 4 mai 2021, le directeur départemental des territoires a adressé à M. A, pour chacune des campagnes 2016 à 2019, une " décision de mise à jour des engagements " dans la MAEC " PL_MPPR_SHP1 ". Le 16 juin 2021, M. A a formé un recours gracieux, par l'intermédiaire de son avocat, reçu le

17 juin 2021, demandant, d'une part, l'annulation de la décision du directeur départemental des territoires du 3 mai 2021 relatif à la campagne 2017, en tant qu'elle diminue de 24,95 ha la surface engagée dans la MAEC, d'autre part, qu'il soit tiré toutes les conséquences de cette annulation sur les décisions du 4 mai 2021 relatives aux campagnes 2018 et 2019. En l'absence de réponse de l'administration, M. A demande, par la requête n° 2111553, l'annulation des décisions du directeur départemental des territoires du 3 mai 2021 relative à la campagne 2017, du 4 mai 2021 relative à la campagne 2018 et du 4 mai 2021 relative à la campagne 2019, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux contre ces décisions. Le 3 septembre 2021, le directeur départemental des territoires a pris une décision, intitulée " lettre de fin d'instruction des mesures MAEC campagne 2020 ", fixant le montant final de l'aide MAEC/Bio attribuée à M. A au titre de la campagne 2020. L'intéressé a formulé des observations contre cette décision par une lettre du 13 septembre 2021, reçue le lendemain, à laquelle l'administration n'a pas répondu. M. A demande, par la requête n° 2112289, l'annulation de cette décision du directeur départemental des territoires du 3 septembre 2021. Enfin, le 24 septembre 2021, le directeur départemental des territoires a pris une " décision de mise à jour des engagements " dans la MAEC " PL_MPPR_SHP1 " au titre de la campagne 2020, décision dont M. A demande l'annulation par la requête n° 2113128. Il ressort de cette chronologie des différentes décisions prises par le directeur départemental des territoires, au sujet des aides MAEC demandées par M. A au titre des campagnes 2016 à 2020, que les décisions explicites dites " de mise à jour des engagements " ou " de fin d'instruction " se sont substituées aux décisions implicites nées du silence gardé par ce même directeur sur les recours gracieux formés par M. A dans le cadre de la procédure contradictoire préalable. Aussi, par ses quatre requêtes, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation des décisions explicites prises par le directeur départemental des territoires, celle du 3 mai 2021 relative à la campagne 2017, celles du 4 mai 2021 relatives respectivement aux campagnes 2018 et 2019 et, s'agissant de la campagne 2020, des deux décisions, l'une, dite de fin d'instruction, du 3 septembre 2021 et l'autre, portant mise à jour des engagements, du 24 septembre 2021.

Sur la jonction des requêtes :

2. Les requêtes nos 2010221, 2111553, 2112289, 2113128 présentées par M. A présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige et l'exception de non-lieu opposée par le préfet de Maine-et-Loire :

3. Il ressort des pièces des dossiers que, postérieurement à l'enregistrement des quatre requêtes de M. A, l'administration a revu à la hausse les montants, qu'elle avait fixés dans les décisions attaquées, des aides MAEC attribuées au requérant. Comme il a été dit au point 1, pour justifier la réduction des aides à compter de la campagne 2017, l'administration avait reproché à l'intéressé d'avoir commis des erreurs dans ses demandes d'aides PAC, le code culture saisi pour certaines parcelles faisant obstacle à ce qu'elles puissent être prises en compte pour le calcul de l'aide MAEC de même que la non-déclaration de surfaces cibles. M. A ayant fait valoir que ces erreurs ne pouvaient lui être imputées, dès lors qu'il ne renseignait pas lui-même ses demandes d'aides PAC mais recourait pour cela aux services de la chambre d'agriculture ou de la direction départementale des territoires, l'administration a accepté à titre gracieux de corriger les erreurs de codage et de regarder les surfaces cibles déclarées à tort par le requérant sur des prairies temporaires comme l'ayant été sur des prairies permanentes. Le préfet de Maine-et-Loire fait valoir dans ses écritures que ses services ont procédé à une nouvelle instruction, pour chaque campagne, des droits du requérant et que des relevés de situation ont été édités en 2022 pour les campagnes 2017 à 2020, régularisant le montant des aides MAEC auxquelles a droit M. A. Il soutient que, dès lors, les conclusions à fin d'annulation présentées par ce dernier sont devenues sans objet. Toutefois, en ce qui concerne les campagnes 2017 à 2019, la seule production par le préfet de relevés de situation, non accompagnés de nouvelles lettres de fin d'instruction modifiant les décisions attaquées, ne permet pas au tribunal de s'assurer, alors que M. A conteste avoir été intégralement rempli de ses droits, que les conclusions à fin d'annulation des décisions relatives à ces campagnes sont devenues sans objet. En ce qui concerne la campagne 2020, M. A admet dans le dernier état de ses écritures que sa situation a été régularisée. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation des décisions du directeur départemental des territoires des 3 et 24 septembre 2021 relatives à la campagne 2020, ainsi que les conclusions à fin d'injonction y afférentes, présentées dans les requêtes nos 2112289 et 2113128, doivent être regardées comme étant devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions du directeur départemental des territoires relatives aux campagnes 2017, 2018 et 2019, présentées dans les requêtes nos 2010221 et 2111553 :

4. En premier lieu, il ressort des pièces des dossiers que la décision du directeur départemental des territoires du 3 mai 2021 relative à la campagne 2017 ainsi que celles du même directeur du 4 mai 2021 relatives aux campagnes 2018 et 2019, qui se sont substituées à la décision implicite de ce directeur rejetant les observations formées par M. A dans le cadre de la procédure contradictoire préalable, comportent, de façon suffisamment détaillée, les considérations de droit et de fait qui les fondent. Le moyen tiré de leur insuffisante motivation, à supposer qu'il soit soulevé, doit, par suite, être écarté.

5. En deuxième lieu, M. A soutient qu'aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre en ce qui concerne la campagne 2018. Il ressort toutefois des pièces des dossiers que la décision du 4 mai 2021 relative à cette campagne mentionnait, d'une part, qu'elle notifiait au requérant l'état de ses engagements dans la mesure, l'instruction de sa demande étant désormais achevée, d'autre part, qu'à compter de sa réception, M. A bénéficiait d'un délai de dix jours pour formuler ses observations et qu'à l'issue de ce délai, le courrier vaudrait décision. Par suite, l'intéressé ayant été ainsi mis à même de faire valoir ses observations, le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire doit être écarté.

6. En troisième lieu, en ce qui concerne la campagne 2016, comme il a été dit au point 1, le directeur départemental des territoires avait informé M. A, par une lettre du 29 juillet 2019, qu'il ne bénéficierait pas de l'aide MAEC au titre de cette campagne, au motif tiré du non-respect par l'intéressé du taux de chargement moyen annuel maximum de 1,40 UGB/ha. Si M. A conteste ce non-respect, il ressort, en tout état de cause, des pièces des dossiers, en particulier de la décision du même directeur du 3 mai 2021 relative à la campagne 2016, que M. A a perçu l'intégralité de l'aide à laquelle il avait droit, l'administration ayant renoncé à lui opposer ce non-respect du taux de chargement moyen annuel maximum. Dès lors, le moyen tiré de ce que le directeur lui aurait reproché à tort de ne pas respecter ce taux doit, en tout état de cause, être écarté comme inopérant.

7. En quatrième lieu, l'aide MAEC sollicitée par M. A avait pour objectif de maintenir des prairies permanentes à flore diversifiée, dénommées " surfaces cibles ", au sein des prairies et pâturages permanents de l'exploitation. Seules les surfaces en prairies et pâturages permanents pouvaient ainsi être engagées dans cette mesure et chaque surface devait être classée selon un code culture, appartenant lui-même à une catégorie de surface agricole, qui déterminait l'application d'un certain nombre de règles. Comme il a été dit, à compter de l'année 2017, le requérant a commis des erreurs dans ses demandes d'aides PAC, en ce qui concerne le codage de ses parcelles et la déclaration des surfaces cibles. L'administration a accepté, en cours d'instance, de corriger ces erreurs et de ne plus les opposer au requérant de sorte que ce dernier ne peut plus utilement soutenir qu'elles ne lui seraient pas imputables. A supposer même que les conséquences de ces erreurs sur le montant des aides MAEC versées finalement au requérant n'aient pas été intégralement supprimées par l'administration, la circonstance que M. A avait recours aux services de la chambre d'agriculture pour remplir ses demandes d'aides PAC ne faisait pas obstacle à ce que le directeur départemental des territoires lui oppose les erreurs commises par lesdits services. Le requérant invoque, par ailleurs, le droit à l'erreur et fait valoir que les erreurs en cause présentaient un caractère tellement manifeste que l'administration était tenue de les corriger. Toutefois, il ne précise pas le fondement juridique sur lequel il entend se fonder pour invoquer cette obligation de correction à laquelle l'administration aurait été soumise. Par suite, le moyen ainsi soulevé doit être écarté comme dépourvu de précision suffisante pour permettre au tribunal d'en apprécier la portée.

8. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort de la notice de la MAEC que le respect du taux de surfaces cibles pouvait donner lieu à un contrôle administratif ou à un contrôle sur place comprenant un contrôle visuel et un mesurage. Ainsi, le requérant ne saurait soutenir que le non-respect de l'obligation de déclarer chaque année un taux minimum de surface cibles ne pouvait lui être opposé sans qu'il ait été préalablement procédé à un contrôle sur place. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.

9. En sixième lieu, si le requérant soutient que le préfet de Maine-et-Loire aurait omis de renouveler, pour une nouvelle période de cinq ans, la mesure " retard de fauche " dont il a bénéficié jusqu'en 2017 sur les îlots 7, 8, 9 et 26, ce moyen est, en tout état de cause, sans lien avec le présent litige et ne peut qu'être écarté comme inopérant.

10. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A dans ses requêtes nos 2010221 et 2111553 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés aux litiges :

11. En ce qui concerne les requêtes nos 2112289 et 2113128, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

12. En ce qui concerne les requêtes nos 2010221 et 2111553, M. A étant partie perdante, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. A dans ses requêtes nos 2112289 et 2113128.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2112289 et 2113128 et les requêtes nos 2010221 et 2111553 de M. A sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et à la région Pays de La Loire.

Copie en sera adressée au préfet de Maine-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Luc Martin, président,

M. David Labouysse,premier conseiller,

Mme Justine-Kozue Kubota, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.

La rapporteure,

J-K. C

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. MALINGRE

Nos 2010221-2111553-2112289-2113128

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