mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2113215 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | REGENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 novembre 2021, 26 septembre 2022 et 9 février 2023, M. A B, représenté par Me Regent, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique, après retrait de l'arrêté du 14 octobre 2021, a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision de refus de séjour du 14 octobre 2021 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions cumulées des articles L.435-1 et -3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, L.423-23 de ce code et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; son acte d'état civil est authentique ; il remplit les conditions posées par l'article L.435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de séjour qui lui a été opposé ; elle engendre des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle et familiale et porte une atteinte aux droits protégés par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision fixant le pays de renvoi ;
- la décision implicite portant refus de titre de séjour méconnaît les articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifiait de sa nationalité et que le préfet de la Loire-Atlantique ne pouvait lui demander de présenter un passeport à l'appui de sa demande de titre de séjour.
Une mise en demeure a été adressée le 14 septembre 2022 au préfet de la Loire-Atlantique.
Par ordonnance du 14 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 novembre 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 14 octobre 2021.
M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Degommier, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Regent, avocate de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bangladais né le 15 septembre 2003, déclare être entré en France en juillet 2019. Il a été confié au conseil départemental de Loire-Atlantique dans le cadre d'un jugement en assistance éducative puis d'une ordonnance de mise sous tutelle. Il a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du 14 octobre 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté. A l'issue d'une instance en référé suspension introduite devant le tribunal le 24 novembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé, par un arrêté du 2 décembre 2021, de retirer l'arrêté du 14 octobre 2021. Toutefois, le préfet n'ayant pas délivré au requérant le titre de séjour sollicité dans le délai de quatre mois prévu à l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet est née de ce silence, dont. M. B demande également l'annulation.
Sur les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 14 octobre 2021 :
2. Il ressort des pièces du dossier que par arrêté du 2 décembre 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a décidé de retirer l'arrêté du 14 octobre 2021. Cette décision est devenue définitive. Par suite, les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral du 14 octobre 2021 sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; () La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. () ". Selon l'article R. 431-11 du même code, l'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé à ce code. En outre, aux termes des rubriques 37 et 66 de l'annexe 10 de ce code, l'étranger qui sollicite un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-23, L. 435-1 ou L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit produire dans tous les cas, notamment : " -justificatif d'état civil : (sauf si vous êtes déjà titulaire d'une carte de séjour) une copie intégrale d'acte de naissance comportant les mentions les plus récentes accompagnée le cas échéant de la décision judiciaire ordonnant sa transcription (jugement déclaratif ou supplétif) ; / -justificatif de nationalité : passeport (pages relatives à l'état civil, aux dates de validité, aux cachets d'entrée et aux visas) ou, à défaut, autres justificatifs dont au moins un revêtu d'une photographie permettant d'identifier le demandeur (attestation consulaire, carte d'identité, carte consulaire, certificat de nationalité, etc.) ; () ".
5. En l'espèce, s'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait sollicité la communication des motifs de la décision implicite qu'il conteste, il ressort d'un courrier du 2 décembre 2021 que le préfet lui a réclamé, notamment, la production d'un passeport. Le requérant ne conteste pas ne pas détenir un tel document. Dans ces circonstances, il apparaît que la délivrance du titre de séjour sollicité lui a été refusée au motif qu'il ne produisait pas de passeport en cours de validité. À cet égard, il ressort de l'ensemble des dispositions précitées, et notamment de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le passeport qu'il a été demandé de produire à M. B figure au nombre des documents qui peuvent être valablement exigés dans le cadre de l'instruction d'une demande de titre de séjour présentée au titre des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-3 du même code. Or, le requérant ne justifie pas avoir présenté au préfet de la Loire-Atlantique un tel document au cours du dépôt de sa demande de titre de séjour mais s'est borné à produire un récépissé d'enregistrement de sa demande de passeport en date du 5 janvier 2021. Par ailleurs, s'il produit au cours de la présente instance une carte nationale d'identité délivrée le 26 septembre 2022, qui constitue, en vertu de l'annexe 10 précitée du même code, un justificatif susceptible de se substituer au passeport pour établir sa nationalité, le requérant ne peut s'en prévaloir dès lors que ce justificatif n'a été produit qu'en cours d'instance, postérieurement à la décision attaquée née du silence gardé par le préfet de la Loire-Atlantique dans le délai de quatre mois à compter de sa décision de retrait du 2 décembre 2021.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite rejetant sa demande de titre de séjour. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
7. Enfin, l'Etat ne pouvant être regardé, dans la présente instance, comme la partie perdante, ses conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre l'arrêté du 14 octobre 2021 du préfet de la Loire-Atlantique.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Aude Regent et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le président-rapporteur,
S. DEGOMMIER
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
L. FRELAUT
La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026