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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2113216

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2113216

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2113216
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGOUACHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2021, M. C A, représenté par Me Gouache, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", ou, subsidiairement, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;

- elle n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tenant à ce que le préfet s'est cru en situation de compétence lié en se remettant entièrement à l'avis des services en fraude documentaire de la police aux frontières ;

- elle est entachée d'une erreur de droit (faute de saisir les autorités maliennes pour vérification des actes) et d'une erreur d'appréciation au regard de l'article 47 du code civil et de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'elle se fonde sur la circonstance qu'il ne justifierait pas de son identité par les documents d'état civil produits ;

- elle méconnaît l'autorité de la chose jugée par le juge des enfants concernant son état civil et sa minorité, qui ne peut être remise en cause par l'administration sans erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur de fait en ce qu'elle se fonde sur la circonstance qu'il ne serait plus scolarisé ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, en l'absence d'un défaut d'examen particulier de sa situation, et d'une l'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- il n'est pas établi qu'elle ait été signée par une autorité compétente ;

- l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français la prive de base légale.

Par un mémoire, enregistré le 16 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté attaqué a été retiré par un nouvel arrêté pris le 12 septembre 2022.

M. A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du

4 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen né le 3 décembre 2002, déclare être entré en France en octobre 2018. Il a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance du département de la

Loire-Atlantique par un jugement en assistance éducative du 30 juin 2020. Il a sollicité du préfet de la Loire-Atlantique, par un courrier du 19 août 2021, la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement notamment des dispositions des articles L. 435-3, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a été rejetée par un arrêté du

14 octobre 2021 portant en outre obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision en toutes ses dispositions.

2. Par un arrêté du 12 septembre 2022, postérieur à l'introduction de la requête, le préfet de la Loire-Atlantique a retiré l'arrêté contesté du 14 octobre 2021. Ainsi que le fait valoir le préfet, les conclusions tendant à son annulation, ainsi que celles à fin d'injonction sous astreinte, sont donc devenues sans objet. Il n'y a plus lieu dès lors de statuer sur ces conclusions.

3. M. A a obtenu l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gouache, avocat du requérant, le versement d'une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve pour Me Gouache de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête visé ci-dessus.

Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 qui sera versée à Me Gouache sous réserve que ce dernier renonce à la perception de la part contributive de l'Etat dans le cadre de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Gouache et au préfet de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Catroux, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.

Le rapporteur,

X. B

La présidente,

C. LOIRAT La greffière,

S. LEGEAY

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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