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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2113609

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2113609

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2113609
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLEJOSNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 décembre 2021 et 17 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Lejosne, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2021 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil accordées aux demandeurs d'asile ;

2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir à son bénéfice les conditions matérielles d'accueil à partir du 15 novembre 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, dès lors qu'il n'existe aucun élément intentionnel de dissimulation d'informations aux autorités chargées de l'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L.551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation de vulnérabilité.

Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Barès a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan né en 1996, est entré en France le 30 septembre 2021 et a déposé une demande d'asile à la préfecture de la Loire-Atlantique, enregistrée le 12 octobre 2021. L'intéressé a accepté à cette date les conditions matérielles d'accueil qui lui ont été proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par une décision du 15 novembre 2021, dont M. A demande l'annulation, la directrice territoriale de l'OFII a mis fin aux conditions matérielles d'accueil précédemment accordées au motif que l'intéressé avait dissimulé avoir déjà obtenu la protection internationale en Grèce.

2. En premier lieu, la décision attaquée comporte l'indication des considérations utiles de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision serait insuffisamment motivée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des motifs de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A. Par suite, le moyen tiré de ce qu'un tel examen n'aurait pas été opéré doit être écarté.

4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () ".

5. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil de M. A, la directrice territoriale de l'OFII s'est fondée, à l'issue d'une procédure contradictoire, sur la circonstance que l'intéressé avait dissimulé l'information tirée de ce qu'il avait obtenu la protection internationale en Grèce le 9 avril 2020, en méconnaissance des obligations auxquelles il avait pourtant consenti lors de son acceptation de l'offre de prise en charge de l'OFII. Si le requérant soutient qu'il n'avait pas connaissance de la décision des autorités grecques de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire et se prévaut de sa bonne foi, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il a déclaré lors de son entretien de demande d'asile n'avoir pas déposé de demande d'asile en Grèce. Dans ces conditions et alors qu'il lui appartenait d'informer l'OFII de l'existence et de l'issue de sa demande d'asile déposée auprès des autorités grecques, le requérant ne justifie pas du caractère involontaire de la dissimulation d'information qui lui est reprochée. Par suite, M. A, qui, au demeurant, ne fait pas état d'élément attestant une particulière vulnérabilité, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Lejosne et à l'Office français de l'immigration de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cantié, président,

M. Barès, premier conseiller,

M. Delohen, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 29 octobre 2024.

Le rapporteur,

M. BARESLe président,

C. CANTIE

La greffière,

F. MERLET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2113609

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