mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2113963 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 décembre 2021, M. F G, Mme H I, M. et Mme M et K B et M. et Mme L et J A, représentés par la SELARL Atlantic Juris, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2021 par lequel le maire de Saint-Jean-de-Monts a délivré à la SARL TK Promotion un permis de construire, après démolitions, un immeuble collectif de 32 logements sur la parcelle cadastrée AK n°210 ainsi que la décision du maire de Saint-Jean-de-Monts du 13 octobre 2021 de rejeter leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Monts le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet sur le fondement des articles L. 431-2 et R. 431-10 du code de l'urbanisme dès lors que le projet aurait mérité une présentation plus exhaustive et que les insertions photographiques insuffisantes ;
- le dossier de demande de permis de construire est incomplet sur le fondement de l'article R. 431-16-1 du code de l'urbanisme en l'absence du tableau des surfaces de plancher des logements sociaux créés ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au titre de l'atteinte au patrimoine bâti protégé, il méconnaît l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme dès lors qu'il porte sur la démolition d'un élément identifié sur le fondement de l'article L. 123-1-5 III 2° du code de l'urbanisme, sans motif valable ni étayé ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme dès lors qu'aucune appréciation particulière n'a été portée sur la démolition d'un bâtiment pourtant identifié au titre du patrimoine bâti protégé ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la sécurité de l'accès n'est pas assurée compte tenu de la configuration des lieux et du dimensionnement du projet ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la voie interne n'atteint pas les dimensions requises, qu'il n'est prévu aucun aménagement permettant de fluidifier la circulation des véhicules, que les voies en impasse sont censées être l'exception et qu'aucune palette de retournement pour les véhicules de secours n'est prévue ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que seul un accès est prévu pour 55 véhicules, à proximité d'un carrefour, dans un secteur connaissant un important trafic routier, avec une visibilité faible et qu'il n'est pas assuré que les engins de secours puissent atteindre la façade nord-ouest du bâtiment ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la partie du bâtiment implantée en limite séparative, dans la bande de constructibilité secondaire, dépasse les 3 ou 4 mètres de hauteur ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le projet ne prévoit que 55 places de stationnement alors que 59 places sont requises.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, la commune de Saint-Jean-de-Monts conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la société TK Promotion qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- et les observations de Me Tertrais, avocat des requérants, et celles de M. E, représentant la commune de Saint-Jean-de-Monts.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 juin 2021, le maire de Saint-Jean-de-Monts a délivré à la SARL TK Promotion un permis de construire, après démolitions, un immeuble collectif de 32 logements sur la parcelle cadastrée section AK n°210 située sur le territoire de cette commune, au 31 rue de Challans. Les requérants, voisins du projet, ont formé contre cet arrêté un recours gracieux qui a été rejeté par une décision du maire de la commune du 13 octobre 2021. Les requérants demandent au tribunal d'annuler cet arrêté et cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. / Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; (). ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comprend une photographie du terrain d'assiette dans son environnement proche et une autre photographie le représentant dans son environnement lointain, ainsi qu'une photographie représentant ce même terrain depuis le carrefour reliant la rue de Challans au boulevard du maréchal Juin, avant et après la réalisation des travaux, au moyen d'un photomontage, ce document d'insertion permettant d'ailleurs de visualiser une partie de la résidence dont les requérants sont copropriétaires. Ces documents photographiques sont en outre complétés par les indications littérales de la notice architecturale ainsi que par les plans des façades. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'autorité délivrante n'aurait pas été en mesure d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement en raison de l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire.
4. Aux termes de l'article R. 431-16-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la demande de permis de construire porte sur des constructions situées dans un emplacement réservé à la réalisation d'un programme de logements en application du 4° de l'article L. 151-41 ou dans un secteur délimité en application du d de l'article L. 123-2 dans sa rédaction antérieure à la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009 ou en application de l'article L. 151-15, le dossier de la demande est complété par un tableau indiquant la surface de plancher des logements créés correspondant aux catégories de logements dont la construction sur le terrain est imposée par le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu. ". Aux termes de l'article UB 2.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Jean-de-Monts : " Dans les secteurs instaurés au titre de l'article L. 123-1-5 16° du code de l'urbanisme (soit l'ensemble de la zone UB), toute opération amenée à créer 10 nouveaux logements (habitat individuel, intermédiaire ou collectif, en construction neuve ou changement de destination, en lotissement comme en habitat groupé) devra comporter au moins 20% de logements aidés à usage de résidence principale, arrondi à l'entier supérieur. ". Aux termes de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter, dans les zones urbaines ou à urbaniser, des secteurs dans lesquels, en cas de réalisation d'un programme de logements, un pourcentage de ce programme est affecté à des catégories de logements qu'il définit dans le respect des objectifs de mixité sociale. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire comprend bien, contrairement à ce que soutiennent les requérants, des tableaux indiquant la surface de plancher des logements créés correspondant à la catégorie " logements aidés " dont la construction sur le terrain est imposée par les dispositions précitées du règlement de la zone UB du plan local d'urbanisme de Saint-Jean-de-Monts. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-16-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
6. Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. Lorsqu'il s'agit d'espaces boisés, il est fait application du régime d'exception prévu à l'article L. 421-4 pour les coupes et abattages d'arbres. ". L'article R. 421-28 du même code dispose : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : / a) Située dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable classé en application de l'article L. 631-1 du code du patrimoine ; / b) Située dans les abords des monuments historiques définis à l'article L. 621-30 du code du patrimoine ou inscrite au titre des monuments historiques ; / c) Située dans le périmètre d'une opération de restauration immobilière définie à l'article L. 313-4 ; / d) Située dans un site inscrit ou un site classé ou en instance de classement en application des articles L. 341-1 et L. 341-2 du code de l'environnement ; / e) Identifiée comme devant être protégée en étant située à l'intérieur d'un périmètre délimité par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23, ou, lorsqu'elle est située sur un territoire non couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu, identifiée comme présentant un intérêt patrimonial, paysager ou écologique, en application de l'article L. 111-22, par une délibération du conseil municipal prise après l'accomplissement de l'enquête publique prévue à ce même article. ". Aux termes de l'article 7, " régime des démolitions et prescriptions pour les opérations portant atteinte au patrimoine bâti, paysager et naturel ", des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Jean-de-Monts : " () Concernant le patrimoine bâti : tout projet portant atteinte à un élément du patrimoine bâti référencé comme tel aux documents graphiques, sera soumis à une autorisation de démolir, au titre de l'article L. 123-1-5.7°) du code de l'urbanisme. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué autorise la démolition de bâtiments identifiés par le règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Jean-de-Monts comme " patrimoine bâti à protéger " sur le fondement de l'article L. 123-1-5-III-2° du code de l'urbanisme, désormais codifié à l'article L. 151-19, que supporte le terrain d'assiette à l'état initial. La circonstance que ces bâtiments fassent l'objet d'une telle identification ne fait pas obstacle à leur démolition mais a seulement pour effet de subordonner cette dernière à une autorisation, ainsi qu'il ressort des dispositions précitées du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Par ailleurs, l'identification de ces bâtiments ne nécessite pas davantage une motivation particulière de la démolition sollicitée, en l'absence de prescriptions en ce sens dans le règlement du plan local d'urbanisme, auquel il n'appartiendrait d'ailleurs pas de prescrire une telle exigence. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué, en tant qu'il autorise la démolition de deux bâtiments existants, est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique. / Le permis de démolir peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les travaux envisagés sont de nature à compromettre la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti ou non bâti, du patrimoine archéologique, des quartiers, des monuments et des sites. ". Si les bâtiments présents sur le terrain d'assiette du projet sont identifiés comme devant être protégés en application de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme, cette identification ne fait pas pour autant obstacle, comme il a été dit au point précédent, à leur démolition. Si les requérants soutiennent que le maire n'a pas pris en compte cette identification pour statuer sur la demande de démolition, c'est précisément cette identification qui nécessitait la délivrance d'une autorisation de démolir, dès lors qu'il n'est pas allégué et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la démolition était assujettie à autorisation sur le fondement d'autres dispositions du code de l'urbanisme prévoyant la délivrance d'un permis de démolir. Enfin, le dossier de permis de démolir comprend des photographies dépourvues d'ambiguïté sur la nature et l'état des bâtiments à démolir, ainsi que quelques éléments descriptifs littéraux dans la notice architecturale, de sorte que l'autorité compétente a été à même d'apprécier l'éventuelle compromission, par la démolition envisagée, de la protection ou la mise en valeur du patrimoine bâti de la commune. Il suit de là qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le maire de Saint-Jean-de-Monts aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en autorisant la démolition de la construction existante sur le terrain d'assiette du projet de construction. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du second alinéa de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme doit être écarté.
9. Aux termes de l'article UB 3 " accès et voirie " du règlement du plan local d'urbanisme : " 3.1. Dispositions générales : / Le terrain doit être desservi par un accès et/ou une voie, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage suffisant. / Les conditions de desserte et d'accès doivent répondre à l'importance ou à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble des immeubles envisagés et ne présenter aucun risque pour la sécurité des usagers des voies et des accès ; les caractéristiques de ces accès et voies doivent être notamment adaptées à la circulation des engins de lutte contre l'incendie. ". Il ressort des pièces du dossier que l'accès au parc de stationnement du projet se situe le long de la rue de Challans, qui est une large voie à deux sens de circulation, et qu'il présente une largeur de quatre mètres. Par ailleurs, l'arrêté de permis de construire prescrit la mise en place d'une interdiction de tourner à gauche pour les véhicules sortant du terrain. Si les requérants soulignent que cet accès se trouve à proximité d'un carrefour, le terrain se trouvant à l'angle de deux voies, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de la configuration des lieux qui assure une bonne visibilité aux automobilistes et qui organise le croisement entre la rue de Challans et le boulevard du Maréchal Juin autour d'un haricot, et de l'organisation des sorties susmentionnée, cet accès présenterait un caractère particulier de dangerosité pour les usagers de la rue de Challans et pour les résidents de l'immeuble. En outre, le positionnement de l'accès au terrain est inchangé et il n'est pas allégué que l'utilisation de cet accès présenterait un caractère accidentogène. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 3.1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
10. Aux termes de l'article UB 3 " accès et voirie " du règlement du plan local d'urbanisme : " 3.1.2. Voirie : / Pour les opérations de moins de 10 entités, les voies devront répondre aux conditions suivantes : / - voies existantes : largeur minimale de 3 m / - voies à créer ou à réaménager : / - voies principales : 5 m minimum de largeur d'emprise ; / - autres voies et voies à sens unique si elles ne desservent que l'îlot : 3,50 m minimum de largeur d'emprise. / Pour les opérations de 10 entités et plus, les voies devront respecter les conditions suivantes : / - voies existantes : largeur minimale de 4 m ; / voies à créer ou à réaménager : / - voies principales : 6 m minimum de largeur d'emprise ; / - autres voies et voies à sens unique si elles ne desservent que l'îlot : 4 m minimum de largeur d'emprise. / () Les voies devront dans la mesure du possible comprendre une desserte en boucle afin de permettre de ressortir du secteur sans effectuer de demi-tour. Les voies en impasse doivent être l'exception et ne seront autorisées qu'en l'absence d'autre solution. Elles seront aménagées dans leur partie terminale avec une palette de retournement permettant aux véhicules privés et à ceux des services publics (lutte contre l'incendie, enlèvement des ordures ménagères) de faire demi-tour aisément. Elles seront conçues de manière à désenclaver les parcelles arrière. ". En outre, les dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Jean-de-Monts définissent la voie comme suit : " Une voie comprend les espaces publics et privés affectés aux déplacements, au moins des riverains, quel que soit le mode d'utilisation : piétons, deux-roues, véhicules automobiles particuliers, transports de voyageurs et de marchandises. La voie est essentiellement appréciée au regard de trois critères : elle doit être ouverte à la circulation générale (au moins des riverains), desservir au moins trois entités (terrains, lots issus de divisions foncières, maisons individuelles, bâtiments d'activités, logements, reliquats restant après division, etc.) et en ce sens permettre la circulation des personnes et des véhicules (même si cette voie est une impasse), elle doit comporter les aménagements nécessaires à la circulation. Les voies principales correspondent aux voies de desserte primaire d'une opération ou d'un quartier. Elles sont reliées au réseau routier voisin ou constituent l'axe majeur de l'opération. Elles permettent généralement un bouclage au sein de l'opération. Les autres voies sont des voies de desserte secondaire, connectées aux voies principales et dont l'objectif repose sur la desserte finale des constructions projetées à l'intérieur de l'opération ou du quartier. ".
11. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le projet ne prévoit pas la création d'une voie, au sens des dispositions précitées mais d'une simple bande de circulation interne permettant d'accéder aux places de stationnement situées en fond de parcelle et en rez-de-chaussée, accessibles depuis l'accès aménagé au droit de la rue de Challans par un proche situé en partie basse de l'immeuble, de sorte que les requérants ne peuvent utilement soutenir que les dispositions précitées relatives aux voies seraient méconnues. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que cette bande de circulation présente une largeur minimale de cinq mètres, de sorte qu'il n'est pas établi que les usagers du parc de stationnement ne pourraient correctement manœuvrer leurs véhicules. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 3.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
12. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 11, s'agissant de la configuration de l'accès au terrain et du cheminement interne, et quand bien même le projet entraîne la création de plus de cinquante places de stationnement, que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ces dispositions seraient méconnues, les conditions d'accès et de manœuvre ne présentant pas un caractère de particulière dangerosité. Si la façade arrière de l'immeuble, desservie par le porche d'une hauteur de 3,50 mètres et 4 mètres de large, ne sera pas directement accessible à / par les engins de secours les plus volumineux, cette configuration au demeurant commune a été portée à la connaissance du service départemental d'incendie et de secours qui a considéré que cet accès était conforme. Par suite, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
13. Aux termes de l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " 7.1. Règle générale / 7.1.1. Dans la bande principale de constructibilité de 15 m, les constructions doivent être édifiées : / () / 7.1.2. Dans la bande secondaire de constructibilité, les constructions doivent être édifiés : / - soit en limite(s) séparative(s) ; dans ce cas leur hauteur ne doit pas excéder 3 m au droit de la limite ou 4 mètres si elles présentent si elles présentent un mur pignon et leur longueur, cumulée avec celle des constructions existantes implantées en limite dans la bande secondaire ne doit pas dépasser 10 mètres ; () ; ". Il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse, que, compte tenu d'un décroché dans la construction, aucune partie de celle-ci ne se trouve sur la limite séparative ouest et dans la bande secondaire de constructibilité, de sorte que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions précitées seraient méconnues à raison de la hauteur de la partie ouest de la construction supérieure à 3 et même 4 mètres.
14. Aux termes de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " 12.1. Constructions à usage d'habitation. / Une place de stationnement par tranche de 50 m² de surface de plancher avec un minimum d'une place par logement. La règle entraînant le plus grand nombre de places de stationnement à réaliser sera retenue. / En cas d'opérations comprenant 3 logements ou plus, il doit être prévu une capacité supplémentaire de stationnement commun, à raison d'une demi-place supplémentaire par logement arrondi à l'entier supérieur. ". Aux termes de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme : " La surface de plancher de la construction est égale à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades après déduction : / 1° Des surfaces correspondant à l'épaisseur des murs entourant les embrasures des portes et fenêtres donnant sur l'extérieur ; / 2° Des vides et des trémies afférentes aux escaliers et ascenseurs ; / 3° Des surfaces de plancher d'une hauteur sous plafond inférieure ou égale à 1,80 mètre ; / 4° Des surfaces de plancher aménagées en vue du stationnement des véhicules motorisés ou non, y compris les rampes d'accès et les aires de manœuvres ; / 5° Des surfaces de plancher des combles non aménageables pour l'habitation ou pour des activités à caractère professionnel, artisanal, industriel ou commercial ; / 6° Des surfaces de plancher des locaux techniques nécessaires au fonctionnement d'un groupe de bâtiments ou d'un immeuble autre qu'une maison individuelle au sens de l'article L. 231-1 du code de la construction et de l'habitation, y compris les locaux de stockage des déchets ; / 7° Des surfaces de plancher des caves ou des celliers, annexes à des logements, dès lors que ces locaux sont desservis uniquement par une partie commune ; / 8° D'une surface égale à 10 % des surfaces de plancher affectées à l'habitation telles qu'elles résultent le cas échéant de l'application des alinéas précédents, dès lors que les logements sont desservis par des parties communes intérieures. ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit 25 logements dits " libres " et 7 logements dits " sociaux " en accession à la propriété. Si le cadre 5.5 du formulaire Cerfa de demande de permis de construire et l'arrêté attaqué font mention d'une surface de plancher de 2 178,75m², il ressort toutefois des pièces du dossier, et en particulier du tableau de surfaces présenté à l'appui de la demande, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 431-16-1 du code de l'urbanisme, que la surface de plancher, une fois effectuées l'ensemble des déductions prévues à l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme, notamment celle de 10 % spécifiée au 8° de cet article, s'établit à 1 966, 89m². Par suite, la surface de plancher du projet au sens et pour l'application de l'article UB 12 précité nécessite la création de 39 places de stationnement, et le nombre de 32 logements projeté nécessite la création de 16 places supplémentaires, soit un nombre total de places exigées de 55, conforme au nombre de places projetées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que les requérants, ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Monts la somme que demandent les requérants sur ce fondement.
18. Si une personne publique qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat peut néanmoins demander au juge le bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais spécifiques exposés par elle à l'occasion de l'instance, elle ne saurait se borner à faire état d'un surcroît de travail de ses services et doit faire état précisément des frais qu'elle aurait exposés pour défendre à l'instance. La commune de Saint-Jean-de-Monts qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, ne fait pas état précisément des frais qu'elle aurait exposés pour défendre à l'instance. Il en résulte qu'il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Saint-Jean-de-Monts présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F G, représentant unique des requérants, à la commune de Saint-Jean-de-Monts et à la société à responsabilité limitée TK Promotion.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. C de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
La rapporteure,
C. D
Le président,
A. C DE BALEINELa greffière,
L. LÉCUYER
La République mande et ordonne
au préfet de la Vendée en ce qui le concerne
ou à tous commissaires de justice à ce
requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026