mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2114205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 décembre 2021, M. B H, représenté par Me Philippon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque ce délai sera expiré, l'a obligé à se présenter trois fois par semaine au commissariat central de police de Nantes et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence algérien dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 25 euros par jours de retard et à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et, dans l'attente du rétablissement des liaisons terrestres, maritimes et aériennes lui permettant de regagner son pays, de lui délivrer une autorisation provisoire de travail ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 600 euros qui sera versée à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que l'ensemble des décisions contenues dans l'acte attaqué ont été signées par une autorité compétente ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6. 5 de l'accord franco algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de la durée de sa présence en France où il s'occupe de ses parents malades et réside sa sœur et de l'absence de famille proche dans son pays d'origine ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en n'ayant pas envisagé de procéder à sa régularisation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ;
- elle méconnaît les articles L. 542-1 et R. 351-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que la preuve n'est pas établie de la notification régulière dans une langue comprise par lui de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides rejetant sa demande d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale en raison de l'illégalité dont est entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle en ce qu'elle lui interdit de subvenir à ses besoins dans l'attente du rétablissement des liaisons terrestres, maritimes et aériennes lui permettant de regagner son pays, la mesure d'éloignement prise à son encontre n'étant pas susceptible d'être mise à exécution dans un délai raisonnable ;
S'agissant de la décision portant interdiction du territoire français pour une durée d'un an :
- elle est insuffisamment motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 613-2 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile en ce qu'il n'a jamais troublé l'ordre public, aucune charge n'ayant été retenue à son encontre dans le cadre de l'enquête sur des faits " d'acquisition, détention, usage, transport et cession de stupéfiants " et compte tenu de la durée de sa présence en France et des attaches personnelles et familiales qu'il y possède alors qu'il est dépourvu de famille proche en Algérie ;
S'agissant de la décision portant obligation de pointage et de résidence dans un lieu déterminé :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 721-6 et L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile en produisant des effets au-delà du délai de trente jours qui lui est accordé pour quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé et sollicite la neutralisation du motif tiré de l'atteinte à l'ordre public s'agissant de la décision portant interdiction du territoire.
M. H a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021.
La clôture de l'instruction est intervenue le 3 octobre 2022.
M. H a produit de nouvelles pièces le 9 janvier 2023 après clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Echasserieau, rapporteur ;
- les observations de Me Philippon représentant M. H.
Considérant ce qui suit :
1. M. B H, ressortissant algérien né le 20 janvier 1995, est entré irrégulièrement en France en octobre 2017. Sa demande d'admission au statut de réfugié a été rejetée par décision du 4 mai 2018 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Par un arrêté du 31 janvier 2020 le préfet de la Loire-Atlantique a pris à l'encontre de l'intéressé une obligation de quitter le territoire français. La mesure de renvoi contenue dans cet arrêté n'ayant pas été exécutée, M. H a déposé le 11 janvier 2021 une demande de titre de séjour fondée sur l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 20 juillet 2021, le préfet a rejeté sa demande, prononcé à l'encontre de M. H une nouvelle obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et désigné l'Algérie comme pays de destination, l'a obligé à se présenter trois fois par semaine au commissariat central de police de Nantes et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. H demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police () ". Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants ()3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Par un décret du 29 juillet 2020 du Président de la République, régulièrement publié au Journal officiel de la République française, M. D E a été nommé préfet de la Loire-Atlantique. Ainsi, M. E est compétent pour édicter un arrêté portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions accessoires à ces deux décisions notamment celle se rapportant au pays à destination duquel l'étranger peut être éloigné.
3. D'autre part, aux termes de l'article 43 du décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 : " Le préfet de département peut donner délégation de signature, notamment en matière d'ordonnancement secondaire : () / 7° Aux agents en fonction dans les préfectures, pour les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur () ". Par un arrêté du 17 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 18 mars 2021, le préfet de la Loire-Atlantique a donné délégation à Mme G F, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer toutes décisions individuelles relevant des attributions de la direction des migrations et de l'intégration. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour du 20 juillet 2021 :
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien visé ci-dessus : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
6. M. H fait valoir qu'il doit être reconnu bénéficiaire d'un certificat de résidence de plein droit en ce qu'il réside en France de manière continue depuis le mois de d'octobre 2017, qu'il réside chez ses parents handicapés qu'il assiste dans leurs démarches de la vie quotidienne, qu'il fait des efforts d'intégration en suivant notamment des cours de français et a développé des relations amicales, alors qu'il ne lui reste plus qu'un frère marié qui réside en Algérie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a été autorisé à se maintenir en France que dans le cadre d'une demande d'asile rejetée le 4 mai 2018 et qu'il a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire le 31 janvier 2020 et d'une assignation à résidence notifiée le 20 janvier 2021 qu'il n'a ni exécutées ni respectées. Ainsi la majeure partie de son séjour en France s'est effectuée en situation irrégulière. Par ailleurs, l'aide apportée à ses parents par l'intéressé n'est pas établie par les attestations peu circonstanciées, rédigées de la même écriture, de ses parents et de sa sœur et n'est pas corroborée par les propos de M. H lors de son interrogatoire dans le cadre de sa garde à vue du 19 janvier 2021, pour laquelle a été sollicité un interprète en langue arabe, ce qui est de nature à remettre en cause l'intégration linguistique alléguée. En outre, il ne démontre pas avoir constitué dans ce pays des liens intenses, anciens et stables, y compris en produisant après clôture une attestation de Mme A évoquant une vie commune engagée depuis le 12 août 2022 et un rendez-vous pour déposer un dossier de mariage à la mairie de Nantes le 10 janvier 2023, ni être inséré socialement ou professionnellement. Dans ces conditions, les liens personnels et familiaux en France de M. H ne peuvent être regardés comme présentant les caractéristiques définies à l'article 6 précité de l'accord franco-algérien. Par suite, le requérant, qui passé les 22 premières années de sa vie dans son pays d'origine où il n'est pas dépourvu de toute attache familiale, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée, qui n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé, serait entachée d'erreurs de fait et d'une erreur d'appréciation et méconnaîtrait, pour cette raison, l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ou les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
7. En second lieu, pour les mêmes motifs qui précèdent le préfet n'a pas méconnu les pouvoirs qu'il tire des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en n'envisageant pas de régulariser à titre exceptionnel le séjour de M. H sur le territoire.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, l'illégalité du refus de titre de séjour en litige n'étant pas établie, eu égard à ce qui précède, l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre du requérant sur le fondement de ce refus n'est entachée ni d'erreur de droit, ni de défaut de base légale.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci " et aux termes de l'article R. 531-17 du même code : " La décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides () est réputée notifiée à l'intéressé à la date de sa première consultation. Cette date est consignée dans un accusé de réception adressé au directeur général de l'office ainsi qu'à l'autorité administrative par ce même procédé. A défaut de consultation de la décision par l'intéressé, la décision est réputée avoir été notifiée à l'issue d'un délai de quinze jours à compter de sa mise à disposition. ". Il ressort des pièces produites en cours d'instance et notamment du relevé TelemOfpra, que la décision du directeur de l'OFPRA rejetant le recours du requérant a été notifiée à l'intéressé le 19 mai 2018 soit antérieurement à la décision attaquée. Par ailleurs, et alors que M. H ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article R. 351-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui ont trait aux conditions d'examen des demandes d'entrée sur le territoire, présentées à la frontière en vue du dépôt d'une demande d'asile, il est constant que l'intéressé n'a pas retiré le pli contenant cette décision qui est revenue non distribuée à l'OFPRA. Le moyen tiré de la notification irrégulière de cette décision doit ainsi être écarté.
10. En troisième lieu, pour les mêmes motifs de fait que ceux évoqués au point 6, malgré l'engagement d'une vie de couple, au demeurant récente et postérieure à la décision attaquée, l'obligation qui est faite au requérant de quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. H au respect de sa vie privée et familiale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
11. Il résulte de ce qui ce qui précède que l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'est pas établie. Par suite, le moyen tiré de cette illégalité, invoqué par M. H à l'encontre de la décision fixant le pays destination, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire :
12. Si la décision attaquée prévoit que le délai de départ volontaire de trente jours accordé à M. H démarre à compter du rétablissement des liaisons terrestres, maritimes ou aériennes en direction du pays d'origine de l'intéressé ou de tout autre pays où il est légalement admissible, qui ont été interrompues à raison de la pandémie de Covid-19, d'une part, cette circonstance concerne l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre et demeure sans incidence sur sa légalité, d'autre part, aucune disposition ni aucun principe n'imposait au préfet de délivrer à l'intéressé une autorisation provisoire de travail dans l'attente du rétablissement de ces liaisons, en application des dispositions de l'article R. 732-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressé, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour un durée d'un an :
13. Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles
L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction
de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes
de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L.612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
14. En premier lieu la décision litigieuse, après avoir cité ces dispositions, énonce que M. H n'a pas exécuté la précédente mesure l'obligeant à quitter le territoire français notifiée en janvier 2020 ni celle notifiée le 20 janvier 2021, que, s'il allègue s'occuper de son père en France, eu égard à la nature de ses liens en France et de la présence d'attaches dans son pays d'origine, une interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, alors même que la décision ne précise pas expressément la durée du séjour de l'intéressé en France, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'interdiction de retour faite à M. H ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
15. En second lieu, nonobstant la mention de la menace pour l'ordre public présentée par le requérant, dont le préfet sollicite la neutralisation, il est constant que M. H se maintient irrégulièrement sur le territoire français en méconnaissance des lois relatives au séjour des étrangers depuis quatre ans, alors qu'il ressort du point 6 qu'en dehors de la circonstance de résider avec sa sœur chez ses parents, l'intéressé n'établit pas la réalité et l'intensité des liens qu'il entretient avec ces derniers, notamment eu égard à ses déclarations dans le cadre de sa garde à vue du 19 janvier 2021, et ne démontre pas que des circonstances humanitaires s'opposeraient à l'édiction de la décision attaquée quand bien même il ne constituerait pas une charge pour la société française. Il n'est dès lors pas fondé à soutenir ni que cette décision méconnaîtrait les dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne l'obligation de remise du passeport et de l'obligation de se présenter trois fois par semaine :
16. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire. ". Aux termes de l'article L. 721-8 de ce code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité () ". Aux termes de l'article R. 721-6 du même code : " Pour l'application de l'article L. 721-7, l'autorité administrative désigne le service auprès duquel l'étranger effectue les présentations prescrites et fixe leur fréquence qui ne peut excéder trois présentations par semaine.".
17. Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle le préfet astreint un étranger à une obligation de présentation et de remise de son passeport ou d'une pièce d'identité tend à assurer qu'il accomplit les diligences nécessaires à son départ dans le délai qui lui a été imparti en vue de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi, en imposant à M. H de remettre l'original de son passeport et de se présenter trois fois par semaine au commissariat central de police de Nantes, le préfet de la Loire-Atlantique a nécessairement entendu limiter l'effet de cette mesure à la durée du délai de départ volontaire accordé à l'intéressé. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet en imposant cette mesure doit être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. H doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et sa demande formée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B H, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Philippon.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Beaufumé, première conseillère.
Rendu publique par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2023.
Le rapporteur,
B. ECHASSERIEAU
La présidente,
M. I
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026