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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2114349

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2114349

jeudi 26 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2114349
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantMAUDET-CAMUS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 décembre 2021, 21 février 2022 et 7 avril 2022, Mme B E épouse D et M. C D, représentés par Me Bardoul, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2021 par lequel la maire de la commune de Nantes a délivré à la SARL Maolys un permis de construire un collectif de dix logements sur la parcelle NT 237 sise 1 rue Léon Jost à Nantes et le rejet implicite de leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2021 par lequel un permis de construire modificatif a été délivré à la pétitionnaire ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Nantes la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- les arrêtés attaqués sont entachés d'incompétence ;

- le dossier de permis de construire est incomplet en raison de la description insuffisante de l'accès aux aires de stationnement ;

- les arrêtés attaqués méconnaissent l'article B 3.2 des dispositions générales et l'article B 3.1 des dispositions propres à la zone Um du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que le coefficient CBS aurait dû être de 0,6 et la surface de pleine terre de 305,40 m², le permis de construire modificatif ne régularisant pas ce vice en augmentant artificiellement les coefficients affectés aux surfaces de pleine terre et ces surfaces ;

- l'arrêté portant permis de construire méconnaît l'article B1 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain en l'absence de recul de cinq mètres de l'emprise publique ;

- il méconnaît l'article B 1.1.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors qu'une partie de la construction ne respecte pas la distance imposée par rapport aux limites séparatives latérales ;

- il méconnaît l'article B 1.1.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que le projet ne respecte pas la distance imposée par rapport aux limites séparatives de fond de parcelle ;

- il méconnaît l'article B. 1.2.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que la hauteur du rez-de-chaussée n'atteint pas quatre mètres ;

- il méconnaît l'article B.3 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que, le projet ne respectant pas la marge de recul de cinq mètres par rapport à l'emprise publique, il ne respecte pas non plus cet article imposant que cette marge soit composées de 50 % d'espaces de pleine terre ;

- il méconnaît l'article B 3.1.2 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que plus de trois arbres sont présents sur la parcelle et qu'il n'est pas, au surplus, démontré les modalités d'évaluation de la valeur de ces arbres ni de leur valeur de remplacement ;

- il méconnaît l'article B.4 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que le projet, bien que soumis à la norme de 0,8 places de stationnement par logement, ne comprend que trois emplacements indépendants, que les places de stationnement ne mesurent pas 5 x 2,30 mètres et que les espaces de dégagement ne sont pas conformes à ces dispositions ;

- il méconnaît l'article B 4.2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain dès lors que la largeur des places de stationnement des vélos n'atteint pas 1,20 mètres et leur longueur 2,50 mètres.

Par des mémoires en défense enregistrés les 4 février 2022 et 4 mai 2022, la SARL Maolys, représentée par Me Seychal, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'un sursis à statuer soit ordonné si l'un des moyens soulevés était retenu et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne disposent d'aucun intérêt à agir à l'encontre des arrêtés attaqués dès lors qu'ils ont acquis leur parcelle en connaissant la nature du projet de construction sur la parcelle voisine ;

- la requête présentée par Mme D est tardive dès lors que le recours gracieux n'a été présenté qu'au seul nom de M. D ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés les 11 avril 2022 et 25 avril 2022, la commune de Nantes, représentée par Me Camus, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par un courrier du 15 décembre 2022, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de retenir les moyens tirés de la méconnaissance de l'article B 1.1.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain -en l'absence d'éléments permettant de déterminer si le substrat de la toiture végétalisée est principalement minéral- et des articles B 4 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc de ce même règlement -en l'absence d'éléments permettant de déterminer la dimension exacte des places de stationnement semi-automatisées- et de surseoir à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés litigieux afin de permettre à la SARL Maolys de régulariser ce vice, conformément à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et ont été invitées à présenter leurs observations.

Par des mémoires enregistrés les 23 décembre 2022 et 30 décembre 2022, la SARL Maolys a présenté des observations.

Par un mémoire enregistré le 24 décembre 2022, M. et Mme D ont présenté des observations.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G,

- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,

- et les observations de Me Bardoul, représentant M. et Mme D, F, représentant la commune de Nantes, et de Me Seychal, représentant la SARL Maolys.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 24 juin 2021, la maire de la commune de Nantes a délivré à la SARL Maolys le permis de construire qu'elle a sollicité le 25 février 2021 en vue de la démolition de l'immeuble existant et la construction d'un collectif de dix logements sur la parcelle NT 237 sise 1 rue Léon Jost, en zone UMc du plan local d'urbanisme métropolitain. Par un arrêté du 20 décembre 2021, elle lui a délivré un permis de construire modificatif, sollicité le 29 septembre 2021, portant sur la modification de la toiture de l'attique. M. et Mme D, propriétaires des parcelles NT 235 et NT 236, demandent l'annulation de ces deux arrêtés ainsi que du rejet implicite de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir :

2. D'une part, il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction. Bien que la SARL Maolys ait acquis la parcelle NT 237 sur laquelle est implanté le projet litigieux deux ans avant l'acquisition des parcelles NT 235 et NT 236 par M. et Mme D, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces derniers aient eu connaissance de la consistance de ce projet, pour lequel le permis de construire a été déposé quelques jours après l'acquisition par les requérants de ces deux parcelles. En outre, il ressort des pièces du dossier que la construction litigieuse sera implantée en limite séparative latérale, tout comme la maison d'habitation des requérants, et que les balcons de l'immeuble de trois étages offriront des vues directes et rapprochées sur leur jardin. Par suite, M. et Mme D justifient d'un intérêt à agir à l'encontre des arrêtés attaqués.

3. D'autre part, s'il est constant que le recours gracieux à l'encontre du permis de construire initial n'a été présenté qu'au nom de M. D, cette circonstance est sans incidence sur la recevabilité de la requête présentée par M. et Mme D.

En ce qui concerne la compétence de l'auteur des deux arrêtés :

4. Les deux arrêtés attaqués ont été signés par M. A, onzième adjoint délégué, en charge notamment des autorisations en matière de droits des sols, qui bénéficie d'une délégation de signature de la maire de Nantes en vue de signer tous les arrêtés dans l'exercice des attributions et pour les domaines qui lui sont confiés en vertu d'un arrêté du 4 janvier 2021, régulièrement affiché le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité des dispositions qui n'ont pas été modifiées par le permis de construire modificatif :

5. En premier lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse, le plan du rez-de-chaussée et les plans des façades du dossier de demande de permis de construire indiquent l'emplacement des parkings ainsi que le lieu d'accès des véhicules par la rue Léon Jost. La notice précise que l'accès des véhicules s'effectue par une large percée en façade sur rue, matérialisée par un barreaudage vertical métallique pour laisser entrevoir le jardin en fond de parcelle. Dans ces conditions, le dossier de demande comprend les éléments suffisants permettant au service instructeur d'apprécier les conditions d'accès aux aires de stationnement du projet de construction.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article B 1.1.1 des dispositions relatives au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " Les constructions doivent être implantées en respectant un recul de 5 mètres minimum par rapport à l'emprise publique ou à la voie. / Une implantation différente de celle définie ci-dessus peut être imposée ou admise dans les hypothèses prévues à l'article B 1.1.1 de la 1ère partie au 4.2 " Les autres dispositions communes à toutes les zones ", afin de prendre en compte le contexte spécifique dans lequel s'insère la construction () ". L'article B 1.1.1. des dispositions générales de ce règlement dispose qu'une telle implantation différente peut être admise " afin de prendre en compte l'implantation, la volumétrie des constructions et la morphologie urbaine environnante (de la portion de rue ou de l'îlot ou du quartier) pour que le projet s'insère sans rompre l'harmonie des lieux, d'un front bâti constitué, d'une organisation urbaine particulière " et que " dès lors qu'une construction située sur les parcelles contigües du terrain d'assiette du projet est implantée selon un recul différent de celui imposé par la règle générale, une implantation en harmonie avec cette construction peut être imposée afin d'inscrire le projet en continuité de l'implantation existante ". Il ressort des pièces du dossier que toutes les constructions les plus proches de la parcelle d'implantation du projet dans la rue Léon Jost et dans la rue Gabriel Lauriol, à l'angle desquelles est située la parcelle NT 237, sont implantées à l'alignement de l'emprise publique. Dans ces conditions, l'implantation du projet en recul de cinq mètres étant de nature à rompre l'harmonie de ces rues, son implantation à l'alignement ne méconnaît pas l'article B 1 des dispositions relatives au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain qui autorise une telle dérogation.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article B 1.1.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatives à l'implantation par rapport aux limites séparatives latérales : " Les constructions sur rue peuvent être implantées soit sur l'une des deux limites séparatives latérales ou sur les deux, soit en retrait des limites séparatives latérales. En cas de retrait, ce dernier est au moins égal à la moitié de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de 3 mètres. () ". Aux termes de l'article B 1.1.2 des dispositions générales de ce règlement : " Pour le calcul de la distance d'implantation par rapport aux emprises publiques et voies, par rapport aux limites séparatives et entre constructions, ne sont pas pris en compte les éléments de saillies tels que les balcons, loggias, etc. Toutefois, au-delà d'1,50 mètre de profondeur, les saillies sont prises en compte dans le calcul du retrait ". Il ressort des pièces du dossier que les balcons de la construction litigieuse, que les requérants soutiennent être implantés en méconnaissance de la règle de retrait par rapport aux limites séparatives latérales, représentent des saillies de 1,50 mètres. Dans ces conditions, ces balcons ne devant pas être pris en compte dans le calcul du retrait, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article B 1.1.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article B 1.1.4 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatif aux modalités de calcul de la distance d'implantation : " () Les distances d'implantation (recul, retrait, entre deux constructions) se calculent en tout point des constructions, hors saillies de moins de 1,50 m de profondeur. () ". Aux termes de l'article B 1.2 de ces mêmes dispositions générales " () La hauteur des constructions est une hauteur maximale hors tout (H). Lorsqu'une règle est fixée en fonction de la hauteur de la construction, celle-ci se calcule en tout point de la construction (h, h') () ". Aux termes de l'article B 1.1.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatives à l'implantation des constructions sur rue par rapport aux limites séparatives de fond de parcelle : " Les constructions doivent respecter un retrait au moins égal à la moitié de la hauteur de la construction à édifier avec un minimum de 6 mètres ". Il résulte de ces dispositions que la distance devant être respectée par rapport aux limites séparatives de fond de parcelle pour l'implantation des bâtiments doit être calculée, non en se bornant à constater la hauteur totale d'une construction en son point le plus élevé, mais de manière glissante, en tenant compte des retraits éventuels de la façade de ce bâtiment. Il ressort des pièces du dossier que la construction litigieuse comporte trois niveaux dont les hauteurs sont différentes, celui dont la façade est la plus proche de la limite séparative de fond de parcelle présentant une hauteur inférieure à douze mètres. Dans ces conditions, la distance entre cette partie de la construction et la limite séparative de fond de parcelle qui s'élève à 6 mètres respecte les dispositions de l'article B 1.1.2 précité.

9. En cinquième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que la construction litigieuse n'avait pas à respecter la règle de recul minimal de cinq mètres par rapport à l'emprise publique. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article B 3 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain imposant que cette marge de recul soit composée au moins pour moitié de surface de pleine terre est inopérant.

10. En sixième lieu, aux termes de l'article B 4.2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " () Les places de stationnement doivent satisfaire de bonnes conditions de confort, de sécurité et d'accès. Dans cet objectif, elles doivent respecter les dimensions minimales suivantes : Pour un vélo standard : - Une surface de 1,20 m² par place (hors espace de manœuvre) ; - Et un espace complémentaire nécessaire à la manœuvre du vélo d'une longueur ne devant pas être inférieure à 1,80 mètre lorsque le stationnement s'effectue en bataille, à 1,20 mètres lorsque le stationnement s'effectue en épi et à 0,90 mètre lorsque le stationnement s'effectue en longitudinal. () Pour un vélo non standard (vélo cargo ou assimilé) : - Une longueur minimale de 2,50 mètres ; - Une largeur minimale de 1,20 mètre ; - Et un espace nécessaire à la manœuvre du vélo. () Norme de stationnement plancher applicable à la sous-destination Logement pour le logement collectif uniquement Pour les constructions situées à l'intérieur du périphérique, il est exigé : - Une place de stationnement vélo par logement pour les logements dont la surface de plancher est inférieure ou égale à 50 m² ; - Deux places de stationnement vélo par logement, pour les logements dont la surface de plancher est supérieure à 50 m². () Norme de stationnement pour les vélos non standards : Dans les cas où une norme de stationnement pour les vélos est définie, des espaces de stationnement libres de tout mobilier au sol permettant le stationnement des vélos non standards (vélos cargos ou assimilés) doivent également être réalisés à hauteur d'une place par tranche de 20 places de stationnement réservées aux vélos ". Il résulte de ces dispositions que le projet litigieux, qui inclut quatre logements de surface de plancher inférieur à 50 m² et six logements d'une surface de plancher supérieure à 50 m², doit comprendre seize stationnements pour les vélos, sans qu'aucun emplacement pour vélo non-standard soit exigé. La surface totale de l'aire de stationnement pour les vélos s'élève à 43,43 m², incluant ainsi les 19,2 m² requis de places de stationnement hors espace de manœuvre. Compte tenu de la surface restante et au regard des dimensions portées sur le plan du rez-de-chaussée du dossier de demande, l'espace de stationnement pour les vélos en bataille permet un espace de manœuvre d'1,80 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article B 4.2 précité doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité des dispositions modifiées par le permis de construire modificatif :

11. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

12. En premier lieu, le plan local d'urbanisme métropolitain définit le coefficient de biotope par surface (CBS) comme la " valeur définissant la proportion des surfaces éco-aménagées exigée par rapport à la surface totale de l'unité foncière du projet de construction. Elle intègre une pondération selon la nature des surfaces éco-aménagées, en fonction de leur degré de perméabilité, de leur contribution à la biodiversité et à la présence de la nature en ville, de leur contribution à la régulation du microclimat. La pondération attribuée à chaque nature de surface éco-aménagée est établie au regard d'une surface de pleine terre. Le CBS permet ainsi d'évaluer la qualité environnementale de l'unité foncière considérée ". Aux termes de l'article B 3.2 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain relatif au CBS : " Tout projet de construction nouvelle ou d'extension, situé dans une zone où s'applique un coefficient de biotope par surface, doit comprendre une proportion de surfaces favorables à la biodiversité, au cycle de l'eau et à la régulation du microclimat, dites surfaces éco-aménagées. () Les surfaces éco-aménagées et les pondérations correspondantes sont décrites dans le tableau ci-après. () Dans tous les cas, les valeurs de CBS indiquées au règlement particulier de chaque zone constituent un minimum à atteindre. () ". Le tableau de ce même article prévoit dix types de surface dont la surface de type 1 " pleine terre avec noues sur sol naturel " affectée d'un coefficient de 1,2, la surface de type 2 " pleine terre avec arbres existants et conservés (surface du houppier) " affectée d'un coefficient de 1,2, la surface de type 4 " autres surfaces de pleine terre " affectée d'un coefficient de type 1, la surface de type 5 " surfaces imperméables recouvertes de terre végétale d'une épaisseur supérieure ou égale à 80 cm avec système de drainage " affectée d'une coefficient de 0,8 et la surface de type 8 " surfaces imperméables recouvertes de substrat principalement minéral d'une épaisseur moyenne de 15 cm sans être inférieure à 10 cm avec système de drainage " affectée d'un coefficient de 0,5. Et aux termes de l'article B 3.1 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " Tout projet de construction neuve et d'extension doit intégrer des surfaces éco-aménagées dont 30% de surface de pleine terre permettant d'atteindre un CBS de 0,6. () ".

13. Il est constant que le CBS applicable au projet litigieux s'élève à 0,6. Le permis de construire modificatif a régularisé le permis initial qui comportait un CBS de 0,5 et précisé que la surface éco-aménagée requise s'élevait à 316,2 m². Toutefois, les requérants contestent les modalités de calcul de la surface éco-aménagée prévues par le permis de construire modificatif et les coefficients attribués à certains types de surface. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de coupe, que le projet litigieux comprend 68 m² de jardinières comprenant un substrat de 80 centimètres justifiant ainsi la dénomination de surface de type 5 affectée d'une pondération de 0,8. Si le permis de construire initial ne distinguait pas l'espace de pleine terre appelée " jardin commun " et l'espace de pleine terre avec l'arbre existant conservé, le permis de construire modificatif opère une telle distinction en conformité avec les dispositions du plan local d'urbanisme métropolitain applicable. Si les requérants soutiennent que la qualification de type 2 affectée d'une pondération de 1,2 pour 14 m² présente un caractère artificiel, il ressort des pièces du dossier que cette surface correspond à la surface du houppier du seul arbre conservé dans le cadre du projet. La circonstance que l'ensemble des arbres existants sur la parcelle ne soient pas conservés n'a pas d'incidence sur la qualification de cette surface. Enfin, la demande de permis de construire modificatif indique que 100 m² de toiture végétalisée comprenant un substrat de 15 centimètres et une couche drainante correspondent à une surface de type 8 et justifient une pondération de 0,5. Alors même que le schéma de cette toiture végétalisée ne comprend pas la mention du caractère " principalement minéral " du substrat, la mention du type 8 de cette surface suffit à imposer à la SARL Maolys, au stade de l'exécution, de réaliser un tel substrat, aucune autre pièce du dossier ne permettant d'établir que cette surface ne pourrait être végétalisée. Par suite, la surface éco-aménagée totale permet de respecter l'article B 3.1 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain.

14. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif, et notamment de la coupe AA', que la hauteur du rez-de-chaussée de la construction litigieuse s'élève à 4,10 mètres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article B 1.2.2 des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain imposant une hauteur minimale du rez-de-chaussée de 4 mètres dirigé contre l'arrêté de permis de construire initial doit être écarté comme inopérant.

15. En troisième lieu, aux termes de l'article B 3.1.2 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain : " A l'exception des végétaux situés en clôture, les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes () Pour les communes concernées, il conviendra de se référer à l'annexe du règlement (pièce n° 4-1-2-6) permettant de calculer la valeur des plantations à remplacer qui doit correspondre à la valeur des nouvelles plantations. () ". Aux termes de cette annexe 4-1-2-6 : " () Le résultat obtenu par ce système de calcul correspond sensiblement aux frais de remplacement de l'arbre considéré par un arbre identique, pour autant qu'il se trouve dans le commerce, en même grosseur, y compris les frais de transport et de plantation ". Il ressort des pièces du dossier qu'un arbre présent sur la parcelle sera conservé et que trois arbres -un cerisier, un mûrier et un pommier- seront abattus dans le cadre de la réalisation du projet litigieux et feront l'objet d'un remplacement par trois arbres de même valeur, d'essences locales et permettant de créer un filtre visuel par rapport aux parcelles voisines. La notice paysagère précise qu'un quercus rubra, un pyrus callerynan " Chatycleer " et un acer x freemanii " Autumn blaze ", dont les photographies sont insérées dans la notice, seront plantés en remplacement des trois arbres abattus. L'avis rendu le 30 avril 2021 par le service des espaces verts et annexé à l'arrêté délivrant le permis de construire initial précise que la valeur des arbres supprimés s'élève à 4 895 euros. Le dossier de permis de construire modificatif comprend un devis d'un paysagiste pour la plantation des trois arbres susnommés pour un montant total de 4 140 euros TTC. Dans ces conditions, le dossier de demande de permis de construire modificatif comprend les informations nécessaires permettant d'évaluer tant la valeur des arbres que leur valeur de remplacement, quasi-équivalente. Par suite, le permis de construire modificatif a régularisé le vice du permis de construire initial et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article B 3.1.2 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain doit être écarté comme inopérant.

16. En quatrième et dernier lieu, il est constant que l'application des articles B 4 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain impose la création de onze places de stationnement d'une superficie minimale de 5 mètres sur 2,30 mètres et que les places commandées ne peuvent être prises en compte pour le calcul réglementaire du nombre minimal de places à réaliser. Les places commandées constituent, conformément aux définitions du plan local d'urbanisme métropolitain, des places de stationnement automobiles nécessitant le déplacement d'un autre véhicule pour être accessibles. D'une part, il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif que onze places de stationnement sont créées incluant huit places de stationnement " semi-automatisées ". Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la notice descriptive et de la présentation du système de parking semi-automatique annexée à cette notice, que le parking constitué de trois niveaux verticaux comprend une place vide permettant le déplacement des véhicules verticalement et horizontalement, n'imposant pas, en cas d'entrée ou de sortie d'un véhicule, qu'un propriétaire procède au déplacement de son véhicule, le déplacement de la place de parking elle-même se faisant automatiquement. Dans ces conditions, les huit places de stationnement " semi-automatisées " permettent un accès indépendant à chaque véhicule et ne doivent pas être regardées comme étant des places commandées au sens du plan local d'urbanisme métropolitain. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'espace de dégagement de l'aire de stationnement, qui n'est pas inférieur à cinq mètres, ne permette pas la bonne manœuvre des véhicules.

17. En revanche, si le plan du rez-de-chaussée du dossier de demande de permis de construire modificatif précise que la longueur du parking vertical s'élèvera à 8,06 mètres, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que, compte tenu du mécanisme nécessaire au déplacement des plateformes supportant les véhicules, la largeur des places de stationnement sera d'au moins 2,30 mètres. Par ailleurs, la notice d'un fabricant, dont il n'est toutefois pas établi que ce système sera celui installé dans le cadre du projet, annexée au dossier présente plusieurs modèles comportant des longueurs de places de stationnement différentes et ne comporte pas les longueurs de l'ensemble des modèles proposés. Aucun autre document ne permet d'établir avec certitude la largeur et la longueur des huit places de stationnement " semi-automatisées ". Par suite, le permis de construire modificatif n'a pas régularisé le vice, affectant le permis de construire initial, tiré du caractère insuffisant des largeur et longueur de ces huit places de stationnement au regard des articles B 4 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du plan local d'urbanisme métropolitain.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

18. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations () ".

19. L'illégalité relevée au point 17, résultant de la méconnaissance de l'article B 4 des dispositions générales et des dispositions propres au secteur UMc du règlement du PLU métropolitain, qui n'affecte qu'une partie identifiée du projet, est susceptible d'être régularisée. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et d'impartir à la SARL Maolys un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement afin de produire la mesure de régularisation nécessaire.

D É C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité des arrêtés des 24 juin 2021 et 20 décembre 2021, par lesquels la maire de Nantes a délivré à la SARL Maolys un permis de construire et un permis de construire modificatif, pour permettre la notification au tribunal d'un permis de construire modificatif, régularisant le vice relevé au point 17 ci-dessus, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et Mme B E épouse D, à la commune de Nantes et à la SARL Maolys.

Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mlle Wunderlich, présidente,

Mme Le Lay, première conseillère,

Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.

La rapporteure,

H. GLa présidente,

A.-C. WUNDERLICHLa greffière,

C. GENTILS

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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