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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2114491

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2114491

lundi 11 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2114491
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème chambre
Avocat requérantDE CLERCK

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2114491, le 22 décembre 2021, des pièces complémentaires enregistrées le 17 mars 2022, et un mémoire enregistré le 3 juin 2022, M. A B, représenté par Me de Clerck, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ;

2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 24 février 2022 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour au titre de l'asile dans un délai de vingt jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision de la commission est entachée d'erreur de droit, les pièces du dossier permettent d'établir avec certitude l'existence d'une demande de visa ayant donné lieu à un refus ; le recours administratif préalable obligatoire était donc recevable ;

- les autorités consulaires n'ont pas respecté l'obligation posée par l'article R. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision de la commission est entachée d'un défaut de motivation ;

- le refus d'accès au territoire français par des voies légales porte atteinte au droit d'asile, protégé par la convention de Genève du 28 juillet 1951, et ayant une portée constitutionnelle ;

- la décision de la commission est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; du fait de son homosexualité et de son engagement en faveur des droits fondamentaux et des droits des personnes appartenant à la communauté LGBT, il a des craintes en cas de retour en Ouzbékistan, en cas de retour au Kirghizistan, et des craintes en Russie ; il ne peut être prise en charge médicalement en Russie du fait de son absence de document d'identité ;

- la décision du ministre est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées, par courrier en date du 30 mai 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de ce que le courrier de la CRRV du 04/11/2021 ne s'avère pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours en annulation, faute d'existence d'une décision portant refus de visa à cette date, en l'absence de l'enregistrement de la demande de visa de l'intéressé par les autorités consulaires, lesquelles n'ont pu qu'opposer implicitement un refus d'enregistrement de la demande de visa insusceptible de faire l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire devant la CRRV.

La réponse à ce courrier faite par le requérant est contenue dans son mémoire enregistré le 3 juin 2022 ci-dessus visé.

Par décision du 31 mai 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2203963 le 17 mars 2022, et des pièces complémentaires enregistrées le 6 juin 2022, M. A B, représenté par Me de Clerck, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du ministre de l'intérieur du 24 février 2022 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour au titre de l'asile dans un délai de vingt jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le refus d'accès au territoire français par des voies légales porte atteinte au droit d'asile, protégé par la convention de Genève du 28 juillet 1951, et ayant une portée constitutionnelle ;

- la décision du ministre est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; du fait de son homosexualité et de son engagement en faveur des droits fondamentaux et des droits des personnes appartenant à la communauté LGBT, il a des craintes en cas de retour en Ouzbékistan, en cas de retour au Kirghizistan, et des craintes en Russie ; il ne peut être prise en charge médicalement en Russie du fait de son absence de document d'identité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Le mémoire présenté le 3 juin 2022 par M. B n'a pas été communiqué.

Des pièces complémentaires, présentées le 10 juin 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience, n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;

- le décret n° 81-778 du 13 août 1981 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 juin 2022 :

- le rapport de M. Desimon, rapporteur,

- et les observations de Me Le Floch, substituant Me de Clerck, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2114491 et 2203963 concernent le même demandeur de visa et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. B est un ressortissant ouzbek né le 18 novembre 1990. Il réside en Russie. M. B a sollicité de l'autorité consulaire française à Moscou la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour, en vue de déposer une demande d'asile en France.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

3. Il n'y a pas lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire dans l'affaire n° 2203963 alors que dans l'affaire n° 2114491 il a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur la procédure contentieuse antérieure :

4. Sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la partie requérante a sollicité la suspension de ce qu'elle estime être une décision du 4 novembre 2021 émanant du secrétariat général de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France. Par ordonnance du 11 février 2022, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a fait droit à sa demande en considérant que les autorités consulaires françaises à Moscou avait refusé d'instruire sa demande de visa pourtant valablement enregistrée, a ordonné, par suite, la suspension de ce qu'il a admis être une décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, et a enjoint au ministre de l'intérieur d'examiner à nouveau la demande de visa de l'intéressé.

Sur la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :

5. Aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. () ". Aux termes de l'article D. 312-3 du même code : " Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre chargé de l'immigration est chargée d'examiner les recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. La saisine de cette commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ".

6. Aux termes de l'article R. 312-1 du même code : " La personne qui sollicite la délivrance d'un visa est tenue de produire une photographie d'identité et de se prêter au relevé de ses empreintes digitales, aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné au 1° l'article L. 142-1. ". Et aux termes de l'article L. 142-1 du même code : " Afin de mieux garantir le droit au séjour des personnes en situation régulière et de lutter contre l'entrée et le séjour irréguliers des étrangers en France, peuvent être relevées, mémorisées et faire l'objet d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dans les conditions prévues par le règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard des traitements des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données et par la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, les empreintes digitales ainsi qu'une photographie des ressortissants étrangers : 1° Qui sollicitent la délivrance, auprès d'un consulat ou à la frontière extérieure des Etats parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990, d'un visa afin de séjourner en France ou sur le territoire d'un autre Etat partie à ladite convention ; ces empreintes et cette photographie sont obligatoirement relevées en cas de délivrance d'un visa ; () ".

7. Le décret n° 81-778 du 13 août 1981 fixant le tarif des droits à percevoir dans les chancelleries diplomatiques et consulaires et, en territoire français, par le ministère des relations extérieures, prévoit le versement d'une quittance en cas de demande de visa de long séjour mais ne subordonne pas la recevabilité d'une telle demande au versement de cette quittance, dont d'ailleurs les demandeurs et demanderesses peuvent être dispensées dans certains cas.

8. Ainsi, aucune disposition conventionnelle, législative ou règlementaire n'organise les conditions d'enregistrement et de recevabilité des demandes de visa de long séjour au titre de l'asile formulées devant les autorités consulaires françaises. Compte tenu des termes de l'article L. 142-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoient comme seule obligation de relever les empreintes et une photographie en cas de délivrance de visa, les termes de l'article R. 312-1 du même code ne sauraient être lus comme organisant des conditions de recevabilité d'une telle demande de visa. Le versement d'une quittance n'apparaît pas davantage être une condition de recevabilité.

9. Par suite, alors que M. B établit avoir fait parvenir au consulat sa demande de visa, notamment au moyen du formulaire (" cerfa ") adéquat, qu'il ressort des pièces du dossier qu'il en a été accusé réception, que les autorités consulaires avaient déjà pu examiner le fond de la demande M. B durant l'année 2020, et qu'il ne lui a été opposé aucun refus d'enregistrer sa demande, le silence des autorités consulaires françaises à Moscou ne pouvait, dans les circonstances de l'espèce, être regardé comme matérialisant un tel refus mais que comme matérialisant le refus de poursuivre l'instruction de sa demande. Ce refus constitue un refus de visa au sens et pour l'application des dispositions de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et devait donc donner lieu à l'introduction d'un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.

10. En conséquence, M. B est fondé à soutenir qu'en lui opposant qu'il n'avait pas été possible d'identifier la demande de visa dont il contestait le refus et donc en refusant de se prononcer sur son recours administratif préalable obligatoire, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a entaché sa décision d'erreur de droit.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre cette décision, que la partie requérante est fondée à demander l'annulation de la décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France du 4 novembre 2021.

Sur la décision du ministre de l'intérieur :

12. En l'absence de toute disposition conventionnelle, législative ou réglementaire déterminant les cas où le visa peut être refusé à un étranger ou une étrangère désirant se rendre en France en vue d'y solliciter l'asile, et eu égard à la nature d'une telle décision, les autorités administratives chargées de l'examen des demandes de visa disposent d'un large pouvoir d'appréciation à cet égard, et peuvent se fonder non seulement sur des motifs tenant à l'ordre public mais aussi sur toute considération d'intérêt général dans le cadre d'une analyse adaptée à la nature du visa sollicité et dans le respect des engagements internationaux de la France. Ainsi, la jurisprudence administrative retient, en l'absence de texte, que si le droit constitutionnel d'asile a pour corollaire le droit de solliciter en France la qualité de réfugié et de réfugiée, les garanties attachées à ce droit reconnu aux étrangers et étrangères se trouvant sur le territoire de la République n'emportent aucun droit à la délivrance d'un visa en vue de déposer une demande d'asile en France ou pour y demander le bénéfice de la protection subsidiaire.

13. L'homosexualité de M. B, son activisme en tant que défenseur des droits des personnes appartenant à la communauté LGBT ainsi que son parcours depuis qu'il a quitté l'Ouzbékistan sont établis par les pièces du dossier. L'administration ne saurait sérieusement se retrancher derrière des considérations qui tiendraient à ce que l'orientation sexuelle d'une personne relèverait " exclusivement " " de la sphère privée " et ne saurait encore moins reprocher au requérant de s'être " lui-même " placé dans sa situation. En particulier, s'agissant de ses craintes dans son pays de nationalité, à savoir l'Ouzbékistan, les pièces du dossier permettent de les établir. Le requérant a expliqué avec précision, contrairement à ce que fait valoir l'administration, la répression pénale à l'œuvre dans ce pays à l'encontre des personnes homosexuelles et les cibles que constituent les journalistes et les personnes militantes. Le compagnon avec qui il entretenait une relation en Ouzbékistan, avec lequel il partageait ses craintes, s'est d'ailleurs vu reconnaître la qualité de réfugié aux Etats-Unis d'Amérique. Or, M. B apporte de sérieux éléments permettant de caractériser un risque d'expulsion vers l'Ouzbékistan depuis la Fédération de Russie. Un courrier du 3 juin 2022, émanant du chef de la délégation du Haut-commissariat aux réfugiés des Nations-Unies (HCR) en Fédération de Russie, confirme les allégations du requérant quant au fait d'être dénué de document d'identité et de statut légal en Russie. M. B a versé aux débats divers éléments permettant de démontrer qu'en tant qu'activiste homosexuel il n'était pas susceptible de recevoir la protection nécessaire dans son pays de résidence et que toute procédure d'établissement de son identité risquerait de l'exposer à une procédure d'expulsion. A cet égard, le ministre de l'intérieur ne saurait sérieusement reprocher à l'intéressé d'avoir rendu publique sa situation personnelle par voie de presse. S'il ressort des pièces du dossier que M. B est accompagné par plusieurs associations, grâce à l'entremise du HCR, il n'en demeure pas moins que cette agence des Nations-Unies a expliqué ses propres difficultés à assurer la protection de l'intéressé en Russie et estime opportune la protection qui pourrait lui être apportée sur le territoire français. Sur ce territoire, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a créé des liens avec des associations de défense de la cause LGBT, très investies pour la protection de M. B depuis plusieurs années. Enfin, aucun élément ne permet de considérer que M. B aurait vocation à retourner au Kirghizistan, où il a été placé un temps sous la protection du HCR, et où au demeurant il établit avoir également des craintes du fait de son homosexualité et ne plus pouvoir être protégé depuis que le HCR y a cessé ses activités. Au vu de l'ensemble de ces éléments, il apparait manifeste que la demande d'asile de M. B doit être soumise à l'examen de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et que le requérant doit, par suite, être autorisé à rejoindre le territoire français pour l'examen de cette demande. Par conséquent, dans les circonstances particulières de l'espèce, il doit être considéré que la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes dirigés contre cette décision, que la partie requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à M. B le visa de long séjour sollicité. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui faire délivrer ce visa dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais de l'instance :

16. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'est pas fondé à demander que soit mise à la charge de l'Etat une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, Me de Clerck est fondée à solliciter que soit mise à la charge de l'Etat une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me de Clerck renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me de Clerck de la somme de 1 200 euros.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision du 4 novembre 2021 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est annulée.

Article 3 : Le décision du ministre de l'intérieur du 24 février 2022 est annulée.

Article 4 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour à M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 5 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me de Clerck en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'intérieur, et à Me Marie-Paule de Clerck.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Rimeu, présidente,

M. Desimon, conseiller,

Mme Louazel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2022.

Le rapporteur,

F. DESIMONLa présidente,

S. RIMEU La greffière,

S. JEGO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2, 2203963

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