lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2114603 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | POULARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 décembre 2021, le 18 mars 2022 et le 7 avril 2022, M. C B, représenté par Me Poulard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite née le 11 décembre 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 13 août 2021 des autorités consulaires françaises à Conakry (Guinée) refusant de lui délivrer un visa de long séjour en qualité d'étudiant ;
2°) d'annuler la décision expresse du 19 janvier 2022 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 13 août 2021 des autorités consulaires françaises à Conakry refusant de lui délivrer un visa de long séjour en qualité d'étudiant ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur, à titre principal, de délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de la demande de visa dans les mêmes conditions de délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision implicite et la décision expresse de la commission de recours sont entachées d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que, d'une part, il justifie des conditions de son séjour en France, d'autre part, son projet d'études présente un caractère cohérent et sérieux et, enfin, il n'a aucune intention de détourner l'objet du visa sollicité ;
- la décision de la commission de recours est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que sa demande de visa pour études n'est pas devenue sans objet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant guinéen, né le 18 mai 1988, a présenté une demande de visa de long séjour en qualité d'étudiant auprès des autorités consulaires françaises à Conakry. Par une décision en date du 13 août 2021, ces autorités ont refusé de lui délivrer le visa sollicité. Par une décision implicite née le 11 décembre 2021, à laquelle s'est substituée une décision expresse du 19 janvier 2022, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions de la commission de recours.
Sur l'étendue du litige :
2. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être regardée comme exclusivement dirigée contre la décision explicite du 19 janvier 2022 et que les moyens invoqués à l'encontre de la décision implicite de rejet de la commission de recours doivent être écartés comme inopérants.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision expresse de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France :
4. En premier lieu, la décision attaquée se réfère aux articles L. 311-1, L. 312-2 et L. 422-1 à L. 422-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que, pour refuser de délivrer à M. B le visa sollicité, la commission de recours s'est fondée sur les motifs tirés de ce que, d'une part, la date limite de rentrée tardive des cours à l'université de Rouen étant dépassée, sa demande de visa pour études, présentée sur la seule base d'un accord préalable d'inscription, est devenue sans objet, d'autre part, les informations communiquées pour justifier des conditions de son séjour en France sont incomplètes et ne sont pas fiables et, enfin, compte tenu de la situation personnelle du demandeur, âgé de 33 ans, célibataire, dont un frère réside en France, et en l'absence d'éléments convaincants sur d'éventuels intérêts de nature matérielle ou familiale dans son pays de résidence, susceptibles d'assurer des garanties de retour suffisantes, il existe un risque de détournement de l'objet du visa, sollicité pour études, à d'autres fins. Dès lors, contrairement à ce que soutient le requérant, la décision de la commission de recours mentionne de façon suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de son défaut de motivation doit être écarté comme manquant en fait. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment de la motivation de la décision contestée, que la situation du demandeur de visa n'aurait pas fait l'objet d'un examen complet et sérieux.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 312-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour. () ". Aux termes de l'article R. 312-2 du même code : " () Les autorités diplomatiques et consulaires sont tenues de statuer sur les demandes de visa de long séjour formées par les conjoints de Français et les étudiants dans les meilleurs délais ". Lorsque la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France est saisie d'un recours dirigé contre une décision consulaire refusant un visa de long séjour en qualité d'étudiant, elle peut fonder sa décision de refus sur l'insuffisance des ressources de l'intéressé. Elle peut, en outre, eu égard au large pouvoir d'appréciation dont elle dispose, fonder sa décision sur tout motif d'ordre public ou toute considération d'intérêt général, tirée notamment du défaut de caractère cohérent et sérieux des études envisagées ou du risque que l'intéressé entende, sous couvert de sa demande de visa, mener à bien un projet d'installation d'une autre nature sur le territoire national.
6. M. B s'est inscrit, au titre de l'année académique 2021-2022, en deuxième année de licence " sciences humaines et sociales ", mention sociologie, à l'université de Rouen. Le requérant soutient qu'il a effectué des études de sociologie en Guinée et qu'il souhaite à terme obtenir en France un master ou un doctorat en " sociologie de développement ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est déjà détenteur d'un diplôme de licence en sociologie délivré en 2015 par les autorités guinéennes et qu'il occupe depuis le mois d'octobre 2015 des postes d'enseignants au sein de groupes scolaires guinéens. En se bornant à soutenir qu'il entend créer des écoles privées à son retour en Guinée et exercer un emploi au sein " du ministère guinéen de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur ou du gouvernement ", le requérant ne démontre pas la cohérence entre son parcours antérieur, son projet professionnel et la formation envisagée. En outre, il ressort des pièces du dossier que le service de coopération et d'action culturelle (SCAC) de l'ambassade de France en Guinée a émis un avis défavorable au projet d'études de M. B aux motifs que son projet d'études manque de préparation, qu'il souhaite reprendre ses études après six ans d'interruption, sans être en capacité d'en justifier clairement, et que son projet professionnel est imprécis. Les éléments avancés par le requérant ne permettent pas de remettre en cause la teneur de cet avis. Enfin, si l'intéressé, âgé de 33 ans à la date de la décision attaquée, justifie d'attaches familiales et matérielles en Guinée, il est néanmoins constant que son frère réside sur le territoire français. Dans ces conditions, la commission de recours n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en se fondant, pour refuser de délivrer à M. B un visa de long séjour, sur le défaut de caractère cohérent et sérieux des études envisagées, de nature à révéler que l'intéressé sollicite ce visa à d'autres fins que son projet d'études. Il résulte de l'instruction que la commission de recours aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
7. En dernier lieu, si M. B soutient qu'il justifie des conditions de son séjour en France et que sa demande de visa n'est pas devenue sans objet, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif retenu au point précédent.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
M. Sarda, premier conseiller,
Mme Beyls, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. A
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
C. GUILLAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2114603
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026