lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2114730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | RODRIGUES DEVESAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 décembre 2021, le 31 décembre 2021 et le 4 janvier 2022, M. C E et Mme D B, représentés par Me Rodrigues Devesas, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2021 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 3 août 2021 du consul général de France à Alger refusant de délivrer à M. E un visa de court séjour ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de délivrer le visa sollicité et à titre subsidiaire de réexaminer la demande de visa dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision de la commission de recours est entachée d'une erreur d'appréciation, au regard des conditions de séjour en France du demandeur de visa et des ressources dont il dispose ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle se fonde sur un risque de détournement de l'objet de la demande de visa à des fins migratoires ;
- elle méconnaît le droit au mariage ;
- elle méconnaît le droit au respect de la vie privée et familiale protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- le règlement (CE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ;
- le règlement (CE) n° 810/2009 du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Rodrigues-Devesas, avocat de M. E et de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant algérien né le 24 août 1985, a sollicité la délivrance d'un visa de court séjour en vue de se marier en France avec Mme B, auprès du consul général de France à Alger, qui a rejeté sa demande le 3 août 2021. Par une décision en date du 28 octobre 2021, dont M. E et Mme B demandent l'annulation, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre cette décision consulaire.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 10 de la convention d'application de l'accord de Schengen : " 1. Il est institué un visa uniforme valable pour le territoire de l'ensemble des Parties contractantes. Ce visa () peut être délivré pour un séjour de trois mois au maximum () ". Aux termes de l'article 21 du règlement (CE) du 13 juillet 2009 du Parlement européen et du Conseil établissant un code communautaire des visas : " 1. Lors de l'examen d'une demande de visa uniforme, () une attention particulière est accordée à l'évaluation du risque d'immigration illégale () que présenterait le demandeur ainsi qu'à sa volonté de quitter le territoire des États membres avant la date d'expiration du visa demandé. ". Aux termes de l'article 32 du même règlement : " 1. () le visa est refusé : () / b) s'il existe des doutes raisonnables sur () la fiabilité des déclarations effectuées par le demandeur ou sur sa volonté de quitter le territoire des États membres avant l'expiration du visa demandé. () ".
3. Aux termes de la décision attaquée, pour refuser à M. E la délivrance d'un visa de court séjour, la commission de recours s'est fondée sur les motifs tirés de ce qu'il ne justifie pas de ressources personnelles suffisantes pour garantir le financement de son séjour et de son retour dans son pays de résidence, et de ce que compte tenu de sa situation personnelle, et en l'absence d'éléments convaincants notamment sur d'éventuels intérêts de nature économique, matérielle ou familiale dans son pays de résidence, susceptibles d'assurer des garanties de retour suffisantes, il existe une risque de détournement de l'objet du visa à d'autres fins, l'intéressé ayant fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français du préfet de la Gironde le 23 janvier 2017.
4. M. E a sollicité la délivrance d'un visa de court séjour en vue de se marier avec Mme B, ressortissante française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. E est connu défavorablement des services de police depuis le 21 novembre 2014, pour mariage contracté avec une ressortissante française, en vue de l'obtention d'un titre de séjour, qui lors de son audition par les services de police le 12 janvier 2016, à la demande du vice-procureur de la République, avait reconnu avoir contracté ce mariage contre une certaine somme d'argent. C'est dans ces conditions que M. E a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Gironde, portant refus de délivrance d'un certificat de résidence en tant que conjoint d'une ressortissante française et obligation de quitter le territoire français notifié le 1er février 2017, arrêté dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Bordeaux le 24 avril 2017 puis par la Cour administrative de Bordeaux le 28 septembre 2017. Il ressort également des pièces du dossier que l'épouse de nationalité française de M. E avait alors sollicité, le 30 novembre 2017, l'annulation de leur mariage, en réitérant le caractère complaisant de leur mariage. Si dans la présente instance, les requérants, pour justifier de la sincérité de leur union, soutiennent qu'ils se sont rencontrés en 2016, ils ne produisent toutefois aucun élément probant à l'appui de cette allégation et les documents produits, tenant à deux factures d'électricité relatives à août 2019 et août 2020, quelques photographies et des justificatifs de voyage de Mme B en Algérie et en Tunisie sont insuffisantes pour justifier de l'existence d'un projet de vie commune et de la sincérité de l'intention matrimoniale de M. E. La circonstance que le parquet du tribunal judiciaire de Nantes a pris une décision de non-opposition à mariage ne suffit à remettre en cause ces éléments. Enfin, M. E, âgé de 36 ans à la date de la décision attaquée, qui, s'il justifie d'une inscription au registre du commerce algérien, n'apporte aucun élément quant à l'exercice effectif d'une activité ou d'un emploi en Algérie, ne justifie d'aucune attache dans son pays de résidence, susceptible de constituer une garantie de retour à l'expiration du visa sollicité. Dans ces conditions, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer le visa de court séjour sollicité au motif qu'il existe un risque de détournement de l'objet de ce visa à des fins migratoires. Il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision en se fondant sur ce seul motif.
5. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que M. E dispose de ressources personnelles suffisantes pour financer les frais liés à son séjour en France et qu'il justifie d'une attestation d'accueil signée par Mme B, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, eu égard au motif retenu au point précédent.
6. En troisième lieu, les requérants n'établissent pas que Mme B serait dans l'impossibilité de se rendre en Algérie pour se marier avec M. E. Dans ces conditions, et alors que le droit au mariage n'inclut pas la possibilité pour les époux de choisir le lieu ou la date de célébration, le moyen tiré de ce que la décision contestée porte atteinte à leur liberté de se marier doit être écarté.
7. En dernier lieu, comme mentionné précédemment, les éléments versés aux débats par les requérants ne suffisent pas à démontrer l'existence d'une relation suivie et la sincérité de l'intention matrimoniale de M. E. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais liés au litige doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E et de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à Mme D B et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Allio-Rousseau, présidente,
Mme Thomas, première conseillère,
M. Sarda, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
La rapporteure,
S. A
La présidente,
M.-P. ALLIO-ROUSSEAU
La greffière,
C. GUILLAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026