mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200018 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | NERAUDAU |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 3 janvier 2022, Mme C F épouse B, représentée A Me Néraudau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 mai 2021 A laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à Me Néraudau en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de séjour a été signée A une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée, dès lors qu'elle ne vise pas l'accord franco-marocain et que le préfet n'a pas examiné si la requérante pouvait se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article 3 de cet accord en qualité de salariée ;
- elle est fondée sur des faits inexacts, dès lors qu'elle démontre être présente en France depuis 2016, en communauté de vie avec son époux et que son premier enfant est né en Italie et non au Maroc ;
- elle méconnaît les articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'elle résidait en France depuis 5 ans à la date de la décision attaquée et que leur premier enfant est scolarisé en France ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de l'article 3 de l'accord franco-marocain, alors qu'elle a sollicité un titre de séjour pour pouvoir travailler ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 ; en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'un défaut d'examen, dès lors que ses deux enfants n'ont jamais vécu au Maroc et que sa fille aînée est scolarisée en France depuis 2018 ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant refus de séjour entraîne l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est entaché d'un défaut d'examen, le préfet n'ayant pas examiné si elle entrait dans le champ d'application d'une disposition protectrice de l'éloignement du territoire ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé A les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et est entachée d'un défaut d'examen ;
- la décision fixant le pays de destination a été signée A une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français entraîne l'illégalité de la décision fixant le pays de destination ;
- la décision fixant le pays de destination porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, protégé A les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entachée d'un défaut d'examen au regard de ces stipulations ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, et est entachée d'un défaut d'examen au regard de ces stipulations.
A un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2023, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- s'agissant de la demande de séjour présentée A Mme F épouse B au titre du travail, la décision peut être légalement fondée, au lieu de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur l'article 3 de l'accord franco-marocain ;
- les moyens invoqués A Mme F épouse B ne sont pas fondés.
Mme F épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 7 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les observations de Me Néraudau, représentant Mme F épouse B.
Une note en délibéré, enregistrée le 21 mars 2023, a été présentée pour Mme F épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F épouse B, ressortissante marocaine née le 25 octobre 1987, déclare être entrée en France le 12 décembre 2016. Elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour auprès du préfet de la Loire-Atlantique. A une décision du 21 mai 2021, dont Mme F épouse B demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé A Mme D, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. A un arrêté du 17 mars 2021, régulièrement publié, le préfet lui a donné délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. A suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, d'une part, l'arrêté attaqué vise les textes dont le préfet a fait application pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à Mme F épouse B, notamment les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il indique également, avec suffisamment de précision, les circonstances de fait sur lesquelles ce dernier s'est fondé. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à Mme F épouse B de comprendre les motifs du refus de titre de séjour qui lui est opposé. D'autre part, l'obligation faite à l'intéressée de quitter le territoire français, qui vise le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas à comporter une motivation spécifique en fait, distincte de celle du refus de titre de séjour qui l'accompagne et qui est suffisamment motivé. Enfin, la décision fixant le pays de destination comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
Sur la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, si Mme F épouse B fait valoir que la décision attaquée repose sur des faits inexacts dès lors qu'elle est présente en France depuis 2016, qu'elle justifie d'une communauté de vie avec son époux et que son premier enfant est né en Italie et non au Maroc, ces circonstances sont en tout état de cause sans incidence sur la légalité de cette décision eu égard au motif sur lequel elle se fonde, tiré de l'absence de motif exceptionnel ou de considération humanitaire ouvrant droit à la requérante de séjourner sur le territoire français.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue A la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version en vigueur à la date de la décision contestée : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme F épouse B a épousé M. B, ressortissant marocain, titulaire d'un titre de séjour sur le territoire italien, le 19 avril 2016 au consulat du Maroc à Rome, que le premier enfant du couple est née le 14 décembre 2015 en Italie et a été scolarisée en France à compter de l'année scolaire 2018-2019, et que le second enfant du couple est né en France le 11 octobre 2019. Il ressort toutefois de ces mêmes pièces que M. B est en situation irrégulière en France, ayant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 17 octobre 2017. A ailleurs, Mme F épouse B ne conteste pas que ses parents et sa sœur résident au Maroc. La requérante ne justifie pas d'attaches personnelles et familiales intenses, anciennes et stables en France, bien qu'elle déclare y résider depuis 2016, ni d'éléments qui constitueraient un obstacle sérieux à la reconstitution de sa cellule familiale en dehors du territoire français. Dès lors, Mme F épouse B n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée A un étranger qui justifie A tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ". Aux termes des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé A les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention " salarié " () ". Aux termes de l'article 9 du même accord : " Les dispositions du présent accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités A l'accord (). ".
8. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues A les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-marocain prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant marocain souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité A l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, au sens de l'article 9 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant marocain qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
9. Il résulte de ce qui précède que le préfet ne pouvait sans erreur de droit décider de refuser de délivrer à la requérante une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " en se fondant sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Néanmoins, cette décision trouve son fondement légal dans le pouvoir dont dispose le préfet de police de régulariser, ou non, la situation d'un étranger qui, comme en l'espèce, ne remplit pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour de plein droit. Ce fondement peut, en l'espèce, être substitué à l'article L. 435-1 dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie et que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation que lorsqu'elle examine une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié au regard de l'article L. 435-1.
10. D'une part, Mme F épouse B n'établit pas, A la seule production d'une promesse d'embauche postérieure à la date de la décision attaquée, remplir les conditions posées A les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain. Si elle soutient que le préfet a omis d'examiner sa demande au regard de ces stipulations, il ressort, en tout état de cause, de la demande de titre de séjour de la requérante, datée du 21 février, que cette dernière doit être regardée comme ayant sollicité son admission exceptionnelle au séjour.
11. D'autre part, les circonstances que Mme F épouse B aurait été présente en France depuis 5 ans à la date de la décision attaquée et qu'elle y aurait exercé, d'ailleurs irrégulièrement, des emplois peu qualifiés, ne constituent pas des motifs suffisant à justifier l'admission exceptionnelle au séjour de la requérante. En outre, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que Mme F épouse B n'était pas non plus fondée à obtenir une admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. A ailleurs, la requérante ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012. A suite, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard de son pouvoir de régularisation.
12. En dernier lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet a procédé à un examen sérieux de la situation de Mme F épouse B au regard des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. S'il ressort des pièces du dossier que les enfants nés de l'union de Mme F épouse B et de M. B sont respectivement nés sur les territoires italien et français et que l'aînée est scolarisée en France depuis l'année scolaire 2018-2019, aucune circonstance invoquée A la requérante ne constitue un obstacle sérieux à la reconstitution de la cellule familiale et à la scolarisation des enfants B en dehors du territoire français. A suite, la décision attaquée n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de ces enfants, protégé A les stipulations de l'article 3, paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas établie, la requérante n'est pas fondée à s'en prévaloir, A voie de conséquence, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
14. En deuxième lieu, il résulte des termes de la décision attaquée que le préfet a procédé, avant de prononcer la mesure d'éloignement litigieuse, à un examen réel et sérieux de la situation de Mme F épouse B, au regard notamment de la circonstance que son époux est titulaire d'une carte de résident de longue durée délivrée A les autorités italiennes. Le moyen tiré du défaut d'examen doit en conséquence être écarté.
15. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et du défaut d'examen au regard de ces stipulations, présentés à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus ci-dessus en ce qui concerne la décision de refus de séjour.
Sur la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas établie, la requérante n'est pas fondée à s'en prévaloir, A voie de conséquence, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.
17. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que du défaut d'examen au regard de ces stipulations, présentés à l'appui des conclusions d'annulation dirigées contre la décision fixant le pays de destination, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus ci-dessus en ce qui concerne la décision de refus de séjour.
18. Il résulte de ce qui précède de Mme F épouse B doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F épouse B, à Me Néraudau et au préfet de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
La rapporteure,
L. E
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce que requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026