LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2200097

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2200097

mercredi 8 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2200097
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantSMATI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête n°2200097 enregistrée le 5 janvier 2022, Mme E B, représentée par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que :

* en méconnaissance des dispositions de l'article 8 de l'arrêté du 27 décembre 2016, il n'est pas établi que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait été transmis, sans délai et sous couvert du directeur général de l'Office, au préfet ;

* en méconnaissance des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016, il n'est pas établi qu'un rapport d'un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait été transmis au collège des médecins de l'Office dans des conditions conformes aux dispositions de l'article R.425-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* il n'est pas établi que les trois médecins composant le collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ont été nommés dans des conditions conformes aux dispositions de l'article R.425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* il n'est pas établi que l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration mentionne les différents éléments de la procédure en application des dispositions de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ; elle est toujours atteinte d'un microprolactinome et la cabergoline, substance active du médicament qui lui est prescrit, le DOSTINEX(r), et qui permet de stabiliser son état de santé, n'est pas présente en Centrafrique ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; elle réside en France depuis le 25 juillet 2019 et ses deux enfants, âgés de 7 ans et demi et de deux ans, sont nés en France ; elle maîtrise la langue française, ne présente aucune menace à l'ordre public, ne vit pas en état de polygamie et est parfaitement intégrée en France;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour prive de base légale la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ; elle réside en France depuis le 25 juillet 2019 et ses deux enfants, âgés de 7 ans et demi et de deux ans, sont nés en France ; elle maîtrise la langue française, ne présente aucune menace à l'ordre public, ne vit pas en état de polygamie et est parfaitement intégrée en France ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation et d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Sur la décision fixant le délai de départ :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le délai de départ ;

- elle est entachée d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; à la date de la décision attaquée, sa fille aînée avait débuté son année scolaire depuis deux mois ; un certain nombre de rendez-vous médicaux, dont un prévu le 22 août 2022, étaient déjà fixés ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français prive de base légale la décision fixant le pays de destination.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une décision du 11 janvier 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

II - Par une requête n° 2200103 enregistrée le 5 janvier 2022, Mme E B, représentée par Me Smati, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur au bénéfice de son enfant D A ;

2°) d'enjoindre au préfet de Maine-et-Loire de lui délivrer un document de circulation pour étranger mineur au bénéfice de son enfant D A dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros qui devra être versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- l'illégalité de l'arrêté du 10 novembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré prive de base légale la décision attaquée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2022, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une décision du 11 janvier 2022, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baufumé, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E B, épouse A, ressortissante centrafricaine née le 25 novembre 1982, est entrée en France le 5 août 2019 sous couvert d'un visa C Etats Schengen. Elle a ensuite bénéficié, à compter du 11 décembre 2020, de la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, valable jusqu'au 10 juin 2021. Elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour le 12 mai 2021. Par la requête n° 2200097, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2021 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré.

2. Par la requête n° 2200103, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 décembre 2021 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire a refusé de lui délivrer un document de circulation au profit de son enfant mineur D A née le 7 juillet 2014.

Sur la jonction :

3. Les requêtes n° 2200097 et 2200103 présentent à juger à titre principal de la légalité de décisions prises à l'encontre d'une même ressortissante étrangère et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur la requête n° 2200097 :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquels elle a été prise et fait notamment référence aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne également les éléments de fait propres à la situation personnelle de la requérante et notamment le fait qu'un avis a été émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 7 septembre 2021, par lequel ce dernier a considéré que l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, que Mme B se trouve sur le territoire français depuis moins de deux ans, que son époux réside en Guinée équatoriale avec trois de leurs enfants, mineurs, que ses deux autres enfants, également mineurs et résidant en France, sont de nationalité centrafricaine et ont vocation à accompagner leur mère hors de France, qu'elle ne justifie pas de ses ressources, ni d'une particulière intégration sur le territoire français et qu'elle a vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine où résident encore ses parents, deux frères et une sœur. La décision attaquée comporte, ce faisant, les considérations de fait et de droit qui lui servent de fondement. Par suite les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". L'article R. 425-11 du même code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ". Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical, conformément au modèle figurant à l'annexe B du présent arrêté. ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis () Cet avis mentionne les éléments de procédure. () ". Aux termes de l'article 8 du dit arrêté : " L'avis du collège est transmis, sans délai, au préfet, sous couvert du directeur général de l'Office ".

6. Par un avis rendu le 7 septembre 2021, le collège de médecin de l'OFII a estimé que l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du bordereau de transmission du 7 septembre 2021 émis par la directrice territoriale de l'OFII sous couvert du directeur général de cet office que, contrairement à ce que soutient la requérante, cet avis a été transmis au préfet sous couvert du directeur de l'office. Il en ressort par ailleurs que le rapport médical préalable a été établi par un médecin de l'OFII le 15 juin 2021, soit moins de trois mois avant que ne soit pris l'avis du collège de médecins de l'OFII. Il en ressort également que ce dernier avis, du 7 septembre 2021, a été signé par trois médecins, différents du médecin rapporteur et qui ont dûment été désignés pour siéger au sein de ce collège par une décision du 15 octobre 2020 du directeur général de l'OFII. Enfin, si la requérante soutient que l'arrêté attaqué ne comporte pas les " éléments de procédure " prévus par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précité, cette mention renvoie, ainsi qu'il résulte du modèle d'avis figurant à l'annexe C de l'arrêté, rendu obligatoire par cet article 6, à l'indication que l'étranger a été, ou non, convoqué par le médecin ou par le collège, à celle que des examens complémentaires ont été, ou non, demandés et à celle que l'étranger a été conduit, ou non, à justifier de son identité. Or il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est au demeurant pas allégué par Mme B, que cette dernière aurait été convoquée par le médecin rapporteur ou par le collège, que des examens complémentaires sur son état de santé auraient été sollicités ou encore qu'elle aurait été conduite à justifier de son identité. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en ses diverses branches.

7. En troisième lieu, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 précité, au vu notamment du rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

8. Pour refuser à Mme B la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet Maine-et-Loire s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 7 septembre 2021, lequel a estimé que l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. En se bornant à alléguer qu'elle souffre d'un micro-adénome à prolactine, tumeur bénigne, qu'elle suit un traitement chronique pour stabiliser son état de santé et qu'une interruption de ses soins peut entrainer une dégradation de ce dernier, la requérante n'établit pas que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B réside sur le territoire français depuis seulement deux ans et trois mois à la date de la décision attaquée, que son époux et trois de leurs enfants, mineurs, résident en Guinée équatoriale et qu'elle ne justifie d'aucune intégration particulière, professionnelle ou sociale, sur le territoire français. Par ailleurs, si la requérante soutient que deux de ses enfants mineurs résident en France avec elle, ces derniers ne sont âgés que de 23 mois et de 7 ans à la date de la décision attaquée et la cellule familiale peut se reconstituer dans le pays d'origine de leur mère. Dans ces conditions, la décision attaquée ne peut être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme portant au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux motifs du refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 et 10, le préfet de Maine-et-Loire n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de Mme B.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français contenue dans l'arrêté préfectoral du 10 novembre 2021 se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement. Or, comme cela a été dit au point 4 ci-dessus, cet arrêté vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquels il a été pris, et notamment son article L. 425-9, et mentionne les éléments de fait propres à la situation personnelle de la requérante. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation.

14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 ci-dessus que, l'illégalité du refus de titre de séjour n'étant pas établie, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision, soulevé par voie d'exception à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.

15. En troisième lieu, eu égard aux développements du point 10 ci-dessus, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en raison de l'atteinte excessive à la vie privée et familiale de Mme B et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

16. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier, comme cela a été dit au point 8 ci-dessus, que l'absence de prise en charge médicale serait susceptible d'entrainer pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il n'en ressort pas non plus que l'état de santé de la requérante l'empêcherait de voyager. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté du 10 novembre 2021, que le préfet de Maine-et-Loire a examiné et pris en compte son état de santé avant d'adopter la décision attaquée. Par suite les moyens tirés du défaut d'examen de sa situation et de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

20. En second lieu, les éléments de la situation personnelle dont fait état Mme B, tels que rappelés au point 10 du présent jugement ne suffisent pas à établir que le préfet aurait méconnu les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant à l'intéressée un délai de départ volontaire de trente jours.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

21. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 10 novembre 2021 doivent être rejetées.

Sur la requête n° 2200103 :

23. En premier lieu, la décision attaquée du 6 décembre 2021 vise l'article L. 414-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur le fondement duquel elle a été prise, et mentionne le fait que les conditions fixées par cet article ne sont pas remplies, notamment en raison de l'existence de la mesure d'éloignement dont Mme B a fait l'objet. La décision attaquée comporte, ce faisant, les considérations de fait et de droit qui lui servent de fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

24. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 22 du présent jugement que le moyen tiré de ce que la décision attaquée du 6 décembre 2021 devrait être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 10 novembre 2021 doit être écarté.

25 Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 décembre 2021 doivent être rejetées.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n° 2200097 et 2200103 de Mme B doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.

Article 2 Le présent jugement sera notifié à Mme B, au préfet de Maine-et-Loire et à Me Smati.

Délibéré après l'audience du 25 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Echasserieau, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2023.

La rapporteure,

A. BAUFUMÉ La présidente,

M. F

La greffière,

Y. BOUBEKEUR

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et Loire

en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

2, 2200103

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions