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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2200110

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2200110

mercredi 15 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2200110
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème Chambre
Avocat requérantRODRIGUES DEVESAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, respectivement enregistrées le 5 janvier et le 8 août 2022, M. D F A, représenté par Me Rodrigues Devesas, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 75 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai avec délivrance d'un récépissé le temps de cet examen ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui devra être versée à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas justifié de la compétence de sa signataire ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation, ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne lui a pas été transmis et qu'il n'est pas établi que cet avis a été rendu à la suite d'une délibération collégiale, ni que le médecin auteur du rapport médical n'a pas siégé au sein du collège ayant rendu l'avis susmentionné relatif à son état de santé ;

- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation ; l'interruption de ses soins pourrait se traduire par des conséquences d'une exceptionnelle gravité ; il souffre d'une pathologie psychiatrique sévère ; en outre il suit un traitement à base de TERCIAN(r) et de MIRTAZAPINE(r) dont les molécules n'apparaissent pas disponibles au Nigéria ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il réside en France depuis novembre 2016 et a travaillé en qualité de coiffeur de janvier à juin 2021 ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

- il n'est pas justifié de la compétence de sa signataire ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège des médecins de l'OFII ne lui a pas été transmis et qu'il n'est pas établi que cet avis a été rendu à la suite d'une délibération collégiale, ni que le médecin auteur du rapport médical n'a pas siégé au sein du collège ayant rendu l'avis susmentionné relatif à son état de santé ;

Sur la seule décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Le préfet de la Loire-Atlantique a produit une pièce enregistrée le 19 janvier 2023.

Par une décision du 7 décembre 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baufumé, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D F A, ressortissant nigérian né le 1er août 1993, déclare être entré sur le territoire français le 11 novembre 2016 afin d'y demander l'asile. Sa demande d'asile a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 11 avril 2018, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 23 juillet 2019. Il s'est vu délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade valable jusqu'au 25 février 2020 puis en a sollicité le renouvellement. Par la présente requête, il demande l'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination vers lequel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.

Sur le moyen commun aux trois décisions attaquées :

2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Loire-Atlantique. Le préfet de la Loire-Atlantique, par un arrêté du 17 mars 2021 régulièrement publié le lendemain, lui a consenti une délégation à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Par ailleurs cette délégation n'est pas conditionnée à l'absence ou l'empêchement du préfet. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

Sur la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision portant refus de délivrer un titre de séjour vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application et fait notamment référence aux articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne également les éléments de fait propres à la situation personnelle du requérant et notamment le fait qu'un avis a été émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 30 décembre 2020, par lequel ce dernier a considéré que l'état de santé du requérant nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il pouvait voyager sans risque. La décision attaquée mentionne également le fait que le requérant est célibataire et sans enfant, qu'il déclare vivre en France depuis moins de 5 ans, qu'il n'établit pas l'intensité et la stabilité de ses liens en France et qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 23 ans dans son pays d'origine où résident encore ses parents, ses deux frères et sa sœur. La décision attaquée comporte, ce faisant, les considérations de fait et de droit qui lui servent de fondement. Par suite les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". L'article R. 425-11 du même code dispose : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'Office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. Lorsque le demandeur n'a pas présenté au médecin de l'office ou au collège les documents justifiant son identité, n'a pas produit les examens complémentaires qui lui ont été demandés ou n'a pas répondu à la convocation du médecin de l'office ou du collège qui lui a été adressée, l'avis le constate. / L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office ".

5. Il résulte de ces dispositions que l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) doit être rendu à l'issue d'une délibération pouvant prendre la forme, soit d'une réunion, soit d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. Le caractère collégial de cette délibération constitue une garantie pour le demandeur de titre de séjour. Préalablement à l'avis rendu par ce collège d'experts, un rapport médical, relatif à l'état de santé de l'étranger intéressé et établi par un médecin instructeur, doit lui être transmis. Le médecin instructeur à l'origine de ce rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège de médecins qui rend l'avis transmis au préfet. Il appartient à l'autorité administrative de se prononcer sur la demande de titre de séjour présentée en qualité d'étranger malade au vu de l'avis émis par le collège de médecins.

6. Par un avis rendu le 30 décembre 2020, le collège de médecin de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du bordereau de transmission du 30 décembre 2020 émis par la directrice territoriale de l'OFII que le rapport médical préalable a été établi par un médecin de l'OFII le 11 décembre 2020 et que l'avis du collège du 30 décembre 2020 a été signé par trois médecins, différents de ce médecin rapporteur. Par ailleurs, l'avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " qui fait foi du caractère collégial de l'avis jusqu'à preuve contraire, preuve qu'aucun élément du dossier ne vient établir. Enfin, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de communiquer l'avis émis par le collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration à l'étranger qui sollicite son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en ses diverses branches.

7. En troisième lieu, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont l'avis est requis préalablement à la décision du préfet relative à la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit émettre son avis dans les conditions fixées par l'arrêté du 27 décembre 2016 cité au point précédent, au vu notamment du rapport médical établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. S'il est saisi, à l'appui de conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus, d'un moyen relatif à l'état de santé du demandeur, aux conséquences de l'interruption de sa prise en charge médicale ou à la possibilité pour lui d'en bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire, il appartient au juge administratif de prendre en considération l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Si le demandeur entend contester le sens de cet avis, il appartient à lui seul de lever le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, afin de permettre au juge de se prononcer en prenant en considération l'ensemble des éléments pertinents, notamment l'entier dossier du rapport médical au vu duquel s'est prononcé le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, en sollicitant sa communication, ainsi que les éléments versés par le demandeur au débat contradictoire.

8. Pour refuser à M. A la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet de la Loire-Atlantique s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII du 30 décembre 2020, lequel a estimé que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. En se bornant à alléguer qu'il souffre de difficultés de sommeil, d'hallucinations, de terreurs et d'un sentiment d'insécurité, qu'il suit un traitement chronique pour stabiliser son état de santé et qu'une interruption de ses soins peut entrainer une dégradation de ce dernier, le requérant n'établit pas que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () " Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier l'ancienneté, la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. A réside sur le territoire français depuis quatre ans et six mois à la date de la décision attaquée, après avoir vécu jusqu'à l'âge de 23 ans dans son pays d'origine, et qu'il est célibataire et sans enfant. Par ailleurs, il ne produit aucun élément, en dehors d'un contrat de travail signé le 4 janvier 2021, permettant d'établir la réalité et l'intensité des liens affectifs et sociaux qu'il aurait noués en France. Dans ces conditions, la décision attaquée ne peut être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme portant au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée eu égard aux motifs du refus de séjour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le préfet de la Loire-Atlantique n'a pas apprécié de manière manifestement erronée les conséquences de sa décision sur la situation de M. A.

12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.

Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Aux termes de l'article L. 613-1 de ce code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour ".

14. L'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité est relatif à l'hypothèse où un étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de renouvellement du titre de séjour est suffisamment motivée. Dès lors que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination n'ont pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour en vertu des dispositions précitées, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces décisions doit être écarté.

15. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure à l'issue de laquelle l'avis de l'OFII a été rendu est inopérant à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination. En tout état de cause, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 à 6.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

17. Par les motifs exposés au point 8, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un défaut de prise en charge médicale entraînerait pour M. A des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il n'en ressort pas non plus que l'état de santé de ce dernier l'empêcherait de voyager. Par suite, en prononçant une obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination doivent être rejetées.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 juin 2021 doivent être rejetées.

20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D F A, au préfet de Loire-Atlantique et à Me Rodrigues Devesas.

Délibéré après l'audience du 1er mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Béria-Guillaumie, présidente,

M. Echasserieau, premier conseiller,

Mme Baufumé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2023.

La rapporteure,

A. BAUFUMÉLa présidente,

M. E

La greffière,

B. GAUTIER

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis

en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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