lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2200268 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | DE CLERCK |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2200268 le 10 janvier 2022, Mme C B, agissant en qualité de représentante légale de Sékouba A, représentée par Me de Clerck, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Conakry (République de Guinée) refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour à Sékouba A, en qualité de membre de famille d'une personne admise au bénéfice de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer le visa sollicité dans un délai de vingt jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une défaut de motivation ;
- la décision consulaire est entachée d'erreur d'appréciation ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation, l'identité et le lien de filiation allégués étant établis par les documents d'état civil produits et corroborés par des éléments de possession d'état ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que celles du premier paragraphe de l'article 9 de cette convention.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Sur mesure d'instruction du tribunal, l'administration a produit l'entier dossier administratif de la demande de visa le 8 juin 2022.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2200269 le 10 janvier 2022, M. D A, représenté par Me de Clerck, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours dirigé contre la décision de l'autorité consulaire française à Conakry (République de Guinée) lui refusant la délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour, en qualité de membre de famille d'une personne admise au bénéfice de la protection subsidiaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de faire délivrer le visa sollicité dans un délai de vingt jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une défaut de motivation ;
- la décision consulaire est entachée d'erreur d'appréciation ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation, l'identité et le lien de filiation allégués étant établis par les documents d'état civil produits et corroborés par des éléments de possession d'état ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Sur mesure d'instruction du tribunal, l'administration a produit l'entier dossier administratif de la demande de visa le 8 juin 2022.
Par décision du 18 janvier 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et son décret d'application ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2022 :
- le rapport de M. Desimon, rapporteur,
- et les observations de Me de Clerck, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2200268 et 2200269 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Mme B, ressortissante guinéenne née le 1er janvier 1979, s'est vue admettre en France au bénéfice de la protection subsidiaire en 2018. La délivrance d'un visa d'entrée et de long séjour en vue de la rejoindre a été sollicitée en faveur de M. D A et Sékouba A, présentés comme ses fils. Un refus leur a été opposé par les autorités consulaires françaises de Conakry. La commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France, saisie du recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a rejeté le recours dirigé contre ce refus par décision implicite intervenue à la suite de l'enregistrement du recours le 12 octobre 2021. La partie requérante demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige repose sur deux motifs. L'un est tiré du défaut de justification des identités et du lien de filiation allégués. L'autre est tiré de " l'absence de délégation de l'autorité parentale ".
4. Aux termes de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, le ressortissant étranger qui s'est vu reconnaître la qualité de réfugié ou qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre de la réunification familiale : () 3° Par les enfants non mariés du couple, n'ayant pas dépassé leur dix-neuvième anniversaire. () L'âge des enfants est apprécié à la date à laquelle la demande de réunification familiale a été introduite. ".
5. Aux termes de l'article L. 561-4 du même code : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. / La réunification familiale n'est pas soumise à des conditions de durée préalable de séjour régulier, de ressources ou de logement. ". Aux termes de l'article L. 561-5 du même code : " Les membres de la famille d'un réfugié ou d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire sollicitent, pour entrer en France, un visa d'entrée pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois auprès des autorités diplomatiques et consulaires, qui statuent sur cette demande dans les meilleurs délais. Ils produisent pour cela les actes de l'état civil justifiant de leur identité et des liens familiaux avec le réfugié ou le bénéficiaire de la protection subsidiaire. / En l'absence d'acte de l'état civil ou en cas de doute sur leur authenticité, les éléments de possession d'état définis à l'article 311-1 du code civil et les documents établis ou authentifiés par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, sur le fondement de l'article L. 121-9 du présent code, peuvent permettre de justifier de la situation de famille et de l'identité des demandeurs. Les éléments de possession d'état font foi jusqu'à preuve du contraire. Les documents établis par l'office font foi jusqu'à inscription de faux. ".
6. La circonstance qu'une demande de visa de long séjour ait pour objet le rapprochement familial de l'enfant d'une personne admise au bénéfice de la protection subsidiaire ne fait pas obstacle à ce que l'autorité administrative refuse la délivrance du visa sollicité en se fondant, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur un motif d'ordre public.
En ce qui concerne le premier motif :
7. Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Il résulte des dispositions de l'article 47 du code civil que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
8. Pour justifier de l'identité de chacun des demandeurs de visa, et de leur lien de filiation avec Mme B, ont été produites à l'appui de la requête, la photocopie d'un document intitulé " extrait d'acte de naissance déclarant ", dont une version qui aurait été légalisée par les autorités locales, et la photocopie d'un passeport guinéen délivré en 2019.
9. Le ministre de l'intérieur fait valoir, s'agissant de M. D A, que son acte de naissance est incohérent en termes de numérotation, qu'il ne comporte pas de signature du déclarant, et qu'il comporte une erreur sur le prénom de la mère. S'agissant de Sekouba A, l'administration fait valoir que son acte de naissance présente une " numérotation douteuse " qu'il ne comporte pas de signature du déclarant, et qu'il comporte une erreur sur le prénom de la mère.
10. Toutefois, si lors d'une déclaration de naissance de manière générale le volet n°1 s'avère effectivement plutôt le volet remis à la partie déclarante, le ministre de l'intérieur n'établit pas par la seule production d'un guide qui serait remis aux administrations de l'état civil en Guinée, dont il ne précise ni la date, ni s'il était en vigueur au moment de l'établissement des actes en cause en 2003 et 2007 et ni si ce guide reçoit une application uniforme en pratique, qu'un volet n°2 n'aurait pas pu être délivré à la requérante, alors que les présents documents comportent la mention " à remettre au déclarant ". Il en va de même de la numérotation des documents produits par la partie requérante, au vu de la démonstration incomplète faite par l'administration. S'agissant de documents remis à la partie déclarante, la circonstance qu'ils ne comportent pas de signature de cette même partie ne s'avère pas déterminante. Enfin, l'erreur quant au nom de la mère ne s'avère pas suffisamment caractérisée pour qu'il puisse en être déduit une irrégularité. Ces considérations sont confortées par la circonstance que la numérotation de chacun des actes de naissance se révèle être cohérente avec le numéro personnel apposé sur les passeports des deux intéressés, ces passeports ne faisant l'objet d'aucune contestation, ce qui corrobore le fait que les autorités guinéennes tiennent ces actes de l'état civil pour probants, conformément au système en vigueur en République de Guinée. Elles sont également confortées par le fait qu'une version de chacun des documents a été présentée avec une légalisation effectuée en 2020 par le greffe d'un tribunal local, dont l'administration ne conteste pas la teneur. L'ensemble des mentions des documents s'avèrent, en outre, cohérentes avec le reste des pièces du dossier. Dans ces conditions, au vu de tous les éléments en débats, il n'est pas fait la démonstration que les actes de naissance des intéressés seraient irréguliers, falsifiés, ou inexacts, au sens et pour l'application des dispositions de l'article 47 du code civil, de sorte que leur valeur probante se trouve préservée.
11. A supposer même que leur valeur probante puisse se trouver renversée, les passeports produits ne font l'objet d'aucune critique et justifient donc à eux-seuls de l'identité des intéressés. Par ailleurs, il n'est pas contesté que Mme B a eu des déclarations constantes et cohérentes auprès des autorités administratives et juridictionnelles françaises quant à l'existence de ses fils depuis son entrée sur le territoire français en vue d'y rechercher l'asile en 2013. Le jugement de la Cour nationale du droit d'asile rendu le 26 janvier 2018, acte juridictionnel revêtu de l'autorité absolue de chose jugée, mentionne, dans ses motifs, ces enfants. La requérante produit également au titre des éléments de possession d'état une demande de regroupement familial, des mandats d'envoi d'argent, et des éléments relatifs à la scolarité des demandeurs de visa. Conformément au régime de preuve prévu par les dispositions citées au point 5, ces éléments font foi jusqu'à preuve du contraire. Le ministre de l'intérieur, qui ne saurait sérieusement reprocher à Mme B la tardiveté avec laquelle elle aurait introduit ses démarches en vue de la réunification familiale, se borne à émettre des critiques à leur encontre sans rechercher à rapporter la preuve contraire.
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que l'identité des demandeurs de visa, ainsi que leur lien de filiation avec Mme B, doivent être tenus pour établis. Par conséquent, la partie requérante est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'erreur d'appréciation.
En ce qui concerne le second motif :
13. Aux termes de l'article L. 561-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les articles L. 434-1, L. 434-3 à L. 434-5 et le premier alinéa de l'article L. 434-9 sont applicables. () ".
14. Aux termes de l'article L. 434-3 du même code : " Le regroupement familial peut également être demandé pour les enfants mineurs de dix-huit ans du demandeur et pour ceux de son conjoint si, au jour de la demande : / 1° La filiation n'est établie qu'à l'égard du demandeur ou de son conjoint ; / 2° Ou lorsque l'autre parent est décédé ou déchu de ses droits parentaux. ". Ces dispositions, pas plus que l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droits d'asile, ne fixent la nature de la preuve pouvant démontrer le décès de l'autre parent. Celle-ci s'apprécie donc à l'aune de la pluralité des modes de preuve prévue par le régime de la réunification familiale.
15. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a toujours eu depuis son entrée en France des déclarations constantes et précises sur le père de ses enfants, en indiquant qu'il était décédé en 2012. Au vu de leur constance et de leur précision, ces allégations sont convaincantes. Elles ont au demeurant été traitées comme telles par le jugement mentionné ci-dessus de la Cour nationale du droit d'asile. Elles sont, par ailleurs, corroborées par la déclaration de décès produite aux débats. L'administration, qui ne conteste pas vraiment que cette personne serait décédée, n'apporte aucun élément en sens contraire, alors qu'il ressort en outre des pièces du dossier que le titre de séjour de Mme B comporte la mention " veuve A " et que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a délivré à Mme B le 22 octobre 2018 un certificat de décès de M. A. Dans ces conditions, en retenant qu'en " l'absence d'acte d'état civil justifiant du décès du père des enfants, Mme B aurait dû produire () la preuve que l'autorité parentale lui a été exclusivement dévolue ainsi qu'une preuve écrite que le père autorise les enfants allégués mineurs à quitter le territoire guinéen pour se rendre en France ", l'administration a entaché sa décision d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation.
16. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens des requêtes, que la partie requérante est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
17. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer à M. D A et Sékouba A les visas de long séjour sollicités. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de leur faire délivrer ces visas dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
18. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de prononcer contre l'Etat, à défaut pour lui de justifier de l'exécution du présent jugement dans un délai de deux mois à compter de sa notification, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.
Sur les frais de l'instance :
19. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale dans l'affaire n° 2200269. Par suite, Me de Clerck peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me de Clerck renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me de Clerck de la somme de 1 200 euros.
20. Compte tenu de ces éléments, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme B d'une somme, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France implicite intervenue à la suite de l'enregistrement du recours le 12 octobre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de faire délivrer un visa de long séjour M. D A et Sékouba A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée à l'encontre de l'Etat, s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l'article 2 ci-dessus.
Article 4 : L'Etat versera la somme de 1 200 euros à Me de Clerck en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et M. D A, au ministre de l'intérieur, et à Me Marie-Paule de Clerck.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Desimon, conseiller,
M. Guilloteau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le rapporteur,
F. DESIMONLa présidente,
S. RIMEU La greffière,
S. JEGO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2200269
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026